‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 67 sur 115 · ENTRETIEN · texte numérisé non relu

ENTRETIEN

Culle privé.

18/i CATÉCHISME POSITIVISTE.

décisives d'une sincère adoration , sans lesquelles nos cérémonies domestiques, et à plus forte raison, nos solennités publiques , manqueraient d'efficacité morale. La sociolatrie institue ainsi, pour chaque cœur , une progression naturelle , où les effusions individuelles préparent dignement les célébrations collectives, par l'entremise normale des consécrations domestiques.

La Femme. Puisque le culte intime devient ainsi la première base de toutes nos pratiques sacrées, je vous prie, mon père , de m'en expliquer directement la vraie nature.

Le Prêtre. Elle consiste , ma fille dans l'adoration journalière des meilleures personnifications que nous puissions assigner à l'Humanité, d'après l'ensemble de nos relations privées.

Toute l'existence de l'Être-Suprême étant fondée sur l'amour , qui seul réunit volontairement ses éléments séparables , le sexe affectif constitue naturellement son représentant le plus parfait, en même temps que son principal ministre. Jamais l'art ne pourra figurer dignement l'Humanité autrement que I sous la forme Jéminine. Mais la providence morale de notre déesse ne s'exerce pas seulement par l'action collective de votre sexe sur le mien. Cet office fondamental résulte surtout de l'influence personnelle que chaque digne femme développe sans

cesse au sein de sa propre ramille. Du sanctuaire domestique émane continuellement cette sainte impulsion qui peut seule nous préserver de la corruption morale à laquelle nous dispose toujours l'existence pratique ou théorique. Sans de telles racines privées , l'action collective de la femme sur l'homme ne comporterait d'ailleurs aucune efficacité permanente. C'est aussi dans la famille que s'accomplit une suffisante appréciation du sexe aflfectii', dont chacun ne peut réellement connaître que les types avec lesquels il vit intimement.

Voilà comment, dans l'état normal, chaque homme trouve autour de lui de véritables anges gardiens , à la fois ministres et représentants du Grand-Être. Leur secrète adoration . consolidant et développant leur influence continue , tend directement à nous rendre toujours meilleurs et plus heureux, en faisant graduellement prévaloir l'allruisrae sur l'égoïsme, d'après l'expansion de l'un et la compression de l'autre. Xotie juste gratitude pour les bienfaits déji reçus devient ainsi la source naturelle de nouveaux progrès. L'heureuse ambiguïté du mot patron caractérise assez cette double efficacité du culte intime , où chaque ange doit être également invoqué comme protecteur et comme modèle.

La Femme. Ce premier aperçu me laisse, mon père , trop d'indécision sur la nature du type person-

nel, qui me semblerait pouvoir également émaner (le chacune des grandes relations domestiques.

Le Prêtre. Il faut, en cITet, ma fille, combiner digaement trois d'entre elles pour que le culte angélique comporte une plcinp efTicacité. Cette multiplicité se trouve dogmativement indiquée par celle de nos instincts sympathiques, fi cbacun desquels correspond spécialement l'une des principales influences fémininies. La mère, l'épouse, et la fille doivent, dans notre culte, comme dans l'existence qu'il idéalise, développer en nous respectivement la vénération , l'altacbenient, et la bonté. Quant à la sœur, son impulsion propre reste trop peu distincte , et peut successivement se rattacher à chacun des trois types essentiels. Leur ensemble nous représente les trois modes naturels de la continuité humaine, envers le passé, le présent, e( l'avenir; comme aussi les trois degrés de la solidarité qui nous lie aux supérieurs, aux égaux, et aux inférieurs. Mais leur harmonie spontanée ne peut être assez maintenue que d'après leur subordination naturelle, qui doit faire habituellement prévaloir l'ange maternel, sans que sa douce présidence altère jamais les deux aulres impulsions.

Tour la principale destination de ce culte intime, qui se rapporte ordinairement à l'càge mûr de chaque adorateur, l'un des trois types féminins est le plus souvent devenu subjectif, tandis qu'un autre reste

encore objectif. Ce mélange normal augmente l'efficacité (le tels hommages, où la force et la netteté des images se trouvent ainsi combinées davantage avec la consistance et la pureté des sentiments.

la Femme. Quoique cette explication me semble très-satisfaisante, j'y sens, mon père . une grande lacune envers mon propre sexe , dont les besoins moraux my paraissent négligés. Notre tendresse spéciale ne saurait pourtant nous dispenser d'une telle culture habituelle.

Le Prêtre. La pluralité des types angéliques fournit aisément, ma fdle, la solution normale de cette grave difficulté, qui serait autrement insurmontable. En effet , lange principal doit seul être commun aux deux sexes, dont chacun doit emprunter à l'autre les deux anges complémentaires Car la mère a pour tous deux une égale prépondérance, non-seulement comme source essentielle de notre existence, même physique, mais surtout d'après sa présidence normale envers l'ensemble de notre éducation. A cette commune adoration , votre sexe joint le culte de l'époux et du fils, d'après les motifs ci -dessus indiqués pour le mien quant à l'épouse et la fille. Ce seul contraste suffit pour correspondre aux besoins respectifs, qui demandent un patronage propre à développer spécialement, d'une part l'énergie, de l'autre la tendresse.

La Femme. Malgré l'attrait que minspire déjà celle

sainte institution , j'y trouve encore, mon père, deux iiiiperiections générales, soit comme n'utilisant pas toutes les relations privées, soit comme n'ayant point assez prévu l'insuflisance trop fréquente des types naturels.

Le Prêtre. Ce double embarras se dissipe, ma fille, en ayant égard aux divers types accessoires qui se rattachent spontanément à chacun de nos trois types principaux, d'après la conformité des sentiments et la similitude des liens. Autour de la mère se groupent naturellement d'abord le père, et quelquefois la sœur, puis le maître et le protecteur, outre les relations analogues qui peuvent se multiplier beaucoup dans la famille et surtout au dehors. En étendant la même appréciation aux deux autres types, on institue une suite d'adorations, de moins en moins intimes, mais de plus en plus générales, d'où résulte une transition presque insensible du cuite privé au culte public. Ce développement normal permet aussi de combler, autant que possible, les lacunes exceptionnelles, en remplaçant, au besoin, l'un des types essentiels par son meilleur adjoint. On peut ainsi renouveler subjectivement les familles mal composées.

La Femme. D'après cet éclaircissement complémentaire, il ne me reste , mon père, qu'à vous demander des explications plus précises sur l'institution gêné-

raie des prières qui correspondent à ce culte fondamental.

Le Prêtre. Il exige, ma fille, trois prières quotidiennes: au lever, k l'approche du sommeil, et au milieu des occupations pratiques ou théoriques. La première j plus étendue et plus efficace que les deux autres, fait commencer chaque journée humaine par une digne invocation angéUque, seule capable de nous disposer habituellement au bon emploi de nos forces quelconques. Dans la dernière , on exprime la gratilude due à cette protection quotidienne , de manière à prolonger son efficacité pendant le sommeil. (Jelle du milieu doit nous dégager momentanément des impulsions théoriques et pratiques , pour y faire mieux pénétrer l'influence affective dont elles tendent toujours à nous écarter.

