‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 94 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

appartient surtout la vie objective, à l'autre la vie subjective. Or, ces deux attributs essentiels, simultanément indiqués par la discordance même des noms usités, concourent a rappeler aussi la dernière opposition de^ deux pouToirs humains, quant a leur extension respective. Car, la puissance théorique, soit comme spirituelle ou comme éternelle, comporte spontanément une entière universalité ; tandis queTautorité pratique, en tant que matérielle et temporelle, reste nécessairement locale. De ce contraste final résulte leur séparation, aussitôt qu'il est assez développé.

La Femme. Mes anciennes habitudes catholiques me disposent, mon père, à condenser toutes les attributions essentielles du pouvoir spirituel dans la direction systématique de réducation universelle, où sa compétence exclusive devient incontestable.

Le Prêtre. Tel est, en effet, ma fille, l'office fondamental du sacerdoce, qui, quand il remplit dignement ce principal devoir^ y puise nécessairement une grande Influence sur l'ensemble de la vie humaine. Ses autres fonctions sociales constituent seulement la suite naturelle ou le complément indispensable de cette destination caractéristique. La prédication en devient d'abord un prolongement nécessaire, pour rappeler convenablement les principes de l'harmonie universelle, que l'activité spéciale nous entraîne souvent à méconnaître. C'est aussi d'après cette base que le pouvoir spirituel acquiert l'aptitude à consacrer les fonctions et les organes> au nom d'une doctrine unanimement regardée comme devant toujours régler l'existence humaine. Il y

puise pareillement son influence consultative sur tous les actes importants de la vie réelle, privée et publique, où chacun éprouve souvent le besoin de recourir librement aux conseils éclairés et bienveillants des sages qui dirigèrent son initiation systématique. Enfin, l'éducation permet au sacerdoce de devenir, d'un commun assentiment, le régulateur normal des conflits pratiques, d'après l'égale confiance qu'il inspire naturellement aux supérieurs et aux inférieurs.

Là Femme. Je suis ainsi conduite, mon père, à vous demander en quoi consiste, dans le régime positif, cette fonction prépondérante du pouvoir religieux. Déjà je sens que l'éducation doit surtout disposer à vivre pour autrui, afin de revivre en autrui par autrui, un être spontanément enclin à vivre pour soi et en soi. Cette grande transformation exige l'intime concours de la femme et du prêtre, agissant convenablement sur le cœur et l'esprit. Mais j'ai besoin de concevoir avec plus de précision leurs offices respectifs.

Le Prêtre. Pour cela, ma fille, regardez d'abord l'éducation proprement dite comme naturellement terminée à l'âge de l'émancipation, où chacun, après avoir reçu le troisième sacrement social, devient enfin un serviteur direct de l'Humanité, qui jusqu'alors dut le tenir en tutelle. Décomposez ensuite cette préparation de vingt et un ans en deux parties essentielles, l'une spontanée, l'autre systématique, dont la seconde dure deux fols moins que la première. Vous distinguez ainsi les dominations successives du sexe affectif et du pouvoir théorique dans l'ensemble de l'initiation humaine,

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