‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 52 sur 101 · OKDHE HUMAIN, D ABORD SOCIAL, PUIS MORAL 14J · texte numérisé non relu

OKDHE HUMAIN, D ABORD SOCIAL, PUIS MORAL 14J

maine dépendent davantage du concours des généra- Itions successives que de celui des familles coexis- Itantes. Loin d'être radicalement défavorable à Tessor intellectuel et moral, cette prépondérance continue de la vie pratique doit donc fournir la meilleure garantie de notre unité, en procurant à Tesprit et au cœur une ! direction déterminée et une destination progressive. Sans cette impulsion universelle, nos meilleures dispositions mentales, et même morales, dégénéreraient bientôt en tendances vagues et incohérentes, qui n'aboutiraient à aucun progrès, privé ou public.

Toutefois, la source, nécessairement personnelle, d'une telle activité doit d'abord lui imprimer un caractère profondément égoïste, que peut seule rendre altruiste la transformation graduelle résultée de l'essor collectif. C'est pourquoi la constitution générale de l'ordre social ne serait point assez appréciée si l'on n'y décomposait pas la classe active en deux éléments toujours distincts et souvent opposés ^ Ils doivent spécialement développer, l'un l'impulsion pratique, avec la personnalité que suppose sa principale énergie, l'autre la réaction sociale qui l'ennoblit de plus en plus.

Pour cette décomposition indispensable, il suffit de diviser la force active en concentrée et dispersée, suivant qu'elle résulte de la richesse ou du nombre.

Quoique la première ne puisse être qu'indirecte, elle prévaut ordinairement, et même de plus en plus, comme représentant la continuité, tandis que la seconde correspond à la solidarité. Car, les trésors matériels que l'Humanité confie aux riches proviennent sur-

1. D'un côté, les patriciens dirigeant l'agriculture, le commerce, la fabrication, la banque; de Faulre, les prolétaires.

142 CATÉCHISiME POSITIVISTE

tout d'une longue accumulation antérieure, malgré U besoin permanent de la rénovation partielle qu'exig( leur consommation nécessaire. Toute forte impulsioi pratique émane donc du patriciat où résident ce^ puissants réservoirs nutritifs, dont la principale efficacité sociale résulte de leur concentration personnelle. \ C'est ainsi que la propriété matérielle est directement! consacrée par la religion positive, coir.me la condition ' fondamentale de notre activité continue, et dès lors la base indirecte de nos plus éminents progrès ^

Le second élément pratique, sans lequel le premier i deviendrait illusoire, consiste dans le prolétariat, qui jj constitue le fond nécessaire de toute population. Ne j' pouvant acquérir Pinfluence sociale que par Tunion, il tend directement à développer nos meilleurs instincts. Sa propre situation attire sans cesse son attention principale vers les règles morales d'une économie dont 1 il supporte spécialement les perturbations. Naturellement dégagé de la grave responsabilité et des préoc-

1. Le positivisme prétend concilier ou plutôt « absorber » le communisme et l'économie orthodoxe.

Avec le communisme il reconnaît le caractère social de la pro- j priété : « L'exercice de la propriété ne doit jamais être indi-i « viduel ». La communauté doit « y intervenir pour le subordon- « neraux besoins sociaux ». 11 faut môme dire que dans le régime normal « tout appartient au Grand-Être qui confie ses trésors i « à ses ministres afin de faire nourrir ses agents » {Politique Positive, IV, 340}. j

Mais le communisme est subversif pour deux raisons : 1** il méconnaît la distinction, existant en fait parce que nécessaire, d'un patriciat qui commande et d'un prolétariat qui obéit; 2** il 1 méconnaît la force de l'intérêt individuel comme source de pro- H grès économique. (Cf. Pol. Pos., I, 152 et suiv.)

La propriété individuelle est donc nécessaire : l*" pour assurer V autorité des patriciens; elle leur permet de commander; 2* pour , que le capital social (instruments et provisions) au lieu de se disperser et de se dissiper, soit consacré au progrès économique.

Page 1