Une telle destination indique aussitôt les époques respectives des trois prières positivistes, et même leurs modes d'accomplissement. La première aura lieu , avant toute occupation , à l'autel domestique institué d'après nos meilleurs souvenirs , et dans l'attitude de la vénération. Mais la dernière doit s'accomplir au lit et se prolonger, autant que possible, jusqu'à l'invasion du sommeil , alin de mieux assurer le calme cérébral , quand nous sommes le moins garantis contre les tendances vicieuses. Quoique l'heure de la prière moyenne ne puisse pas être autantdé-

terminée , puisqu'elle doit varier suivant les convenances individuelles , il importe que chicun lui procure, à sa manière, une rigoureuse fixité, qui lacditera les dispositions qu'elle exige.

La durée respective de nos trois prières quotidiennes est pareillement indiquée par leur propre destination. Il convient, en général, que celle du matin dure deux Ibis plusj et celle du milieu deux fois moins, que celle du soir. Quand le culte intime est pleinement développé, la principale prière absorbe spontanément toute la première heure de chaque journée. Gela tient surtout à la décomposition de sa phase initiale en deux parties de même durée que sa phase finale; en faisant précéder la commémoration commune à tous les jours de la semaine par celle qui devient propre à chacun d'eux. De là résulte la division usuelle de la prière du matin en trois temps égaux, où prévalent respectivement, d'abord les images, puis les signes, et enfin les sentiments. Les deux autres prières ne comportent point la même proportion entre la commomération et l'effusion. Tandis que celle-ci dure, en tout , deux fois moins que celle -là le matin , le rapport devient inverse le soir, et l'égalité distingue le milieu. Vous expliquerez aisément ces diversités secondaires. Mais je vous invite à remarquer que, d'api es l'ensemble de ces indications, la durée totale de notre culte quotidien s'élève seulement à deux

heures , même chez ceux qui sout couiluits à reproduire pendant la nuit la prière propre au milieu du jour.

Chaque positiviste consacrera donc h son intime amélioration journalière moins de temps que n'en absorbent maintenant les lectures vicieuses et les diversions inutiles ou funestes. Là seulement s'accomplit l'essor décisif de la vie subjective, d'après notre identification croissante avec lêtre adoré, dont l'image gra duellement épurée -devient plus vive et plus nette h chaque nouvelle année du culte. Par ces pratiques secrètes, chacun se prépare à subir dignement l'excitation sympathique qui résultera de la publicité propre à nos autres rites sacrés. Un tel ensemble daptitudes morales permettra, j'espère, à nos règles sociol itriques de surmonter, chez l'élite des deux sexes, la présente grossièreté des mœuri occidentales. Les âmes vulgaires et incultes regardent encore comme perdu tout le temps que ne remplit pas le travail matériel. Dans les classes cultivées, on reconnaît déjà la valeur propre à l'exercice purement intellectuel. Mais, depuis la fin du moyen âge, l'homme a partout oublié le prix direct et supérieur de la culture morale proprement dite. Il rougirait presque d'y consacrer autant de temps que lui en accordait journellement le grand Alfred , sans altérer aucunement son admirable activité.

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192 (,\iti<;His,\Ui PO&iTJViSTt.

Pour coniplélcr celle théorie spéciale des prières quolidiennes, je dois vous y signaler l'inégale parlicipalion des ornements, toujours accessoires, empruntés sagement au Irésor esthétique de l'humanité. Ils sont naturellement plus propres à seconder l'effusion que la commémoration. Dès lors, leur assibtance convient davantage au soir qu'au matin. MaiH elle est surtout destinée à nous dispenser de la spontanéité dont nous sommes ordinairement détournés envers la prière moyenne , où 4' effusion finale peut s'accomplir presque entièrement d'après un heureux choix de passages poétiques. Quand le chant et le dessin seront partout devenus aussi familiers que la parole et l'écriture, cette participation extérieui*' suffira davantage à nos besoins intérieurs, pendant ces langueurs trop fréquentes do nos meilleures éinotions.

La Femme. Ayant a.>sez compris notre culte personnel, je m'elTorce, mon père, de pressentir en quoj doit consister le culte domestique proprement dit. Mais je ne puis encore m'en former spontanément une idée satisfaisante. Je vois bien que, comme le culte intime, il peut instituer une adoration assidue envers ies types communs à toute la famille. De même, il peut reproduire, pour cette association élémentaire, les invocations collectives que le cuUé public adresse directement Ji l'Humanité. Ces deux

ordres de pratiques religieuses, sous le sacerdoce spontané du chef de famille^ comportent, sans doute, une haute efficacité morale. Néanmoins, cela ne suiîit point pour imprimer à notre culte domestique «n caractère vraiment distinct, qui ne le confonde avec aucun de ceux dont il doit constituer l'intermédiaire.

he Prêlre. L'institution des sacrements sociaux remplit, ma fille, cette condition nécessaire. C'est par IJi que le culte domestique se distingue profondément des deux autres, tout en leur procurant une transition naturelle. Elle consiste à consacrer toutes les phases successives de l'existence privée en liant chacune d'elles à la vie publique. De là résultent nos neuf sacrements socidiUX :\3i présentation, Vinitiation, \'admissio7i, la destination, le mariage, la maturité, la retraite, la trrmsformaiion, et enfin Y incorporation. Leur invariable succession constitue une suite de préparations d'après lesquelles, pendant l'ensemble de sa vie objective, chaque digne serviteur de l'Humanité tend graduellement vers l'éternité subjective qui doit finalement l'ériger en organe propre de la déesse.

Xfl Femme. Quoique les limites normales de ce catéchisme vous interdisent, mon père, une explication ^vraiment complète de tous nos sacrements, j'espère que vous pourrez ici caractériser assez chacun d'eux.

19i< CATÉCIUS-Mli POSmviSlL.

/le Prêlre. Par le premier, ma fille, lu religion finale consacre sysléin;'.tiqii. aienl chaque naissance, comme le firent spontauément toutes les religions préliminaires. La mère et le père du nouveau rejeton de l'Humanitc viennent le présenter au sacerdoce, qui reçoit leur engagement solennel de le préparer convenablomeul au service de la déesse. Celte garantie naturelle se trouve complétée par une double institution, dont le positivisme s'honore d'avoir emprunté le germe au catholicisme, en le développant sous l'inspiration sociale. Un couple artificiel, au choix des parents, mais avec l'approbation du sacerdoce, procure librement au futur serviteur du Grand- Être une nouvelle protection, surtout spirituelle, et au besoin temporelle, à laquelle se joignent tous les témoins spéciaux, il reçoit aussi de ses deux familles, deux patrons particuliers, l'un théorique , l'autre pratique, qu'il complétera, lors de son émancipation, en s'imposant lui-même un troisième prénom, pareillement émané des représentants sacrés de l'Humanité.

Dans la civilisation ancienne , ce premier sacrement était souvent refusé , surtout aux êtres jugés incapables de j'activité destructive qui prévalait alors. Mais, la sociabilité moderne utilisant de plus en plus toutes les natures, la présentation sera presque toujours acceptée par le sacerdoce, sauf des cas

trop exceptionnels pour qu'on doive les prévoir.

