‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 81 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. m · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. m

d*après la prépondérance naturelle de Tactivité sur rintelligence et même le sentiment. Car, l'état social ne peut être vraiment durable qu'autant qu'il concilie assez l'indépendance et le concours, conditions également inhérentes à la vraie notion de l'Humanité. Or, cet accord nécessaire impose aux sociétés politiques des limites d'extension très inférieures à ce qui prévaut aujourd'hui.

Au moyen âge, la séparation ébauchée entre l'association religieuse et l'association civile permit de substituer déjà la libre incorporation des peuples occidentaux à Tincorporation forcée que leur procura d'abord la domination romaine. L'Occident offrit ainsi, pendant plusieurs siècles, l'admirable spectacle d'une union toujours volontaire, uniquement fondée sur une foi commune, et maintenue par un même sacerdoce, entre des nations dont les divers gouvernements avaient toute l'indépendance convenable. Mais ce grand résultat politique ne pouvait survivre à l'émancipation prématurée d'un pouvoir que la religion positive doit seule convenablement instituer et affranchir irrévocablement. Le déclin nécessaire du catholicisme rétablit la concentration temporelle, devenue alors indispensable pour empêcher l'entière dislocation politique à laquelle on était poussé par la dissolution croissante des liens religieux. C'est ainsi que, malgré les mœurs du moyen ège, dont les traces sont encore sensibles, les Occidentaux laissèrent partout former des États beaucolip trop vastes.

Les motifs politiques de cette exorbitante extension ayant déjà cessé suffisamment, on commence à sentir,

même en France, les dangers radicaux, et aussi la prochaine terminaison, d'une telle anomalie. Mais la reU* gion positive réduira bientôt ces monstrueuses associations à retendue normale qui dispenserez d'employer la violence pour maintenir Tunion temporelle entre des nations susceptibles seulement de liens spirituels, Telle sera Tapplicalion prochaine du principe statique qui érige en organe politique du Grand-Étre la simple cité, complétée par tes populations moins condensées qui s'y rattachent librement. Le sentiment patriotique, maintenant si vague et si faible d'après sa diffusion exagérée, pourra dès lors développer dignement toute l'énergie que comporte cette concentration civique. Mais l'union habituelle des grandes cités deviendra plus réelle et plus efficace en prenant le caractère normal d'un concours volontaire. La foi positive fera convenablement sentir la solidarité, et même la continuité, qui doivent finalement régner entre toutes les régions quelconques de la planète humaine.

La Femme. D'après l'ensemble de vos indications sur la théorie de la société, je me sens, mon père, assez préparée maintenant pour m'asseoir enfin au sommet de l'édifice encyclopédique dont vous m'avez fait successivement apprécier chaque étage. Quoique la science morale doive èlre la plus difficile de toutes, sa culture empirique est trop familière à mon sexe pour qu'il puisse s'en effrayer autant que des autres. Je suis donc satisfaite d'arriver convenablement à Tétude systématique de l'homme individuel.

Le Prêtre. En effet, ma fille, ce terme nécessaire de

Page 1