INTRODUCTION XIX
vidu s'explique par les lois biologiques et sociologiques; sa théorie de la morale, c'est-à-dire de la psychologie individuelle, exposée dans le Catt' chisme^ est décisive à cet égard. Il entend seulement que le progrès ne s'impose pas à l'individu malgré lui et qu'il ne se produit pas sans le concours de sa volonté. L'humanité a besoin des etîbrts de ses membres. Elle ne subsiste et ne se développe que si, dans chaque génération vivante, elle trouve des serviteurs qui se travaillent pour recevoii, accroître, transmettre aux successeurs l'héritage des morts. Elle est la ligue des bonnes volontés, et l'égoïste ne fait pas plus partie de l'humanité que le parasite de l'organisme où il subsiste.
L'assistance que l'individu trouve dans l'humanité est immense, car elle s'accumule et grandit depuis le commencement des générations. Le Grand-Etre est notre Providence, notre triple Providence affective, intellectuelle, matérielle. Mieiix que le Dieu théologique, il répond aux besoins religieux.
Comte analyse en effet les sentiments que la foi positive doit exciter nécessairement. Le premier dogme de cette foi est celui des lois naturelles. Nous apercevons toutes les existences, y compris la nôtre, soumises à d'inéluctables fatalités. Cette représentation amortit l'essor de notre orgueil et de notre égoïsme. Humilité, résignation, voilà les sentiments préliminaires de la reli-