Le second sacrement est qualifié d'inifialiony comme marquant le premier essor de la vie publique, quand l'enfant passe, à quatorze ans, de l'éducation spontanée, que dirigeait sa mère, à l'éducation systématique émanée du sacerdoce. Jusqu'alors les conseils du prêtre s'adressaient seulement aux parents naturels et artificiels, pour leur rappeler leurs devoirs essentiels pendant la première enfance. Mais ici le nouvel être reçoit directement des avis religieuXj destinés surtout à prémunir son cœur contre les vicieuses réactions trop souvent inhérentes à la culture théorique qu'il va subir. Ce second sacrement est susceptible d'ajournement, et quelquefois de refus, quoique très rarement, si l'éducation domestique n'a point assez réussi.

Sept ans après, le jeune adepte , d'abord présenté, puis initié , obtient , d'après l'ensemble de ses préparations, le sacrement de Vadmission , qui l'autorise .'i servir lihreraeiit IHumanité, dont jusqu'alors il reçut tout sans lui rendre rien. Toutes les législations temporelles ont reconnu la nécessité d'ajourner, et même de refuser, une telle émancipation aux êtres qu'une organisation trop imparfaite , mal rectitiée par l'éducation, condamne à une éternelle enfance. Une appréciation plus exacte conduira davantage le sacerdoce h des sévérités analogues, dont les

19(5 C.ATÉCKlSMii POSlïlVJSTIi.

résultats directs se borneront toujours au (Jomaiii spirituel.

Ce troisième sacrement érige l'enfoiU en serviteur, mais sans pouvoir encore spécifier sa propre carrière, souvent différente de celle qu'on lui' supposa pendant l'apprentissage pratique qui dut coexister avec son éducation théorique. Il peut seul déci<t€r convenablement, à cet égard, d'après des essais librement tentés et suffisamment prolongés. De là résulte l'institution d'un quatrième sacrement social qui vient , à vingt-huit ans , sauf demande ou prescription d'ajournement, consacrer la destination ainsi choisie. Le culte ancien n'en offrait l'ébauclie qu'envers les plus hautes fonctions, par l'ordination des prêtres et le sacre des rois. Mais la religion positive doit toujours instituer socialement toutes les professions utiles , sans distinction de publiques ou privées. Les moindres serviteurs du Grand-Être viendront, dans son temple , recevoir solennellement de son sacerdoce la consécration initiale de leurs coopérations quelconques. C'est le seul sacrement susceptible d'un vrai renouvellement, toujours exceptionnel.

La Femme. Je comprends , mon père , celle série des consécrations antérieures au mariage , qui sera suivi de nos quatre autres sacrements. Quant h ce sa crement principal , qui seul complète l'ensemble des

préparations hiniiaines , je connais déjà la doctrine essentielle du positivisme. Surtout je suis profondément toQchée de la grande institution du veuvage éternel, depuis longtemps attendue par tous les cœurs vraiment féminins. Outre son importance domestique , et même civique , elle peut seule développer assez la vie subjective pour élever nos âmes jusqu'à la représentation familière du Grand- Être, d'après une digue personnification Toutes ces précieuses notions m'étaient presque devenues propres avant que je fusse votre catéchumène. Je sais d'ailleurs que vous y reviendrez , sous un autre aspect , eu expliquant le régime. Nous pouvons donc commencer la dernière série de nos consécrations.

Le Prêtre. Toutefois, ma fdle, il faut d'abord lixer l'âge normal du principal sacrement social. Puisqu(> le mariagi; doit suivre, et non précéder, la destination spéciale , lliorame n'y peut être admis religieusemeùt avant davoir accompli sa vingthuitième année. Le sacerdoce conseillera même au gouvernement d'étendre jusqu'à trente ans le veto légal du chef de famille, afin de mieux prévenir toute précipitation envers le plus important de tous nos actes privés. Quant aux femmes, le sacrement de la destination coïncide nécessairement avec celui de l'admission , d'après l'heureuse uniformité de leur vocation toujours connue. Elles sont donc aptes au

19K CATI-CHISME POSITIVISTE.

DiariMge dès 1 âge de vingt et un ans , ce qui d'ailleurs garantit mieux l'iiarmonie conjugale. Ces limites inléricurcs ne peuvent s'abaisser, chez l'un et l'autre sexe, que pour des motifs très-exceptionnels, mûrement appréciés par le sacerdoce , sous sa responsabilité morale. Mais il ne faut fixer , en général, aucunes limites supérieures, quoique les femmes doivent presque toujours se marier avant vingt-huit ans et les hommes avant trente cinq, quand la vie conjugale sera dignement instituée.

La Femme. Le premier des sacrements qui suivent le mariage me semble, mon père , sufiQsamment expliqué par sa seule définition. Vous m'aviez déjà fait remarquer la coïncidence ordinaire du plein développement organique de l'homme avec son entière préparation sodale, vers l'âge de quarante-deux ans. Je ne pense ici qu'à votre sexe, puisque le sacrement de la maturité lui appartient exclusivement. La vocation féminine est à la fois trop uniforme et trop fixe pour comporter aucune des deux consécrations entre lesquelles se trouve compris le mariage.

Le Prêtre. Quoique vous ayez , ma fille, saisi spontanément îa vraie nature de notre sixième sacrement, vous ne pourriez assez apprécier ainsi sa propre importance. Pendant les vingt et une années qui le séparent du septième , l'homme développe sa seconde vie objective, seule décisivt' envers son im-

SECONDE PAKllE. 199

mortalité subjective. Jusque-là, notre existence , essenliellement préparatoire, avait naturellement suscité des déviations quelquefois graves, mais toujours réparables. Dès lors, au contaire, nos nouvelles fautes ne comportent presque jamais une suffisante compensation , soit extérieure , ou même intérieure. Il importe donc d'imposer solennellement au serviteur de l'Humanité l'inflexible responsabilité qui va commencer pour lui, en ayant spécialement égard à sa fonction propre , devenue pleinement appré ciable.

La Femme. Envers le sacrement suivant, je ne vois, mon père, d'autre destination que de marquer la terminaison normale de la grande phase d'activité complète et directe ouverte par la sixième consécration.

Le Prêtre. Le sacrement de la retraite devient , au contraire, ma fdle, l'un des plus augustes et des mieux caractérisés, quand on considère le dernier office fondamental que remplit alors chaque vrai serviteur de l'Humanité. Dans l'ordre positif, un fonctionnaire quelconque , surtout temporel , désigne toujours son successeur, sous la sanction de sou supérieur, et sauf les cas exceptionnels d'indignité ou d'incapailé, comme je vous l'expliquerai bientôt. Vous sentez déjà que c'est le seul moyen de régulariser assez la continuité humaine. En venant , à soixante-

201» CATÉCmSMt; POSITIVISTK.

iroir> ans, librement abdiquer une activité épuisée, j)Our développer désormais sa juste influence consultative , le citoyen exerce solennellement ce dernier acte de haute autorité, dès lors publiquement soumis au contrôle sacerdotal et populaire, qui pourra conduire à le modifier dignement. Chez les riches , cette transmission d'office se complète naturellement, d'après les mêmes règles, par celle diî la portion du capital humain qui sert d'instrument au ftmctiounaire, quand il a prélevé ses provisions personnelles.

La Femme. Maintenant, mou père, je conçois toute la portée sociale de notre septième sacrement, où je ne voyais d'abord qu'une sorte de fêle domestique.

