PREMIÈRE PARTIT
core tout ce qui constitue la nature humaine. Car, nos principaux attributs ne s'y trouvent point assez appréciés. Elle considère essentiellement dans l'homme l'intelligence et l'activité, combinées avec toutes nos propriétés inférieures, mais sans être directement subordonnées aux sentiments qui les dominent. Ce développement collectif fait surtout ressortir notre essor théorique et pratique. >os sentiments ne figurent, en sociologie, même statique, que pour les impulsions qu'ils exercent sur la vie commune ou les modifications qu'ils en reçoivent. Leurs lois propres ne peuvent être convenablement étudiées que parla morale, où elles acquièrent la prépondérance due à leur dignité supérieure dans l'ensemble de la nature humaine. C'est ce qui dispose souvent les esprits peu sjstématiques à méconnaître la plénitude synthétique qui caractérise cotte science finale, qu'ils restreignent trop h ce pi incipal domaine., autour duquel doivent enfin se concentrer tous les autres.
La Femme. L'enchaînement théorique entre lasotiologie et la morale m'offre encore quelques nuages, que je vous prie, mon père, de dissiper avant que \ous exposiez directement la conception positive de la nature humaine. Je n'ai point oublié les motifs incontestables qui , dans notre entretien fondamental ,• me firent sentir la subordination objective de la mo-
Vlli (.atP.chisme l'osiTivjsir.
raie à la sociologie ; puisque riioiiiine est toujours domine par l'IIumanilé. Mais, d'une autre part, il me semble que la science sociale a continuellement besoin des principales notions que doit procurer la science morale sur notre véritable nature.
Le Prêtre. Cet embarras très-légitime se dissipera, lua fille, en ayant égard aux connaissances spontanées qui partout précèdent et préparent les étude;» systématiques. La science constitue toujours un simple prolongement de la commune sagesse. Jamais elle ne crée réellement aucune doctrine essentielle. Les théories se bornent à généraliser et à coordonner les aperçus empiriques de la raison universelle , afin de leur procurer une consistance et un développement qu'ils ne pourraient autrement acquérir. Une telle connexité convient davantage aux études morales, qui, quoique ne pouvant être systématisées qu'en dernier lieu d'après leur complication supérieure , fournirent toujours, en vertu de leur impoi tance prépondérante, le principal aliment des méditations communes, surtout féminines. De cette culture empirique surgirent bientôt des notions précieuses , malgré leur incohérence, qui ne furent jusqu'ici dédaignées par le génie systématique que faute de pouvoir les représenter assez dans ses théories théologiques ou mélaphysi- »ques. C'est à l'esprit positif, seul susceptible d'embrasser le point de vue social , qu'il était réservé de