‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 72 sur 115 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Malgré l'intime sympathie qui constitue la simple association domestique, même réduite au couple fondamental, elle n'est jamais exempte d'une telle nécessité. C'est là qu'on peut le mieux apprécier ce grand axiome : // lï existe point de société sans gouvernement.

Dans l'ordre civique, chaque concours de familles pour un but déterminé fait bientôt surgir un chef pratique dont l'autorité se trouve spontanément limitée par l'ensemble des opérations qu'il peut réellement diriger, soit d'après sa propre aptitude, soit surtout en vertu de ses capitaux. C'est là que réside le véritable pouvoir temporel , également capable de pousser et de retenir suivant les besoins. Toute puissance plus vaste émane nécessairement d'une source spirituelle. Les dififérenls chefs pratiques tendent pourtant à se coordonner entre eux d'après une hiérarchie résultée des relations naturelles de leurs divers travaux. Ce concours spontané institue donc une sorte de gouvernement plus général , mais toujours réduit à sa puissance matérielle, plus propre à résister qu'à diriger. Ses différents membres sont ordinairement incapables de saisir l'ensemble correspondant , malgré la compétence de chacun d'eux envers l'un des systèmes partiels.

La simple solidarité suffirait donc , quand elle s'étend un peu, pour indiquer l'insullisance du pou-

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voir pratique, et le besoin d'une autorité théorique, (jui , s'inlerdisant toute action spéciale , fasse constamment prévaloir l'harmonie générale. Mais la continuité , d'où dépend de plus en plus l'ordre humain , rend cette nécessité pleinement irrécusable. Ces pouvoirs empiriques, en aspirant h diriger le présent , ne connaissent ni le passé qui le domine ni l'avenir qu'il prépare. Aussi leur intervention reste-t-elle aveugle et souvent perturbatrice, quand ils ne la subordonnent point aux conseils théoriques. i:n même temps, rinfluence sacerdotale leur devient indispensable, comme seule capable de consacrer assez leur ascendant matériel , exposé presque toujours à d'envieuses contestations. Chaque consécration consiste à représenter le pouvoir correspondant comme le ministre dune puissance supérieure généralement respectée; Dieu sous le régime provisoire, l'Humanité dans l'ordre définitif. Or, cela suppose toujours, mais surtout envers cet état final, que le présent se rattache dignement au passé et à l'avenir. Le sacerdoce, qui peut seul instituer cette double liaison , devient ainsi le consécrateur nécessaire de tous les pouvoirs humains, sans avoir lui-même besoin d aucune consécration étrangère, puisqu'il est l'organe direct de la suprême autorité.

Voilà d'où procède ce second axiome : Aucune société ne peut se conserver et se développer sans un

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