‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 81 sur 115 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

ver à cet égard, la religion positive impose déjà cette condition aux simples vicaires. Ce second grade, qui conduit toujours au troisième , sauf avortement exceptionnel, procure un traitement annuel de six mille francs.

Pendant les sept années qui le séparent du sacerdoce complet, chaque vicaire a professé tous les degrés encyclopédiques, et suffisamment exercé ses talents de prédication. Alors il devient un véritable prêtre, et peut remplir, chez les familles ou dans les cités, le triple office de conseiller, consécrateur. et régulateur, qui caractérise socialement le clergé positif. En cet état définitif, son traitement annuel s'élève à douze mille francs, plus les indemnités de tournée diocésaine.

Chaque presbytère philosophique se compose de sept prêtres et de trois vicaires, dont le:> résidencet> peuvent toujours changer, quoique ces déplacements ne doivent jamais s'opérer que d'après des motifs vraiment graves. Le nombre de ces collèges sacerdotaux est de deux raille dans l'ensemble de l'Occident : ce qui fait correspondre un fonctionnaire spirituel à six mille habitants ; d'où cent mille pour la terre entière. Quelque faible que paraisse une telle proportion, elle suffit réellement à tous les services, d'après la nature d'une doctrine qui rarement exige des explications systématiques, presque

toujours remplacées par l'iiïtervention spontanée des cnmics et des prolétaires. Il importe de restreindre autant que possible l;i corporation sacerdotale, soit afin d'éviter les dépenses superflues, soit surtout pour que le clergé soit mieux composé.

La Femme. Dans une telle indication, je ne vois pas, mon père, la tête qui doit régir ce vaste corps.

Le l'rèlre. Quoique sa doctrine et sonoflice tendent, ma fille, à le diriger spontanément sous l'assistance de l'opinion publique, il exige, en effet, un chef général. Ce suprême pouvoir appartient au Grand Prêtre de riiumcinité, qui résidera naturellement dans la métropole parisienne de l'Occident régénéré. Son traitement personnel est quintuple de celui des prêtres ordinaires, outre les frais matériels qu'exigera son immense service.

Il gouverne seul tout le clergé positif, en instituant, déplaçant, et même révoquant, sous sa responsabilité morale, ses membres quelconques. Sa principale sollicitude consiste à maintenir l'intégrité du caractère sacerdotal contre les diverses séductions temporelles. Tout prêtre servile ou séditieux, qui prétendrait à la domination politique en flattant le patriciat ou le prolétariat , serait finalement exclu du sacerdoce, sauf à figurer exceptionnellement parmi ses pensionnaires, s'il avait assez de mérite théorique.

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Pour l'ensemble de ses attributions, le chef suprême du positivisme occidental se trouve assisté par quatre supérieurs nationaux, dont le traitement •

est moitié moindre que le sien. Ils régissent respectivement, sous sa direction, les quatre classes d'églises italiennes, espagnoles, germaniques^ et britanniques. Quant à la France, le Grand Prêtre y tient lieu de supérieur national, quoiqu'il puisse d'ailleurs émaner de l'une quelconque des cinq populations positivistes. Son remplacement normal s'accomplit, comme dans Tordre temporel, d'après sa propre désignation, mais sanctionnée ici par l'assentiment unanime des quatre chefs partiels, et même, en cas de partage, suivant le vœu des deux mille doyens presbytériaux.

La Femme. A la fin du précédent entretien, je kecvième ne vous ai pas demandé, mon père, quel serait l'ob- ENTRETIEN. jet propre de chacune des deux autres conférences —

sur le régime. Je sentais assez que les deux moitiés ^^^^^^ ■'"'^' • du domaine pratique de notre religion doivent offrir les mêmes divisions essentielles, toujours tirées de l'existence qu'elles doivent respectivement idéaliser et conduire. L'étude du culte m'indiquait donc le plan qui convient à celle du régime, d'abord privé, puis public. Envers celui qui nous occupe aujourd'hui, je conçois aussi que vous allez y distinguer

pareillement l'existence personnelle et la vie domestique.

J.e Prêtre. Pour la première, qui devient la base normale de toute la conduite humaine, la régénération positive consiste surtout, ma fille, à l'instituer socialement. Cette transformation radicale, toujours interdite au théologisme, surtout monothéique, mais constamment pressentie et réclamée de plus eu plus par l'instinct public, ne résulte maintenant d'aucune exagération sentimentale. Elle repose uniquement sur une exacte appréciation de la réalité, qui, dans l'ordre humain, plus synthétique qu'aucun autre, concerne lensemble avant les parties.

Quoique chaque fonction humaine s'accomplisse nécessairement par un organe individuel, sa vraie nature est toujours sociale ; puisque la participation personnelle s'y subordonne constamment au concours indécomposable des contemporains et des prédécesseurs. Tout en nous appartient donc à l'Humanité; car tout nous vient d'elle, vie, fortune, talent, instruction, tendresse, énergie, etc. Unpoëte. qui ne fut jamais soupçonné de tendance subversive, fit proclamer par Titus cette sentence décisive, vraiment digne d'un tel organe :

So che tutto è (Ji tutti ; e^ chejiè puj;^ Di nascer meritô chi d' esser nalo Crede solo per se.

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