INTRODUCTION XXI
rapproche évidemment des religions antérieures. Elle est le trait le plus accentué de cette ressemblance qui frappe tous ceux qui étudient le Gomtisme, et qui a fait dire à Huxley ce mot, résumant l'impression générale : « le Positivisme, c'est le Catholicisme sans Christianisme ».
Il est de fait que l'attitude de Comte à l'égard des religions théologiques s'est modifiée au cours de sa double carrière. On aperçoit aisément que ces modifications ne sont pas intellectuellement contingentes et qu'elles se lient au développement même du système. D'abord il n'attribuait aux religions théologiques d'autre rôle utile que d'avoir établi des opinions communes et opéré tant bien que mal l'unité des esprits. La sociologie lui lit comprendre qu'elles avaient rempli une fonction autrement grave, celle de réaliser l'unité des cœurs en entretenant et développant des sentiments qui sont la condition éternelle de l'Humanité. Il reconnut à leurs cultes une utilité peut-être égale, peutêtre même supérieure à celle de nos sciences. Il vaut autant prier théologiquement que raisonner scientifiquement sans prière intérieure.
Il y a donc, là, assimilation d'éléments anciens par le Positivisme. Mais cette assimilation ne va pas sans transformations profondes. Dans les religions théologiques, le culte a pour but d'agir sur les événements par l'intermédiaire des volontés divines; il est le moyen pour guérir ou devenir