‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 42 sur 101 · DEUXIÈME ENTRETIEN ENSEMBLE DU DOGME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ENTRETIEN ENSEMBLE DU DOGME

La Femme. D'après notre entretien préliminaire, je me sens effrayée, mon père, de ma profonde insuffisance envers la haute exposition que vous allez commencer. Puisque le dogme de la religion universelle consiste dans la philosophie positive, mon intelligence me semble trop faible, ou du moins trop peu préparée, pour en comprendre assez Texplication, quelque simple que vous puissiez la rendre. Je n'apporte ici qu'une pleine confiance, un respect sincère, et une active sympathie envers la doctrine qui paraît, après tant de vaines tentatives, propre à surmonter enfin l'anarchie moderne. Mais je crains que ces dispositions morales ne suffisent pas pour me permettre d'aborder avec succès une étude aussi difficile.

Le Prêtre. Vos inquiétudes exigent, ma fille, quelques réflexions préalables, qui, j'espère, vous rassureront bientôt. Il ne s'agit ici que d'accomplir, envers

la religion nouvelle, une exposition générale équivalente à celle qui vous initia jadis au catholicisme. La nature mieux intelligible d'une doctrine toujours démontrable doit même, outre la présente maturité de votre raison, vous rendre cette seconde opération plus facile que la première. Rappelez-vous d'ailleurs l'admirable maxime que notre grand Molière fît proclamer par rhomme de goût de son dernier chef-d'œuvre :

Je consens qu'une femme ait des clartés de toul^

et notez aussi que le Je consens d'alors deviendrait maintenant II convient.

Au fond, le domaine intellectuel du sacerdoce fut toujours le même que celui du public, sauf la diversité de culture, systématique d'un côté, purement spontanée de Tautre. Cette identité essentielle, sans laquelle on ne concevrait aucune harmonie religieuse, devient à la ; fois plus directe et plus complète dans le positivisme i qu'elle ne put jamais l'être sous le théologisme. Le j| véritable esprit philosophique consiste, en effet, comme |l le simple bon sens, à connaître ce qui est, pour pré- | voir ce qui sera, afin de l'améliorer autant que possible. Un des meilleurs préceptes positivistes proclame même vicieuse, ou du moins prématurée, toute systématisation qui n'est point précédée et préparée par un suffisant essor spontané 2. Cette règle résulte aussitôt j

Page 1