Voir Introduction, p. xxx
malheureusement supposer, comme les phases précédentes, une dernière crise violente. Une fois obtenu, son avènement empirique doit déterminer bientôt la paisible évolution du triumvirat systématique qui caractérise le dictature temporelle représentée, dans le coûts ci-dessus indiqué, comme propre à la transition organique ^ Mais, sans attendre ces deux nouvelles phases de l'empirisme révolutionnaire, la situation dictatoriale permet déjà la propagation directe des méditations régénératrices. La liberté d'exposition qu'elle procure spontanément à tous les vrais constructeurs, en brisant enfin la vaine domination des parleurs, devait spécialement m'invitera diriger immédiatement les pensées féminines et prolétaires vers la rénovation fondamentale.
Ce travail épisodique, en fournissant dignement une base systématique à l'active propagation du positivisme, seconde nécessairement ma construction principale, en amenant la religion nouvelle vers son vrai milieu social. Quelque solides que soient les fondements logiques et scientifiques de la discipline intellectuelle qu'institue la philosophie positive, ce régime sévère est trop antipathique aux esprits actuels pour prévaloir jamais sans l'irrésistible appui des femmes et des prolétaires. Sa nécessité ne peut être sainement appréciée que dans cette double masse sociale, qui, étrangère à toute prétention doctorale, peut seule imposer à ses
1. La dictature normale doit résider chez les trois « principaux banquiers respectivement liés à Fagriculture, à la fabrication, au commerce ».
Mais pendant la transition le triumvirat doit être exceptionnelletnent choisi dans le prolétariat. (Voir Rapport de Littré à la Société Positiviste^ déposé le 2 août 1848.)
chefs systématiques les conditions encyclopédique qu'exige leur office social *. C'est pourquoi je n'ai pii du craindre de populariser ici des termes philosophique vraiment indispensables, que le positivisme n'a poiiiî introduits, mais dont il a systématisé la conception et développé l'usage. Tels sont surtout deux couples essentiels de formules caractéristiques, d'abord statïqtie ei dipiamique^ ensuite ohjeciif et subjectif^ ^ sans lesquelles mon exposition ne pouvait devenir suftisante. Quand ces termes sont une fois définis convenablement, surtout d'après une acception invariable, leur judicieux emploi facilite beaucoup les explications philosophiques, au lieu de les rendre moins intelligibles. Je n'hésite point à consacrer ici des expressions que la religion positive doit faire déjà passer dans la circulation universelle, vu la haute importance de leur usage intellectuel, et même moral.
Ainsi conduit à composer un véritable catéchisme pour la Religion de l'Humanité, je dus d'abord examiner systématiquement la forme dialogique toujours adoptée envers de telles expositions. Je ne tardai point à y rencontrer un nouvel exemple de cet heureux instinct d'après lequel la sagesse pratique devance souvent les saines indications théoriques. Venant de construire
1. Les prêtres. Encore dans l'opuscule sur l'Esprit Positif, Comte n'attend le succès du Positivisme que des prolétaires. C'est dans le Discours surTensemble du Positivisme qu'il ajoute les femmes aux prolétaires. Aux prolétaires le Positivisme convient par son double caractère de réalité et d'utilité, aux femmes par l'ascendant qu'il donne au cœur sur l'esprit.