‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 29 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

naturelle , liiaité scientifique resterait interdite par leur inévitable séparation. Quoique le monde suppose riiomme pour être connu , il pourrait exister sans lui, comme ceia survient peut-être chez beaucoup d'astres inhabitables. De même, l'homme dépend du monde, mais il n'en résulte pas. Tous les efforts des matérialistes pour annuler la spontanéité vitale en exagérant la prépondérance des milieux inertes sur les êtres organisés n'ont abouti qu'à discréditer cette recherche, aussi vaine qu'oiseuse, désormais abandonnée aux esprits anti-scientifiques. Mais, en outre, il s'en faut de beaucoup que funité objective puisse jamais s'établir dans le domaine intérieur de chaque élément général d'un tel dualisme. Les diverses branches essentielles de l'étude du monde ou de celle de l'homme nous dévoilent une multitude croissante de lois différentes, qui resteront constamment irréductibles entre elles, malgré les frivoles espérances qu'inspira d'abord notre gravitation planétaire. Quoique la plupart soient encore ignorées, et que beaucoup doivent même l'être toujours, nous en avons assez constaté maintenant pour rendre inébranlable le principe fondamental du dogme positif, l'assujettissement de tous les phénomènes quelconques à des relations invariables. L'ordre résulté partout de l'ensemble des lois réelles porte le titre général de destin ou de hazard , suivant qu'elles

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nous sont connues ou inconnues. Cette distinction conservera toujours une grande importance pratique ; puisque l'ignorance de ces lois éguiv^aut , Av" 1 pour notre conduite , à leur non^existcnec , en nous

interdisant toute prévision rationnelle, et dès lors toute intervention régulière. On peut, néanmoins., espérer de trouver, envers chaque cas essentiel . des règles empiriques, qui , malgré leur insuffisance théorique , nous préservent assez d'une activité désordonnée.

Au milieu de cette diversité croissante , le dogme de l'Humamté fournit à l'ensemble de nos conceptions réelles la seule unité qu'elles comportent, et l'unique lien dont nous ayons besoin. Pour en concevoir la nature et la construction , il faut d'abord distinguer trois sortes de lois, physiques, intellectuelles^ et morales. Les premières appartiennent spontanément au sexe actif, et les dernières au sexe alTectif , tandis que l'ordre intermédiaire constitue le domaine propre du sacerdoce , qui , devant systématiser le concours des deux sexes , participe inégalement à leur double vie. C'est pourquoi les deux études extrêmes furent empiriquement cultivées de tout temps pour les besoins correspondants, mais avec un succès trèsdifférent. En effet, les lois physiques étant, au fond, indépendantes des lois morales, les hommes purent y fonder isolément des convictions stables quoique

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incohérentes. Au contraire, les lois morales se trouvant dépendre nécessairement des lois physiquess les femmes ne purent y construire aucune doctrine inébranlable , et leurs efforts ne comportèrent qu'une précieuse réaction alTeclive. La saine culture théorique dut donc surgir de l'ordre physique , en sy dégageant assez des spécialités actives. Mais, comme le terme nécessaire de nos méditations réelles réside dans Tordre moral, l'unité logique et scientifique ne pouvait s'établir que d"après une sulTisante liaison de ces deux domaines extrêmes. Or, ils ne peuvent être réunis que parle domaine intermédiaire, qui se lie naturellement h chacun d'eux. C'est ainsi que la construction d'une véritable unité théorique dépend finalement d'une suffisante élaboration des lois propres h i entendement

La Femme. Quoique cette conclusion me semble difficile à trouver, son admission immédiate ne m'offre , mon père , aucun embarras. Mes méditations morales m'ont souvent fait sentir combien la connaissance des lois intellectuelles serait indispensable à leur active consistance ; puisque les règles propres à la fonction appréciatrice se mêlent toujours à celles de chaque fonction appréciée. Toutefois, les hommes doivent moins sentir une telle connexité envers les lois physiques dont ce sexe est surtout préoccupé. Vous pouvez donc procéder, sans autre préambule ..

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iirexposiiiou directe de ces lois menlales,d'où dépend toute unité systématique.

Le Prêtre. Je dois, ma fdle, les distinguer d'abord, comme partout ailleurs, en statiques et dynamiques ^ suivant qu'elles concernent les dispositions immuables ou les variations essentielles de l'objet correspondant. Ces deux termes connexes sont devenus indispensables à toute exposition sérieuse du positivisme, qui les popularisera bientôt. Ils ne sauraient pourtant inspirer jamais à votre sexe l'attrait moral que vous olîriront procbainement les qualifications objective et subjective, finalement destinées surtout à caractériser les plus douces nuances de nos meilleures émotions. Mais leur usage purement intellectuel ne doit pas les priver du respect que mérite leur utilité théorique. Ces deux couples d'expressions philosophiques sont d'ailleurs les seuls que je me trouve forcé de vous imposer.

D'après la définition précédente , vous concevez aisément que., envers un domaine quelconque, l'étude statique précède nécessairement l'étude dynamique, qui ne saurait jamais surgir sans une telle préparation. Il faut , en effet, avoir déterminé les conditions fondamentales de chaque existence avant d'apprécier ses divers états successifs. Les anciens , qui voyaient partout l'immobilité, furent profondément étrangers à toute conception dynamique, même en malhéma-

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