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2. Cf. « L'éducation universelle ne nous rend d'abord plus sym- « pathiques et ensuite plus synthétiques que pour nous prépa- « rer dignement à être plus synergiques. » {Pol. Pos., II, 29.)
La sympathie est l'union des cœurs ; la synthèse, d'ordre intellectuel, est à la fois l'harmonie de l'esprit individuel avec luimême et avec les autres; la synergie est la « convergence » de l'activité.
Comte a cru d'abord que la synergie supposait seulement la synthèse ; il a compris plus tard que la synthèse avait elle-même pour condition la sympathie.
Opuscule décisif, il convient davantage aux femmes, surtout illettrées. Elles seules peuvent assez comprendre la prépondérance que mérite la culture habituelle du cœur, tant comprimée par la grossière activité, théorique et pratique, qui domine TOccident moderne. C'est uniquement dans ce sanctuaire qu'on peut aujourd'hui trouver la digne soumission d'esprit qu'exige une régénération systématique. Pendant les quatre dernières années, un déplorable exercice du suffrage universel a profondément vicié la raison populaire, jusqu'alors préservée des sophismes constitutionnels et des complots parlementaires, concentrés chez les riches et les lettrés. Développant un aveugle orgueil, nos prolétaires se sont crus ainsi dispensés de toute étude sérieuse pour décider les plus hautes questions sociales. Quoique cette dégénération soit beaucoup moindre chez les occidentaux du Midi, que la résistance catholique abrita contre la métaphysique protestante ou déiste, des lectures négatives commencent à l'y trop propager. Je ne vois partout que les femmes, qui, d'après leur salutaire exclusion politique, puissent m'offrir un point d'appui suffisant pour faire librement prévaloir les principes d'après lesquels les prolétaires deviendront enfin capables de bien placer leur confiance théorique et pratique.
La profonde anarchie des intelligences motive d'ailleurs cet appel spécial de la religion positive au sexe affectif, en rendant plus nécessaire que jamais la prépondérance du sentiment, qui maintenant préserve seul la société occidentale d'une entière et irréparable dissolution. Depuis la fin du moyen âge, c'est uniquement l'intervention féminine qui contient secrètement les ravages moraux propres à l'aliénation mentale vers la-
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quelle tendit de plus en plus TOccident, et surtout son centre français. Ce délire chronique étant désormais à son comble, puisque aucune maxime sociale ne surmonte une discussion corrosive, les sentiments soutiennent seuls l'ordre occidental. Mais eux-mêmes se trouvent déjà fort altérés d'après les réactions sophistiques, toujours favorables aux instincts personnels, qui d'ailleurs ont plus d'énergie.
Parmi les trois penchants sympathiques propres à notre vraie constitution cérébrale \ les deux extrêmes sont très affaiblis, et le moyen presque éteint, chez la plupart des hommes qui maintenant participent activement à l'agitation occidentale. En pénétrant au sein des familles actuelles, on voit combien l'attachement conserve peu de force dans les relations qui doivent le développer le mieux. Quant à la bonté générale, tant prônée aujourd'hui, elle indique davantage la haine des riches que l'amour des pauvres. Car la philanthropie j moderne exprime trop souvent une prétendue bienveillance avec les formes propres à la rage ou à l'envie. \ Mais le plus usuel des trois instincts sociaux, comme offrant la seule base directe de toute vraie discipline humaine, est encore plus altéré que les deux autres. Cette dégénération, sensible surtout parmi les lettrés et les riches, s'étend même chez les prolétaires, à moins qu'une sage indifférence ne les détourne du mouvement politique.
La vénération peut cependant persister au milieu des plus grands égarements révolutionnaires, dont elle fournit spontanément le meilleur correctif. J'en fis jadis répreuve personnelle, pendant la phase profondément '