TROISIÈME PARTIE
La Femme. Mes anciennes habitudes catlioliques !ue disposent, mon père, à condenser toutes les attributions essentielles du pouvoir spirituel tlans la direction systématique de l'éducation universelle , où sa compétence exclusive devient incontestable.
Le Prêtre. Tel est. en eflfet, ma fille, l'office fondamental du sacerdoce , qui , quand il remplit dignement ce priiicipal devoir, y puise nécessairement une grande influence sur l'ensemble de la vie humaine. Ses autres fonctions sociales constituent seulement la suite naturelle ou le complément indispensable de cette destination caractéristique. La prédication en dvient d'abord un prolongement nécessaire , pour rappeler convenablement les principes de l'harmonie universelle, que l'activité spéciale nous entraîne souvent à méconnaître. C'est aussi d'après cette base que le pouvoir spiriiuel acquiert l'aptitude à consacrer les fonctions et les organes, au nom d'une doctrine unanimement regardée comme devant toujours régler l'existence humaine. U y puise pareillement son influence consult;aive sur tous les actes importants de la vie réelle, privée et publique , où chacun éprouve souvent le besoin de recomir librement aux conseils éclairés et bienveillants des sages qui dirigèrent son initiation systématique. Enfin , l'éducation permet au sacerdoce de
2U(f CATÉCHISME POSITIVISTE.
devenir, d'un commun assentiment , le régulateur normal des connils pratiques, d'après l'égale conliance qu'il inspire naturellement aux supérieurs et aux inférieurs.
La Femme. Je suis ainsi conduite, mon père, à vous demander en quoi consisto. dans le régime positif, cette fonction prépondérante du pouvoir religieux. Déjà je sens que l'éducation doit surtout disposer ù vivre pour autrui, afin de revivre en autrui par autrui, un être spontanément enclin à vivre pour soi et en soi. Cette grande transformation exige rintinie concours de la femme et du prêtre, agissant convenablement sur le cœur et l'esprit. Mais j'ai J)esoin de concevoir avec plus de précision leurs offices respectifs.
Le Prêire. Pour cela, ma fille, regardez d'abord l'éducation proprement dite comme naturellement terminée à l'âge de l'émancipation , où chacun . après avoir reçu le troisième sacrement social, devient enfin un serviteur direct de l'Humanité, qui jusqu'alors dut le tenir en tutelle. Décomposez ensuite cette préparation de vingt et un ans en deux parties essentielles, l'une spontanée, l'autre systématique , dont la seconde dure deux fois moins que la première. Vous distinguez ainsi les dominations successives du sexe affectif et du pouvoir théorique dans l'ensemble de l'initiation humaine, commencée