TROISIÈME PARTIE
blique est d'ailleurs disposée à se diriger de préférence vers ces juges universels, secrètement haïs des patriciens, froidement respectés par les prolétaires, et qui d'ordinaire n'excitent de profondes sympathies que chez 1rs femmes. Enfin , la nature toujours discutable de la foi positive l'empêche de susciter des prestiges capables d'interdire une critique devenue vraiment indispensable.
De quelque vénération que le sacerdoce de l'Humanité se trouve habituellement entouré , elle ne résulte jamais que du suffisant accomplissement d'un office bien défini. Les conditions intellectuelles et morales que le pouvoir spirituel impose à tous au nom de la foi commune peuvent être, au même titre , tournées contre lui quand il y manque.
Si, suivant l'hypothèse la plus fréquente, la prévarication reste partielle, la discipline intérieure du sacerdoce y pourvoit suffisamment. Mais , en cas de négligence, la réparation peut toujours être librement provoquée par un croyant quelconque. La plénitude et la précision qui caractérisent la foi positive permettent à chacun d'exercer spontanément , sous sa propre responsabilité, ce sacerdoce irrégulier, qui devient efficace quand l'opinion le sanctionne. Enfin , si la corruption devenait générale parmi nos prêtres. un nouveau clergé ne tarderait point à surgir d'après les vœux publics, en remplissant mieux les conditions
imposées par une doctrine inaltérable, toujours supérieure à SCS organes quelconques.
La Femme. .Je suis ainsi conduite , mon pC're , à vous prier de compléter cette apprécation générale en ineliquant la constitution propre au sacerdoce positif.
Le Prêtre. Vous sentirez aisément, ma fille, que sa destination fondamentale exige, comme première condition , une renonciation complète l\ la domination temporelle^ et même à la simple richesse. C'est l'engagement initial que doit solennellement contracter tout aspirant au sacerdoce, en recevant, à vingt-huit ans, le sacrement de la destination. Nos prêtres n'héritent même pas de leurs familles, soit afin de se préserver des déviations temporelles, soit pour laisser les capitaux à ceux qui peuvent les utiliser. La classe contemplative doit toujours être collectivement nourrie par la classe active ; d'abord d'après les libres subsides des croyants, puis à Taide du trésor public, quand la foi devient unanime. Elle ne doit donc posséder rien en propre, ni terres, ni maisons , ni même rentes quelconques ; sauf son budget annuel , toujours fixé par le pouvoir temporel. Les vues générales et les sentiments généreux qui doivent constamment distinguer le sacerdoce se trouvent profondément incompatibles avec les idées de détail et les dispositions orgueilleuses propres à