Attachement, vénération, bonté
négative qui dut précéder mon essor systématique. Alors Tenthousiasme me préserva seul d'une démoralisation sophistique, quoiqu'il m'exposât spécialement aux séductions passagères d'un jongleur superficiel et dépravée La vénération constitue aujourd'hui le signe décisif qui caractérise les révolutionnaires susceptibles d'une véritable régénération, quelque arriérée que soit encore leur intelligence, surtout parmi les communistes illettrés.
Mais, quoique ce précieux symptôme se vérifie maintenant chez l'immense majorité des négativistes, il manque certainement à la plupart de leurs chefs, sous une anarchie qui fait partout prévaloir temporairement les mauvaises natures. Ces hommes vraiment indisciplinables exercent, malgré leur petit nombre, une vaste influence, qui dispose à la fermentation subversive tous les cerveaux dépourvus de convictions inébranlables. Envers cette peste occidentale, il ne peut maintenant exister d'autre ressource habituelle que le mépris des populations ou la sévérité des gouvernements. Mais la doctrine qui seule régularisera cette double garantie ne saurait d'abord comporter d'autre appui décisif que le sentiment féminin, bientôt assisté par la raison prolétaire.
Sans la digne intervention du sexe affectif, la discipline positive ne parviendrait point à refouler aux derniers rangs ces prétendus penseurs qui tranchent en sociologie quoiqu'ils ignorent l'arithmétique. Car, le peuple, partageant encore, à beaucoup d'égards, leurs vices principaux, reste incapable jusqu'ici de seconder le nouveau sacerdoce contre ces dangereux parleurs. Je
!. Saint-Simon (cf. Pol. Pos., III, 25).
ne puis, du moins, espérer immédiatement un concours collectif que chez les prolétaires demeurés étrangers à nos débats politiques, quoique spontanément attachés, comme les femmes elles-mêmes, au but social de la grande révolution. Tel est le double milieu préparé pour ce catéchisme.
Outre les motifs généraux qui doivent ici diriger vers les femmes ma principale attention, je fus, depuis longtemps, conduit à faire surtout dépendre d'elles Tavènement décisif de la solution occidentale indiquée par Tensemble du passé.
D'abord, il serait absurde de prétendre terminer sans elles la plus complète des révolutions humaines, tandis qu'elles participèrent profondément à toutes les rénovations antérieures. Leur répugnance instinctive envers le mouvement moderne suffirait pour le rendre stérile, si elle était vraiment invincible. C'est de là que procède, au fond, l'étrange et funeste anomalie qui impose des chefs rétrogrades à des populations progressives, comme si l'idiotisme et l'hypocrisie devaient fournir les garanties officielles de l'ordre occidental. Jusqu'à ce que la religion positive ait assez surmonté ces résistances féminines, elle ne pourra point développer suffisamment, envers les principaux partisans des diverses doctrines arriérées, la réprobation décisive que mérite leur infériorité mentale et morale.
Ceux qui nient maintenant l'existence naturelle des affections désintéressées deviennent justement suspects de ne repousser, à cet égard, les démonstrations de la science moderne que d'après l'imperfection radicale de leurs propres sentiments. Ne poursuivant le moindre bien que sous l'appât d'une rétribution infinie ou parla crainte d'un éternel supplice, leur cœur se montre
aussi dégradé que Test évidemment leur esprit, vuTabsurdité de leurs croyances. Pourtant, la tacite adhésion des femmes confie encore la direction oflicielle de rOccident à ceux que de tels caractères feront sagement exclure de toute fonction supérieure, quand le positivisme aura dignement systématisé la raison publique.
Mais la Religion de THumanité privera bientôt la rétrogradation de cet auguste appui que lui conserve seule une juste horreur de Tanarchie. Car, malgré des préventions empiriques, les femmes sont très disposées à bien apprécier l'unique doctrine qui puisse aujourd'hui concilier radicalement Tordre et le progrès. Elles reconnaîtront surtout que cette synthèse finale, quoique embrassant toutes les faces de notre existence, fait mieux prévaloir le sentiment que la synthèse provisoire qui lui sacrifiait Fintelligence et l'activité. Notre philosophie devient pleinement conforme à l'esprit féminin, en terminant l'échelle encyclopédique par la morale^, qui, comme science et comme art, constitue nécessairement l'étude la plus importante et la plus difficile, résumant et dominant toutes les autres. Développant enfin le sentiment chevaleresque, comprimé jadis par les conflits théologiques, le culte positif érige le sexe ajffectif en providence morale de notre espèce. Chaque digne femme y fournit habituellement la meilleure représentation du vrai Grand-Etre. Systématisant la famille, comme base normale de la société, le régime correspondant y fait dignement prévaloir l'influence féminine, devenue enfin le suprême arbitre privé de l'éducation universelle. A tous ces titres, la vraie reli-