‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 104 sur 115 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

jourd'Ilui, le posilivisme fournira, d'après sa théorie làistorique , de précieuses lumières aux nobles gouvernements qui s'elTorcent de diriger cette ascension nécessaire en la préservant des perturbations occidentales. La Russie qui, dans le siècle dernier, se guidait d'après la France, est maintenant conduite à s'en isoler systématiquement. Ce changement est fort sage, puisque l'ancienne imitation exposerait désormais les populations slaves à d'immenses perturbations, sans leur procurer aucun véritable progrès, intellectuel ou social.

Mais, quand Paris régénéré cessera d'oflfrir partout un type insurrectionnel, il pourra fournir aux dignes tzars des notions et des secours propres à seconder systématiquement leur admirable zèle spontané pour la paisible amélioration intérieure de leurs vastes États. Au lieu de les inviter à l'imitation d'un passé qui ne comporte aucune reproduction, le positivisme les exliortera bientôt à mieux apprécier leurs propres avantages. Par exemple, la décomposition des grandes fortunes féodales fut nécessaire en France pour préparer l'avénemctit d'un nouveau patriciaf sous l'essor éphémère des classes moyennv.s. lui Russie, au contraire, il impcite aujourd'hui de maintenir la concentration de richesses qu'exige l'état final, et que nous aurons ici beaucoup de peine à reconstruire. Tout l'elio.l d'un sage au-

locrate doit alors se borner à la (ransfornialion in- (liislrielle du caraclèrc niililaire , déjà fondée sur la permanence , désormais inaltérable , de la paix universelle.

La Femme. Une telle influence des conseils positivistes me semble, mon père, limitée à la Russie, d'après son analogie religieuse avec l'Occident. Mais la Turquie et la Perse ne comportent peut-être qu'une intervention beaucoup moindre, puisqu'elles ne sout pas même arrivées encore à la monogamie.

Le Prêtre. La polygamie est aujourd'bui , ma fdle, plus réelle souvent à Paris qu'à Constantinoplc. Outre que l'islamisme a subi la même dissolution que le catholicisme, on se foravj, en général, une idée exagérée de la diversité de mœurs et d'opinions entre les Orientaux et les Occidentaux ; comme le témoigne la tendance spontanée des musulmans à nous prendre pour guides.

Eu repoussant la division des deux pouvoirs, afin de mieux constituer sa théocratie militaire, l'incomparable Mahomet pressentit que cet immense perfectionnement de Tordre social était encore prématuré, en tant qu'incompatible avec le principe théologique. Il dut alors regarder une telle tentative comme particulière à rOccident, où son avortement final susciterait longtemps de graves dangers. Si l'islamisme priva les Orientaux des admirables progrès accom-

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