Quant au suivant , la vraie religion m'est assez familière déjà pour que je comprenne spontanément en quoi il consiste. Il doit remplacer l'horrible céré monie où le catholicisme, livré sans conlrôie à son caractère antisocial, arrachait ouvertement le mourant à toutes les alTections humaines, pour le transporter isolément au céleste tribunal- Dans notre transformalion , le sacerdoce , mêlant les regrets de la société aux larmes de la famille , apprécie dignement l'ensemble de l'existence qui s'achève. Après avoir obtenu les réparations possibles, il fait le plus souvent ispérer l'incorporaiion subjective , mais sans com-

promettre jamais un jugement qui n'est pas encore mûr.

Le Prêtre. Puisque vous avez, ma fille, convenablement caractérisé le dernier sacrement objectif, je dois vous expliquer maintenant la consécration finale.

Sept ans après la mort, quand toutes les passions perturbatrices sont assez éteintes, sans que les meilleurs documents spéciaux soient déjà perdus, un jugement solennel , dont la sociocratie emprunte le germe à la théocratie, vient irrévocablement fixer; le sort de chacun. Le sacerdoce ayant prononcé Vin-, corporation , il préside au pompeux transport des restes sanctifiés, qui, jusqu'alors déposés au champ civique, viennent occuper leur place éternelle dans le bois sacré qui entoure le temple de l'Humanité. Chaque tombe s'y trouve ornée d'une simple inscription, d'un buste, ou d'une statue, suivant le degré de la glorification obtenue.

Quant aux cas exceptionnels d'indignité caractérisée, la flétrissure se manifeste en transportant convenablement le funeste fardeau au désert des réprouvés, parmi les suppliciés, les suicides, et les duellistes.

la Femme. Cette suffisante indication des neuf sacrements sociaux me laisse, mon père, un regret général envers mon sexe , qui ne m'y semble pas

assez apprécié. Toutefois, je ne réclame nullement contre notre exclusion naturelle de trois de ces consécrations, puisqu'elle est fondée sur les motifs les plus honorables pour les femmes, dont la vie moius troublée n'exige pas autant de soins religieux. Mais je ne saurais concevoir que le paradis subjectif n'admît point celles que notre religion proclame les plus aptes à le mériter. Pourtant, je ne vois pas comment nous participerions, en général, à l'incorporation personnelle, qui ne me semble pouvoir résulter que d'une vie publique justement interdite h mon sexe, sauf des cas très-exceptionnels.

Le Prêtre. Vous comblerez, ma fille, cette grave lacune, en considérant que l'incorporation masculine doit embrasser aussi tous les dignes auxiliaires de chaque vrai serviteur de 1 Kumanité, sans même excepter nos adjoints animaux.

Le principal olTice des femmes consistant à former et perfectionner des hommes, il serait autant absurde qu'injuste de glorifier un bon citoyen, si Von négligeait d'honorer la mère, l'épouse, etc., auxquelles son succès fut surtout dû. Autour, et quelquefois au dedans, de chaque tombe sacrée, le sacerdoce devra donc réunir, au nom du Grand-Être, toutes les personnalités qui concoururent dignement aux services qu'elle récompense. Quoique votre sexe, mieux organisé que le mien , goûte davantage la pure félicité

SECONDE PAHTJE. 203

que procure aussitôt l'essor et l'exercice des bons sentiments, il ne doit jamais renoncer aux justes éloges, ni surtout à l'immortalité subjective qu'il apprécie si bien.

La Femme. D'après cette explication complémentaire, il ne me reste, mon père, qu'à vous demander en quoi consiste l'obligation personnelle de recevoir nos divers sacrements.

Le Prèlre. Ils doivent, ma fille, toujours rester légalement facultatifs, sans jamais imposer au delà d'un simple devoir moral , démontré dans l'éducation , et sanctionné par l'opinion.

Pour mieux conserver ce caractère purement spilituel, principale condition de leur efficacité, nos consécrations doivent même être accompagnées d'institutions parallèles , établies et maintenues par le pouvoir temporel, comme seules exigibles en chaque cas. Son appréciation, plus grossière et moins sévère, dispensera des rites sacrés les natures qu'ils pourraient elfrayer, et dont les services sociaux ne doivent pas cependant rester perdus ou compromis.

Il ne faut point , par exemple , regarder comme anarchique, malgré son origine révolutionnaire, l'institution du mariage civil , comme préambule nécessaire du mariage religieux, dont il peut légalement dispenser. L'usage opposé résultait d'une usurpation catholique, que le positivisme n'imitera jamais. Ceux

204 CATÉCHISME POSniVISTL.

qui répugnent à la loi du veuvage, sans laquelle pourtant aucun mariage positiviste ne doit s'accomplir, ont besoin de contracter une union civile qui les préserve du vice (:t garantisse l'état légal de leur enfants. Il en est de môme , à de moindres degrés , envers la plupart des autres sacrements sociaux , surtout l'admission et la destination. Le sacerdoce devrait, au besoin , solliciter, auprès du gouvernement , l'institution des règles légales destinées à tempérer la juste sévérité de nos prescriptions religieuses, dont l'observance toujours libre ne sera jamais récompensée que par la conscience et l'opinion.

SEPTIÈME La Femme. En abordant l'étude directe de notre

ENTRETIEN, culte public, je dois vous soumettre, mon père, la

— réponse que j'ai déjà faite spoiilanément à des cri-

" * ''" ' tiques, superficielles mais sincères, dirigées contre l'ensemble de cette solennelle adoration. On dit que chaque positiviste se glorifie lui-même quand il honore un être nécessairement composé de ses propres adorateurs. Ce reproche ne peut auciraement concerner notre culte privé : il se rapporte uniquement à l'adoration directe de l'Humanité, surtout par des hommages collectifs. Mais nous pouvons le repousser aisément d'après la vraie notion du Grand-Être, dont la composition est principalement subjective. Ceux qui lui témoignent leur gratitude ne sont nullement

SECONDE PARTIK 205

assurés, en général , de s'y trouver enfin incorporés, Us ODt seulement l'espoir d'une telle récompense , parce qu'ils comptent la mériter, d'après une digne carrière, toujours appréciée par leurs successeurs.

Le Prêtre. Cette rectification est pleinement conforme, ma fille, au véritable esprit de notre culte public , où le présent glorifie le passé pour mieux préparer l'avenir, en s'elTaçant spontanément entre ces deux immensités. Loin d'exalter notre orgueil . ces effusions solennelles tendent sans cesse à nous inspirer une sincère hunùlité. Car elles nous font profondément sentir combien, malgré nos meilleurs efforts collectifs, nous sommes incapables de jamais rendre au Grand-Être plus qu'une minime partie de ce que uous en avons reçu.

La Femme. Avant de m'expliquer l'ensemble de cette adoration publique, je vous prie, mon père, de caractériser assez les temples où elle doit s'accomplir. Quant au sacerdoce qui la dirige, je sens que sa constitution essentielle sera suffisamment indiquée dans l'exposition du régime.

