‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 22 sur 101 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

prêtres théologiques se rapprocher des chefs militaires. Dans ces conditions, le principe de la liberté de conscience est nécessaire pour établir la paix et prévenir le fanatisme. Il n'en est pas moins anarchique, puisqu'il maintient la diversité et la contrariété.

Mais dans les sciences, les hommes, en possession de méthodes et de principes communs, obtiennent des vérités. Ce sont les spécialistes qui les découvrent et les incompétents se fient spontanément à eux ; ils acceptent que les opinions contraires soient des erreurs, qu'elles n'aient aucun droit à être et qu'on les refuse, par exemple, dans les examens et les concours.

Le principe de la liberté de conscience n'a donc plus d'emploi, ni même de sens dès que les sciences ont conquis un nouveau domaine, et le considérer comme un principe éternel en politique et en morale, c'est vouloir qu'on ne possède jamais dans ces matières une doctrine commune.

Seulement les sciences n'imposent leurs vérités que du dedans, sans moyens extérieurs. L'accord qu'elles opèrent chez les spécialistes suffit à obtenir la libre adhésion des incompétents. Elles éliminent la liberté de conscience mais en éliminant, du même coup, toute contrainte faite aux consciences. Et pour ne pas gêner ni altérer en rien cette action décisive, en laquelle il met toute sa confiance. Comte proscrit rigoureusement, avec

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