‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 44 sur 101 · Les grandes pensées viennent du cœur · texte numérisé non relu

Les grandes pensées viennent du cœur

de persoimages fort illettrés. N'avez-vous pas quelquefois trouvé, chez de tels esprits, plus de véritable aptitude que chez la plupart des docteurs? Aujourd'hui plus que jamais, rinstruction n'est vraiment indispensable que pour construire et développer la science, dont Tensemble doit toujours être institué de manière ^ à devenir directement accessible à toutes les saines wtelligences. Sans cela, nos meilleures doctrines dé^; néreraient bient(5t en mystifications dangereuses : cette ; déviation propre aux théoriciens quelconques ne peut | s'y contenir assez que d'après une digne surveillance^»! du public des deux sexes.

La Femme. Encouragée par votre préambule, je vous prie, mon père, de commencer l'exposition systéma-tique du dogme positif par une explication plus directe^ et plus complète de son principe universel. J'ai déjà î compris que votre conception du vrai Grand-Etre résume nécessairement l'ensemble de l'ordre réel, non seulement humain, mais aussi extérieur. C'est pourquoi j'éprouve le besoin d'une détermination plus nette et plus précise envers cette unité fondamentale du positivisme.

Le Prêtre. Pour y parvenir, vous devez, ma fille,, définir d'abord l'Humanité comme Vensemble des êtres!< humains, passés, futurs et présents. Ce mot ensemble^ vous indique assez qu'il n'y faut pas comprendre tous les hommes, mais ceux-là seuls qui sont réellement assimilables, d'après une vraie coopération à l'existence*! commune^. Quoique tous naissent nécessairement enfants de l'Humanité, tous ne deviennent pas ses serviteurs, et beaucoup restent à l'état parasite qui ne fuip

1. Voir, pour l'idée d'Humanité, Introductioii, p. xvi et suiv.

excusable que pendant leur éducation. Les temps anarchiques font surtout pulluler, et trop souvent fleurir, ces tristes fardeaux du véritable Grand-Etre. Plus d'un vous a rappelé Fénergique flétrissure d'Arioste après Horace :

Venuto al mondo sol perfar letame ^ ; et, mieux encore, l'admirable réprobation de Dante : Ghe visser senza infamia e senza Iode

Gacciarli i ciel per non esser men belli. Ne lo profondo inferno li riceve, Gh'alcuna gloria i rei avrebber d'elli.

Non ragioniam di lor, ma guarda e passa^.

Vous voyez ainsi que, à cet égard comme à tout autre, Tinspiration poétique devança beaucoup la systématisation philosophique. Quoiqu'il en> soit, si ces producteurs de fumier ne font vraiment point partie de l'Humanité, une juste compensation vous prescrit de joindre au nouvel Etre-Suprême tous ses dignes auxiliaires animaux. Toute utile coopération habituelle aux destinées humaines, quand elle s'exerce volontairement,

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