Le Prêtre. Nos temples, ma fille, ne sauraient maintenant être pleinement appréciables. Car, larchitecture étant le plus technique et le moins esthétique de tous les beaux-arts, chaque synthèse nouvelle y pénètre plus tardivement que dans aucun autre. Il faudra que notre religion soit non-seulement très-

206 r.ATftcnibMi I'usiumsti:.

développée, mais aussi beaucoup répandue, avant que les besoins publics puissent signaler la vraie nature des édifices qui lui conviennent. Nous devrons donc employer provisoirement les anciens temples, à mesure de leur désuétude; quoique ce préambule nécessaire doive moins durer pour nous qu'envers le catholicisme, réduit, pendant plusieurs siècles, aux constructions polythéistes.

La seule indication générale qui puisse maintenant être proclamée à cet égard, concerne la situation et la direction, déjîi déterminées par la nature du culte positif. Puisque l'Humanité se compose essentiellement des morts dignes de survivre, ses temples doivent se placer au milieu des tombes d'élite. D'une autre part, le principal attribut de la religion positive consiste dans son universalité nécessaire. Il faut donc que, sur toutes les parties de la planète humaine, les temples du Graud-Être soient dirigés vers la métropole générale, que l'ensemble du passé fixe, poui longtemps , à Paris. Le positivisme utilise ainsi l'heureuse ébauche de l'islamisme envers une précieuse institution, qui, par la commune attitude de tous les vrais croyants, fait mieux ressortir la touchante solidarité de leurs libres hommages.

Voilà tout ce que je dois vous indiquer envers nos édifices sacrés. Quant à leur distribution intérieure, il n'y faut maintenant remarquer que le besoin d'y

réserver le principal sanctuaire pour des femmes convenablement choisies ; afin que les prêtres de l'Humanité s'y trouvent toujours entourés de ses meilleurs représentants.

La Femme. Cette dernière indication me conduit , mon père, à compléter ma question précédente , en vous demandant quels seront les symboles de notre déesse. Leur détermination se rapportant à la peinture et à la sculpture, elle doit devenir mieux appréciable déjà, que celle des temples, d'après la mardi e plus rapide des deux premiers arts de la forme comparés au troisième.

Le Prêtre. En effet, ma fille,, la nature du Grand- Être ne laisse maintenant aucune indécision sur sa

représentation plastique. Figurée ou sculptée, notre | ,

S V. m déesse aura toujours pour symbole une femme de' ti/ '^

trente ans tenant son fils entre ses bras. La préémi-^ nence religieuse du sexe atîectif doit caractériser un tel emblème, où le sexe actif doit rester placé sous sa sainte tutelle. Quoique des groupes plus composés pussent rendre la représentation plus complète, elle D'y serait point assez synthétique pour devenir vraiment usuelle.

Des deux modes propres à cette symbolisation normale, la sculpture convient à l'image fixe placée dans chaque temple, au milieu des femmes d'élite, et derrière la tribune sacrée. iMais la peinture doit

•i08 CATÉCHISME POSTTITrSTE.

prévaloir envers les bannières mobiles destinées h guider nos niarclies solennelles. Tandis que leur face blanche contiendra la sainte image, la formule sacrée du positivisme remplira la face verte, tournée vers la procession.

La Femme. Pour terminer mes d'emandcs préliminaires, je vous prie, mon père, do m'expliqiTer le signe usuel qui pourrait assez représenter cette formule caractéristique.

Le Prêtre. Il résulte, ma fille, de la théorie céi*ébrale, comme j'eus soin de vous le faire pressentir en achevant l'étude du dogme. On peut réciter notre formule fondamentale en posant la main successivement sur les trois principaux organes de l'amour, de Tordre, et du progrès. Les deux premiers sont contigus, et le dernier n'en est séparé que par celui de la vénération, ciment naturel d'un tel ensemble ; '.m sorte que le geste pourrait devenir continu. Quand l'habitude se trouve assez établie, on supprime bientôt la récitation, pour se borner à l'expression mimique. Enfin, comme les rangs des organes cérébraux caractérisent pleinement leurs fonctions, le signe devient, au besoin, réductible à la simple succession des numéros correspondants du tableau cérébral. C'est ainsi que, sans aucune institution arbitraire, le positivisme se trouve déjà pourvu de marques usuelles plus expressives que

CILTK AIJSrr.AIT m liiumanite,

ou IDÉALISATION SYSTÉMATIQUE DE LA SOCIABILITÉ FINALE.

l" Mois. . L'IillUANITÉ

'im< Mois. LE HlARIAOE.

3"" Mois. LA PATEniïITB. .

ime Mois. LA FILIATION .

S"'' Mois. LA Fk.\ter:vité.

finie Mois. LA Domesticité.

1 religieuse, hisliirique.

politique, coiiiiiiunale.

(complet.

cliJisie.

I inégal.

\ subjectif.

naturelle, aniliciellc.

spirituelle, teiiiporeilc.

Mêmes tubdivisiom.

Idem.

complète. .

incomplète..

I permanente.

' passagère. .

j complète.

j incomplète.

Même subdivision.

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Vd I

tf I 7'"' Mois, le Fétichisme

I spontané,

8"-' Mois. LE Polythéisme.

9' Mois. LE Moivotbéis.me,

1 On»' Mois. LA Femme,.

ou la rrcii'îeDce morale.

|llnie Mois. LE SACERDOCE,

00 la froTidence intellecluclle

i2'ne Mois le Patriciat, .

on la Protitience matérielle.

nomade, sédeniaire.

, . ,. „ 1 sacerdotal, systématique, j ,„j|i,ai,e.

conservateur.

progressif

I iniellectuel, aire.

iiniellet mililaii

j esthétique.

I scientifique.

ou la ProiideBM générale. I

13me ! d dernier Mois, le PROLÉTARIAT

tiléocratique.

cailiolique.

islamiiiue.

méiaphysique.

mère, sœur, épouse, fille.

incomplet,

complet

banquier, coruiiierçant.

fahi icant.

aï;nculleur.

actif, affeciif.

contemplatif, passifs

préparatoire.

,. , ( secondaire. d"-ec'' I principal.

Parii , le S Gatteml>erg 64 ( luodi 6 août 185t }.

AL'cnsTE COMTE, CiO, rue Monsieur-le-Pfince.

iCatécUisme positiviste , page 2flf.)

toutes celles du catholicisme et de l'islamisme.

La Femme. iMaintenant, mon père, je ne dois pas retarder davantage votre explication directe de l'ensemble du culte public.

Le Prêtre. Vous le trouverez, ma fdle, pleinement , caractérisé par le tableau que voici ( / 'oyez le tableau C, ci-contre.) Le double objet de ce culte, comme des deux précédents, consiste à nous faire mieux comprendre et mieux accomplir l'existence corres pondante. Nous devons donc idéaliser d'abord les liens fondamentaux qui la constituent, puis les préparations essentielles qu'elle exige, et enfin les fonctions normales dont elle se compose. Telles seront les destinations respectives des trois systèmes de fêtes mensuelles qui doivent remplir Tannée positiviste, dès lors partagée en treize mois de quatre semaines, plus un jour complémentaire consacré à l'ensemble des morts.

