‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 50 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

La famille d'où chacun émane appartient toujours à une cité quelconque , et même i\ une certaine église. Mais ce dernier lien étant plus faible, il comporte plus de variations, quoiqu'elles ne soient jamais arbitraires. Quand il devient assez consistant . il fournit seul le moyen de réduire convenablement la cité . autour de laquelle se concentre ordinairement chaque existence, d'après la prépondérance naturelle de l'activité sur l'intelligence et même le sentiment. Car, l'état social ne peut être vraiment durable qu'autant qu'il concilie assez l indépendance et le concours, conditions également inhérentes à la vraie notion de l'Humanité. Or, cet accord nécessaire impose aux sociétés politiques des limites d'extension très-inférieures à ce qui prévaut aujourd'hui.

Au moyen âge, la séparation ébauchée entre l'association religieuse et l'association civile permit ûc substituer déjà la libre incorporation des peuples occidentaux à l'incorporation forcée que leur procura dabord la domination romaine. LOccidenI offrit ainsi, pendant plusieurs siècles, l'admirable spectacle d'une union toujours volontaire, uniquement fondée sur une foi commune , et maintenue par un même sacerdoce, entre des nations dont les divers gouvernements avaient toute l'indépendance convenable. Mais ce grand résultat politique ne pou-

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vait survivre à l'émancipation prématurée d'un pouvoir que la religion positive doit seule convenablement instiîucr et afFrancliir irrévocablement. Le déclin nécessaire du catholicisme rétablit ta concentration temporelle , devenue alors indispensable pour empêcher l'entière dislocation politique à laquelle on était poussé par la dissolution croissante des liens religieux. C'est ainsi que, malgré les moeurs du moyen âge, dont les traces sont encore sensibles, les Occidentaux laissèrent partout former des États beaucoup trop vastes.

Les motifs politiques de cette exorbitante extension ayant déjà cessé sulTisamment , on commence à sentir, même en France, les dangers radicaux, et aussi la prochaine terminaison , d'une telle anomalie. Mais la religion positive réduira bientôt ces monstrueuses associations à l'étendue normale qui dispensera d'employer la violence pour maintenir l'union temporelle entre des nations susceptibles seulement de liens spirituels. Telle sera l'application prochaine du principe statique qui érige en organe politique du Grand-Être la simple cité , complétée par les populations moins condensées qui s'y rattachent librement. Le sentiment patriotique, maintenant si vague et si faible d'après sa dilTusion exagérée , pourra dès lors développer dignement toute l'énergie que comporte cette concentration civique.

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