‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 73 sur 115 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

sacerdoce quelconque. Pareillement ludispensable à tous pour l'éducalion et le conseil, ce pouvoir théorique est seul capable de cousacror les gouvernants et de protéger les gouvernés. Il constitue le modérateur normal de la vie publique, comme la femme celui de la vie privée ; quoique ces deux existences exigent d'ailleurs le concours continu de l'influence morale avec la puissance intellectuelle. Vous pouvez résumer l'ensemble des attributions sociales du sacerdoce en le qualifiant deJuqe, suivant l'expression biblique. Car, son triple office de conseiller, consécrateur, et régulateur s'accomplit toujours en jugeant, c'est-à-dire d'après une appréciation respectée.

La Femme. Le catholicisme m'avait heureusement [ préparée , mon père , à bien concevoir ce principe 1» fondamental , malgré le crédit obtenu par les sophismes protestants et déistes , dirigés , avec un aveugle acharnement, contre la principale construction du moyen âge Mais je ne comprends pas suffisamment pourquoi le positivisme , en consolidant et développant cette grande ébauche , conserve des expressions qui semblent d'abord ne se rapporter qu'à son origine théologique, quoiqu'elles admettent un sens purement naturel. Outre 1'^ juste respect qui dut inspirer cette nomenclature historique, je présume qu'elle repose aussi sur des motifs dogmatiques, quoique je ne les démêle pas.

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Le J'rêtre. Ils résullent surtout, ma fille, du défaut d'homogénéité que présentent ces deux expressions, doni le ct)iilraste rappelle ainsi les deux principaux caractères de la grande division sociale , au lieu de n'en indi(iuer qu'un seul, lui qualifiant de sjjtrituel le pouvoir théorique, ou fait assez sentir que l'autre est purement matériel. Par là se trouve indirectement signalée leur meilleure comparaison sociale, consislaat à les regarder comme disciplinant l'un les volontés et l'autre les actes. Réciproquement, qualifier de temparel le pouvoir pratique, c'est rappeler suflisamment Félernilé qui caractérise le pouvoir théorique. Dès lors , on définit assez leur domaines respectifs; dune part le présent, de l'autre le passé et 1 avenir : l'un institue spécialement la solidarité , l'autre la continuité ; îi l'un appartient surtout la vie objective , à l'autre la vie subjective. Or, ces deux altributs essentiels , simuUauément indiqués par la discordance même des noms usités , concourent à rappeller aussi la dernière opposition des deux pouvoirs humains , quant k leur extension respective. Car, la puissance théorique^ soit comme spiritueiie ou coimine éternelle , comporte spontanément une ■eatière universalité ; tandis que l'autorité pratique, eu tant que matérielle et temporelle , reste nécessairement locale. De ce contraste final résulte leur séparation , aussitôt qu'il est assez développé.

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