Déjà vous connaissez les quatre classes fondamentales,affective, spéculative, patricienne, et plébéienne, nécessairement propres à l'ordre normal. Quant aux étals préparatoires, on ne saurait, sans confusion, les condenser davantage, vu les profondes différences, intellectuelles et sociales, qui doivent toujours distinguer le fétichisme, le polythéisme, et le monothéisme, même dans l'initiation spontanée de chaque positiviste. Envers les liens essentiels, il faut bien

210 GAIÈCniSME POSITIVISTE.

célébrer tl\\bortl le plus universel, et glorifier ensuite chacune des affections privées qui peuvent seules lui procurer une vraie consistance. Or, ces relations élémentaires sont réellement au nombre de cinq : , le mariage, la paternité, la filiation, la fraternité, cl la domesticité; en les rangeant, d'après noire principe Iriérarcliique, suivant la généralité croissante et l'intimité décroissante.

Le nombre , en apparence paradoxal , des mois positivistes devient donc sacré quand ou apprécie ses motifs religieux. Beaucoup d'expériences ont d'ailleurs prouvé déjà qu'il pourra facilement prévaloM avec la foi correspondante. C'est aussi la religion universelle qui doit seule établir la régularité chronologique résultée de notre exactejdécomposition de chaque mois en quatre périodes hebdomadaires. Quels que soient les avantages pratiques d'une telle institution, ils ne suffiraient point pour la fonder, si les besoins du culte ne dissipaient pas l'hésitation toujours inhérente aux motifs matériels.

La Femme. Au premier aspect général du tableau sociolatrique , je n'y vois, mon père, d'autre grave difficulté qu'envers la domesticité , dont l'importance my paraît exagérée , en l'y plaçant parmi les liens fondamentaux.

Le Prêtre. Une telle objection me rappelle, ma fille," que vous naquîtes septentrionale, quoique

&ECONJD£ PARTIE. 211

lieureusemeut préservée du protesiantisQie. Car les occidentaux du Midi conserveul mieux , à cet égard . les vrais sentiments humains , si uojjlement développés au moyen âge.

Loin que la domesticité doive jamais disparaître . elle grandira de plus en plus en se purifiant davantage de toute servitude primitive. Devenue pleinement volontaire, elle fournit à beaucoup de familles les meilleurs moyens de servir dignement le Grand -Être , en accordant une indispensable assistance à ses vrais serviteurs , théoriques ou pratiques. Cette participation au bien public est , quoique indirecte, plus complète et moins incertaine que celle de la plupart des coopéraleurs directs. Elle peut aussi cultiver davantage nos meilleurs sentiments. On sen forme une notion trop étroite quand on la borne à certaines classes. Dans tous les rangs sociaux, et surtout parmi les prolétaires, chaque citoyen passa par une telle situation , tant que dura son initiation pratique. ïl faut donc idéaUser la domesticité comme le complément des liens de famille et le début des rapports .civiques.

La Femme. ?»lon cceur n'avait besoin , mon père, que de cette rectification systématique pour surmouler les .préjugés anarchiques qui tne détournaient de fraterniser assez avec les dignes types, surtout féminins, que m'plîrit plusieurs fois celte situation m c

212 CATÉCHISMIi POSITIVISTE.

Goniiue. Ce salutaire éclaircissement ue me laisse maintenant k désirer qu'une dernière explication générale, envers l'autre extrémité de notre tableau sociolatrique. Les positions respectives du palriciat et du prolétariat m'y semblent interverties. Que la politique les range ainsi, d'après l'ordre de puissance matérielle; mais la religion, qui classe suivant la dignité morale, me paraît devoir les disposer autrement.

Le Prêtre. Vous oubliez, ma fille, que, dans la religion positive , le culte et le régime doivent toujours se correspondre exactement. Mais j'excuse aisément votre méprise , d'après le noble motif qui l'inspire J'ai moi même pensé quelquefois comme vous, quand j'attachais trop d'importance à l'extrême imperfection du patriciat actuel, si souvent indigne de sa haute destination sociale. La vraie supériorité cérébrale , soit intellectuelle , soit surtout morale , se trouve aujourd'hui plus répandue proportionnellement chez les classes préservées d'une éducation et d'une autorité dégradantes. Toutefois , quoique cette exception incontestable doive être soigneusement appréciée en instituant la transition occidentale, il faut savoir l'écarter systématiquement quand on construit le culte abstrait de l'Humanité , destiné principalement à l'état normal. En contemplant trop le présent . et pas assez l'avenir.

SECONDE P\RTI£. 213

on serait certainement conduit ù rejeter le sacerdoce lui-même au-dessous du prolétariat; car son imperfection actuelle surpasse beaucoup celle du patriciat. soit qu'on l'apprécie chez les débris théologiques ou parmi les rudiments métaphysiques et scientifiques. Dans le culte positif, comme dans l'existence normale qu'il idéalise, le digne patricien l'emporte ordinairement sur le digne plébéien , tant en vraie noblesse qu'en puissance réelle. En rangeant les classes humaines suivant leur aptitude à représenter le Grand-Être , l'importance et la difliculté des services propres au patriciat, comme l'éducation qu'ils exigent et la responsabilité qu'ils imposent , le placent toujours au-dessus du prolétariat. C'est au nom même d'un tel classement que la sagesse sacerdotale, convenablement assistée par la sanction féminine et l'appui populaire, doit rappeler dignemeni les patriciens , isolés ou réunis . à leurs éternels de voirs sociaux, quand ils viennent à les négliger gravement. 3Iais ces remontrances exceptionnelles manqueraient leur but principal si le culte normal n'honorait pas suffisamment les ministres nécessaires de notre providence matérielle. En plaçant le prolétariat à l'extrémité inférieure de l'échelle sociale, le culte rappellera que sou aptitude caractéristique à contrôler et rectifier tous les pouvoirs humains résulte surtout d'une situation essentiellement passive ,

■214 CArKCIlISMl- POSITIVISTE.

qui ne développe aucune tendance prononcée. Noire tableau sacré, conioïc le régime correspondant, doit donc insérer les deux grandes puissances, spirituelle et temporelle, entre les deux masses . féminine et populaire , qui réagissent sans cesse sur leurs sentiments et leur conduite. Si le patriciat était abaissé, l'harmonie positive se trouverait autant rompue en sociolatrie qu'en sociocratie.

La Femme. L'ensemble du culte public m'est assez familier déjà pour que vous puissiez, mon père, m'expliquer la décomposition hebdomadaire des treize célébralions mensuelles. Ce développement final , qui ne laissera jamais notre semaine sans une fête générale , doit profondément concourir au but moral de la grande adoration, ainsi reproduite sous des aspects très-variés, mais toujours convergents.

Le Prêtre. Avant de commencer cette explication, je dois, ma fille, vous indiquer comment l'antique institution de la semaine fut heureusement rattachée au cnlle de l'humanité par un jeune positiviste , sous linspiration du tableau sociolatrique. Il suffit de consacrer chaque jour de cette période à l'un des liens fondamentaux; d'où résulte la disposition suivante, que son auteur compléta judicieusement d'après une nomenclature systématique :

Lundi Le Mariage Maridi.

Mardi La Paternité Patridi.

.Mercredi. ... La Filiation Filidi.

Jeudi La Fraternité Fratridi.

Vendredi.. . . La Domesticité Doraidi.

Samedi La Femme, oui' Amour. Matridi.

Dimanche. . . L'HUM.\NITÉ Humanidi.

