‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 12 sur 101 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

Le progrès se réalise dans et par l'individu, mais il est supérieur à l'individu et ne s'explique point par lui. La société, définie par le progrès, n'est donc pas une collection mais un être. La famille, la patrie sont des êtres; mais aujourd'hui, la solidarité s'étendant à tous les peuples, le Grand- Etre existe, — celui au-dessus duquel il ne peut pas y en avoir en cette terre de plus grand, c'està-dire de plus riche en attributs. Sa réalité est positive ; elle surgit puissamment dans toutes les productions morales, intellectuelles et matérielles de l'individu-

Le progros n'est pas fatal. Or, en formulant ceci, nous découvrons un des traits les plus caractéristiques de la doctrine. Deux considérations s'unissent, en effet, dans l'esprit de Comte. S'il aperçoit dans toute son étendue le flot social qui baigne l'individu, qui le soulève, qui l'emporte, en même temps il a le sentiment très vif de l'indépendance et de la responsabilité individuelles. Puissance de la société, mais nécessité pour la société de la vie intérieure qui s'accomplit dans les consciences, à ces deux faits il donne une égale importance.

Il répète avec insistance que le Grand Être résulte d'un libre concours et suppose une libre adhésion du cœur. Ce disant, il ne pense pas à une liberté métaphysique, indépendante de l'ordre de la nature. Il maintient au contraire que l'indi-

Page 1