XXXII INTRODUCTION
tout le relatif par l'absolu. 11 nous a appris que| la morale et la politique doivent varier avec Tétat j delà civilisation. Elles supposent donc une science! qui nous fasse comprendre révolution humaine et les besoins essentiels qui surgissent de chacune de ses phases.
Le principe générateur de cette philosophie de rhistoire est qu'il y a une évolution nécessaire, qui résulte du rapport de ces deux termes : la na ture humaine, d'une part, et, de l'autre, le mono physique et vital tel qu'il est primitivement donné. Il était impossible que, mise en présence des choses, l'intelligence ne commençât point par le fétichisme pour passer ensuite au polythéisme, au monothéisme, à la métaphysique et que l'activité n'ait pas d'abord pour mode la guerre offensive, puis la guerre défensive, avant de se résoudre dans le travail.
Comte suit par la pensée cette double série sous toutes les grandes transformations historiques. Celles-ci lui apparaissent alors comme étant, en grandes parties du moins, inévitables et indispensables^ elles ne peuvent pas ne pas se reproduire et elles répondent aux exigences de la situation.
Mais cette évolution a un sens. Elle réalise peu à peu toutes les préparations intellectuelles, politiques, morales qu'il faut au Positivisme. Or maintenant, pour l'Occident, les temps sont venus. L'extension de la science à tous les ordres, les
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progrès de l'industrie, ceux de la sociabilité, la critique enfin achevée des croyances et des institutions anciennes, Tanarchie croissante, toutes les conditions positives et négatives sont réunies pour créer à la fois la possibilité et le besoin de la religion nouvelle. C'est en vain que les partis rétrogrades tentent de galvaniser le cadavre de la théologie et le cadavre de la guerre. Le règne de Tune et de Talitre est désormais impossible tandis que l'avènement du positivisme est nécessaire.
Le Positivisme est présenté par Comte à la fois comme relatif aux conditions qui le rendent maintenant nécessaire et comme définitif. Rien de contradictoire dans cette double affirmation. Il ne faut pas, en effet, perdre de vue que l'évolution s'est produite parce que l'esprit positif travaillait en elle dès le début. C'est lui qui a transformé le fétichisme en polythéisme, le polythéisme en monothéisme, pour s'épanouir enfin dans la science ; lui, qui a substitué l'industrie à la guerre. Or pourquoi donc, à chaque étape, la victoire lui est-elle restée sur les autres modes de penser et d'agir? Evidemment parce que, chaque fois, l'humanité acquérait un plus grand pouvoir d'atteindre ses fins, tandis que les modes contraires étaient pour elle des sources de division et de faiblesse. Le Positivisme est définitifs non en raison de son rapport à une vérité absolue, mais à cause de son efficacité. Il sera l'état définitif qui clôt l'histoire.