Sous cette seule indication, un autre de nos jeunes frères fol bientôt conduit, par son noble cœur, à composer, envers tous les jours de notre semaine , un lieureux essai de touchantes prières domestiques, propres à mieux lier le culte public au culte privé.

Pour compléter la régularité de notre culte, il fallait <jue chaque jour dune semaine quelconque occupât dans l'année un rang invariable. On obtient cette fixité en s'abstenanl de toute dénomination hebdomadaire, d'abord envers le jour complémentaire (|ui termine toute année positiviste , puis quant au jour additionnel qui le suit si l'année est bissextile, selon la règle usitée en Occident. Chacune de ces deux journées exceptionnelles se trouve, en effet, désignée suffisamment par la fête correspondante. Dès lors, notre calendrier devient perpétuel; ce qui n'importe pas moins au régime qu'au culte.

La Femme. Je conçois, mon père, toute l'eflicacité morale d'une telle fixité, d'après laquelle chaque jour quelconque de notre année pourrait recevoir,

comme le jour fmal , une désignation purement sncrée ; ce que le catholicisme n'obtint jamais que par exception.

l.c Prêtre. Ce préambule étant établi, je puis, ma lillc , commencer directement l'Indication successive des solennités propres aux septièmes jours de toutes nos semaines. Le tableau sociol;ilri(jue vous montre comotent chaque célébration mensuell.^ se décompose en quatre fêtes hebdomadaires. Je n'ai donc plus quù motiver et caractériser une telle décomposition, par quelques éclaircissements sommaires.

Notre premier mois, consacrée l'Humanité, exige, à cet égard, peu d'explications. Après avoir ouvert l'année positiviste par la plus auguste de toutes nos solennités , cette fête directe du Grand-Être se trouve complétée dans les quatre célébrations hebdomadaires, où sont respectivement appréciés les divers degrés essentiels du lien social. Ils s'y rangent d'après le décroissement d'extension et l'accroissement d'intimité des relations collectives. La première fête glorifie le lien religieux, seul susceptible d'universalité; la seconde, la liaison due à d'anciens rapports politiques qui, quoique effacés, laissent subsister une suffisante communauté de langue et de poésie. Dans la troisième , on célèbre directement l'union active résultée d'un même gouvernement librement accepté partout. La quatrième honore la moins étendue.

SECONDE l'AUTlE, 217

mais la plus complète des relations civiques, celle où la cohabitation familière nous rapproche le mieux de l'intimité domestique.

Pour développer le mois du mariage , sa première solennité glorifie l'union conjugale dans toute sa plénitude , à la fois exclusive et indissolu])le , même par la mort. Le sacerdoce y fait profondément sentir, de cœur et d'esprit, le progrès général de cette admirable institution, première base de tout l'oi'lre liuraain, en caractérisant chacune de ses phases essentielles , depuis la polygamie primitive jusqu'au mariage positiviste.

Dans la fête suivante , on célèbre la chasteté volontaire que de graves motifs moraux ou physiques peuvent éternellement prescrire à de dignes époux. La principale destination du mariage, pour le perfectionnement mutuel des deux sexes, y devient mieux appréciable ; sans que cette union exceptionnelle oblige d'ailleurs à renoncer aux affections d'avenir, toujours possibles d'après une heureuse adoption. On y fera convenablement ressortir sa tendance à régler enfin la procréation humaine . quoique les vices héréditaires ne doivent pas priver des bienfaits du mariage.

La troisième semaine de ce même mois aboutit à la célébration des unions exceptionnelles où une inégalité souvent excusable n'empêche point la princi-

218 CATÉCHISME POSITIVISTJ:.

pale eflicacilé , surtout quand les mœurs finales borneront la discoidancc aux Ages. Enfin , la quatriènie fête honore l'union posthume qni résultera fréquemment de la constitution normale du mariage humain, dont les plus intimes douceurs sont consolidées et développées par l'épuration et la fixité propïe.'y à l'amour subjectif.

Nos trois mois suivants peuvent être expliqués simultanément, d'après l'uniforuiité spontanée de leurs subdivisions hebdomadaires. Envers le principal d'entre eux, sa première moitié est consacrée à la paternité complète, d'abord involontaire, puis adoptive, et la seconde à la paternité incomplète que procure, dans toute société régulière , l'autorité spirituelle ou le patronage temporel. De là résultent, eu décroissant, les quatre degrés normaux de l'affection paternelle, respectivement glorifiés par les quatre fêles hebdomadaires du troisième mois positiviste. Or, les mêmes distinctions et gradations se reproduisent nécessairement envers la fiHation et la fraternité, ce qui dispense ici de toute explication nouvelle pour le quatrième et le cinquième mois.

Quant au sixième, il honore d'abord la domesticité permanente, qui distinguera toujours Une classe très-nombreuse, mais spéciale, puis la situation analogue où tout homme se trouve ordinairement pendant son initiation pratique. Le premier cas exige

nettement une subdivision importante , liabiluellement manifestée par la résidence; suivant que la domesticité est complète, chez le serviteur proprement dit, ou incomplète, chez le commis, simplement chargé d'un office déterminé. Quand les mœurs normales auront assez concilié le service domestique , surtout féminin , avec le plein essor des affections de famille, le culte positif fer^a profondément sentir la supériorité morale de la première situation, où le dévouement devient plus pur et plus vif. La même distinction sapplique , quoique d'une manière moins prononcée, à la domesticité passagère, et s'y trouve pareillement indiquée par le domicile. Ue là résultent les deux autres fêtes du sixième mois , respectivement consacrées aux pages et aux apprentis, suivant que les maîtres sont riches ou pauvres.

Tm Femme. Tout ce développement spécial des divers liens fondamentaux ne me préseule, mon père, aucune difficulté. Mais je crains que mon insuffisance historique ne m'empêche de comprendre assez la seconde série sociolalrique. Car l'ensemble de la préparation humaine ue m'est encore coniui que d'après la première loi d'évolution

Le Prêtre. Elle suffit, ma fiUe, pour vous faire apprécier déjà la succession générale des trois états préliminaires indiqués au tableau sociolalrique. iMais quant à la décomposition hebdomadaire de chacun

220 CATLCHESME POSITIVISTE.

d'eux , vous ne pourrez , en effet, la bien concevoir que d'après l'enlrelien liistorique qui terminera ce catéchisme. Je me borne donc à la principale coordination, en vous cliargeant de la compléter spontanément lorsque vous aurez acquis les notions convenables.

La synthèse fictive, toujours fondée sur la recherche des causes, comporte deux modes différents, suivant que les volontés auxquelles on attribue les événements appartiennent aux corps eux-mêmes ou à des êtres extérieurs, habituellement inaccessibles à tous nos sens. Or, le régime direct, plus spontané qu'aucun autre, constitue le fétichisme initial; tandis que l'indirect caractérise le théologisme qui le suit. Mais ce dernier état, moins pur et moins durable que le premier, présente successivement deux constitutions distinctes , selon que les dieux restent multiples ou se condensent en un seul. Le théologisme, qui n'institue , au fond, qu'une immense transition spontanée du fétichisme au positivisme, émane de l'un dans le polythéisme et conduit à l'autre par le monothéisme. Quand cette succession intellectuelle se trouve complétée par la progression sociale qui lui correspond, l'ensemble de l'initiation humaine est assez caractérisé, comme vous le sentirez bientôt.

