PREMIÈRE PARTIE
les généraliser et de les coordonner, après avoir fondé la dernière science préliminaire. Mais son aptitude à les systématiser lui permettant de les apprécier dignement malgré les préjugés philosophiques, il put d'abord les utiliser assez pour construire enfin la sociologie. Si vous examinez comment la connaissance de la nature humaine est habituellement enil)loyée en sociologie, vous reconnaîtrez bientôt qu'on n'y fait vraiment usage que de cette étude spontanée , beaucoup plus réelle que toutes les spéculations morales des philosophes antérieurs. Celte ébauche empirique peut suffire , en effet , aux conceptions sur l'existence collective, avant d'avoir encore subi la systématisation que la science finale doit seule lui procurer.
La Femme. Une telle explication, mou père, dissipe entièrement la confusion théorique que m'offraient accessoirement les deux aspects essentiels de l'ordre humain. Mon ignorance m'ayant préservée des dogmes classiques sur notre nature, j'ai pu mieux apprécier la réalité des notions morales employées par la sociologie , et reconnaître leur coïncidence avec les résultats spontanés dus à la raison commune.
Le Prêtre. Pour fonder directement la science finale, il suffit, ma fille, de systématiser convenablement la décomposition que cette sagesse universelle
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aperçut bientôt dans l'ensemble de l'existence humaine, en y distinguant le sentiment, l'intelligence, et l'activité. Appréciable , sous diverses formes, chez les plus anciens poètes, celte analyse fondamentale s'y trouve complétée empiriquement par la division générale de nos penchants en personnels et sociaux. Quoique les théories Ihéologiques, et surtout métaphysiques, lussent spécialement incapables de représenter cette dernière notion, son évidence spontanée surmonta toujours les sophismes philosophiques chez les esprits non cultivés. Tel est le domaine naturel dont la systématisation et le développement constituent la destination essentielle de la science morale. Les autres théories réelles consistent aussi toujours à déterminer surtout les lois générales des phénomènes les plus vulgaires ; comme la chimie , par exemple, envers la combustion et la fermentation.
Quoique la science morale ne pût être assez abordée par aucune théologie , il faut dignement remarquer la tentative initiale du vrai fondateur du catholicisme pour satisfaire aux besoins systématiques émanés du nouvel enseignement religieux. Le grand saint Paul, en construisant sa doctrine générale de la lutte permanente entre la nature et la grâce, ébaucha réellement , à sa manière , l'ensemble du problème moral, non-seulement pratique, mais iiussi théorique. Car, celte précieuse fiction compensait