U2 CATÉCHISME POSITIVISTE
de chaque conception humaine. Néanmoins, ce principe ne fut vraiment systématisé que quand le positivisme le rattacha convenablement à la loi générale qui, dans tous les phénomènes vitaux, place tout organisme sous la dépendance continue du milieu correspondant. Pour nos plus hautes fonctions spiriijtuelles , comme envers nos actes les plus matériels , le monde extérieur nous sert c^ la fois d'aliment, de stimulant, et de régulateur. Taudis que la subordination du subjectif à l'objectif cessait ainsi d'être isolée, elle recevait aussi, de la philosophie positive, son complément indispensable, sans lequel l'étude statique de l'intelligence n'aurait pu se lier assez à l'étude dynamique. Il consiste à reconnaître que, dans l'état normal, les images subjectives sont toujours moins vives et moins nettes que les impressions objectives d'où elles émanent. S'il en était autrement, le dehors ne pourrait jamais régler le dedans.
D'après ce double principe statique, nos conceptions quelconques résultent nécessairement d'un commerce continu entre le monde qui en fournit la matière et l'homme qui en détermine la forme. Elles sont profondément relatives, à la fois au sujet et à l'objet, dont les variations respectives les modifient nécessairement. Notre principal mérite théorique consiste à perfectionner assez cette subordination