Vous pourrez alors apprécier assez l'aptitude de

notre seconde série sociolatrique à glorifier dignement toutes les phases essentielles de cette longue préparation, depuis le premier essor des moindres peuplades jusqu'au double développement de la transition moderne. Celte pleine célébration du passé humain en douze fêtes hebdomadaires résulte de la condensation historique que comporte, par sa nature, le culte abstrait.

La Femme. Nous pouvons ainsi, mon père, commencer la dernière série sociolatrique. Le mois consacré à la providence morale ne my présente aucun embarras, d'après l'évidente distinction qui sépare les types féminins propres à ses quatre fêtes hebdomadaires. Mais la décomposition du mois sacerdotal m'échappe encore.

Le Prêtre. Concevez-la, ma fille, d'après les divers modes ou degrés du sacerdoce positif, rangés suivant leur plénitude croissante. Ce grand ministère exige un rare concours des qualités morales, tant actives qu'affectives, avec les talents intellectuels, esthétiques et scientifiques. Si donc ceux-ci se trouvent seuls saillants, leurs possesseurs, après une culture convenable, doivent rester, toujours peutêtre, simples pensionnaires du pouvoir spirituel, sans jamais aspirer à s'y incorporer. Dans ces cas heureusement exceptionnels, le plus beau génie, poétique ou philosophique , ne saurait dispenser de tendresse

•1T2 CATÉCIITSME POSITIMSIE.

et d énergie un fonctionnaire qui doit être lialjiluellement animé d'intimes sympatliies et destiné souvent à des luttes difficiles. Ce sacerdoce incomplet permet de cultiver dignement tous les vrais talents sans comprouiellre aucun service social.

Quant au sacerdoce complet, il exige d'abord un degré préparatoire , que l'aspirant ne dépassera point si, malgré sa vocation proclamée, il ne subit pas avec assez de succès le noviciat convenable. Après cette épreuve décisive, il obtient, à trente-cinq ans, le sacerdoce direct et définitif, mais en l'exerçant pendant sept ans au degré secondaire, qui caractérise le vicaire ou suppléant. Quand il a dignement accompli toutes les phases de notre enseignement encyclopédique, et même ébauché les autres fonctions sacerdoiales, il s'élève, à quarantedeux ans, au principal grade, en devenant irrévocablement un prêtre proprement dit. Telles sont les quatre classes théoriques que célèbrent respectivement les fêtes hebdomadaires du onzième mois.

La Femme. Le suivant, mon père, n'exige aucune explication spéciale. Quoique l'existence pratique me soit peu familière, son caractère nettement tranché me permet de comprendre assez la décomposition normale du patriciat en quatre classes essentielles, suivant la généralité décroissante des fonctions et la muUiplicitc croissante des fonctionnaires. Peut-être

même que , dans nos temps d'anarchie , les femmes sont plus aptes que les prolétaires, et surtout que leurs docteurs, à bien apprécier cette hiérarchie naturelle, parce qu'elles se trouvent mieux préservées des passions perturbatrices et des vues sophistiques. Je me félicite donc que les quatre fêtes hebdomadaires de notre douzième mois viennent annuellement honorer, et dès lors moraliser , ces divers modes nécessaires de la puissance matérielle, sur laquelle repose toute l'économie sociale. Mais je ne saisis pas aussi bien la décomposition du mois final.

Le Prêtre. Elle résulte, ma fille, de la généralité spontanée qui caractérise le prolétariat , où tous les grands attributs humains exigent une idéalisation distincte. Cette immense masse sociale, souche nécessaire de loutes les classes spéciales, se trouve essentiellement vouée à la vie active, directement célébrée par la première fête hebdomadaire du mois plébéien. Après ce prolétariat actif, il faut distinctement honorer le prolétariat affectif qui l'accompagne nécessairement. Cette glorification spéciale des femmes prolétaires peut seule compléter digne ment la célébration générale des types féminins, considérés, au dixième mois, sous l'aspect commun à toutes les classes , mais appréciés ici dans leur essor populaire.

'2Vl CA TÉCHISMFi; POSITIVISTE.

La troisième fête de notre treizième mois doit dignement caractériser le prolétaire contemplatif, surtout estliétique, ou même scientifique, qui, n'ayant pu pénétrer chez un sacerdoce nécessairement circonscrit , se sent néanmoins plus théoricien que praticien. 11 faut quelquefois plaindre ces types exceptionnels , et toujours les respecter, afin de les utiliser assez en dirigeant avec sagesse leurs tendances spontanées. C'est principalement d'eux que doit émaner le contrôle général du prolétariat envers les pouvoirs spéciaux , quoique l'impulsion correspondante exige des natures plus actives.

Enfin , la dernière fête de notre mois populaire se rapporte essentiellement à la mendicité , soit passagère , soit même permanente. Le meilleur ordre humain ne pourra jamais prévenir entièrement cette extrême conséquence des imperfections propres à la vie pratique. Ainsi, l'idéalisation de notre sociabilité resterait incomplète si le sacerdoce ne la terminait point par une juste appréciation de cette existence exceptionnelle. Quand elle est pleinement motivée et dignement exercée , elle peut mériter souvent les sympathies, et quelquefois les éloges, de toutes les âmes honorables. Plus mobile qu'aucune autre, cette -classe complémentaire se lie spontanément à tous les rangs sociaux, qui doivent alternativement y puiser et l'alimenter. Elle devient ainsi

très-propre à développer la réaction générale du prolétariat sur tous les pouvoirs humains. Il y aurait donc autant d'imprévoyance que d'injustice à ne pas la gratifier d'une idéalisalion distincte.

La Femme. Quant au jour complémentaire, je comprends , mon père , pourquoi le positivisme transporte à la fin de notre année la célébration collective que le catholicisme introduisit heureusement envers les morts. Cette touchante commémoration , dont l'interposition eût troublé l'économie normale de notre culte public , en complète dignement l'ensemble et en prépare naturellement le retour annuel. Il convenait que la fête propre du Grand-Être se trouvât précédée par la glorification de ses organes quelconques.

Le jour additionnel des années bissextiles ne m'offre pas plus de difficulté. Mon sexe ne pouvant presque jamais mériter directement une apothéose personnelle et publique, le culte abstrait devait, sans dégénérer en célébration concrète, honorer ainsi l'ensemble des fem.r js dignes de célébration individuelle. On rompiez*' l'idéalisation humaine en glorifiant le bon emploi des diverses aptitudes exceptionnelles que comporte la nature féminine, quand son principal caractère n'en reçoit aucune altération.

Le Prêtre. Puisque vous avez , ma fdle , achevé

226 cATf'CmsMi- positimstl.

spontanéinent la suffisaulo explication de notre culte public , la seconde parité de ce catéchisme se trouve entièrement terminée. Nous devons donc procéder maintenante l'étude du régime , qui constitue directement le but final de toute l'initiation positive , où le dogme, et même le culte, sont seulement préparatoires. Après avoir apprécié le positivisme commi la vraie religion , d'abord de l'ordre, puis de l'amour, il faut enfin y reconnaître aussi la seule religion pleinement convenable c'i l'ensemble du progrès liumain , surtout moral.

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