Voir Introduction^ p, xviii
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limites d'extension très inférieures à ce qui prévaut aujourd'hui.
Au moyen âge, la séparation ébauchée entre Tassociation religieuse et Fassociation civile permit de substituer déjà la libre incorporation des peuplesoccidentaux à l'incorporation forcée que leur procura d'abord la domination romaine. L'Occident offrit ainsi, pendant plusieurs siècles, l'admirable spectacle d'une union toujours volontaire, uniquement fondée sur une foi commune, et maintenue par un même sacerdoce, entre [les nations dont les divers gouvernements avaient toute ['indépendance convenable. Mais ce grand résultat politique ne pouvait survivre à l'émancipation prématurée d'un pouvoir que la religion positive doit seule convenablement instituer et affranchir irrévocablement. Le déclin nécessaire du catholicisme rétablit la concentration temporelle, devenue alors indispensable pour empêcher rentière dislocation politique à laquelle on était poussé par la dissolution croissante des liens religieux. C'est ainsi que, malgré les mœurs du moyen âge, dont les traces sont encore sensibles, les Occidentaux laissèrent partout former des Etats beaucoup trop vastes. Les motifs politiques de cette exhorbitante extension ayant déjà cessé suffisamment, on commence à sentir, même en France, les dangers radicaux et aussi la prochaine terminaison d'une telle anomalie. Mais la religion positive réduira bientôt ces monstrueuses associajtions, rétendue normale qui dispensera d'employer à la polence pour maintenir l'union temporelle entre des lations susceptibles seulement de liens spirituels. Telle era l'application prochaine du principe statique qui rige en organe politique du Grand-Être la simple cité complétée par les populations moins condensées qui s'y
rattachent librement. Le sentiment patriotique, maintenant si vague et si faible d'après sa diffusion exagérée, pourra dès lors développer dignement toute l'énergie que comporte cette concentration civique. Mais Tunion habituelle des grandes cités deviendra plus réelle et plus efficace en prenant le caractère normal d'un concours volontaire. La foi positive fera convenablement sentir la solidarité, et même la continuité, qui doivent finalement régner entre toutes les régions quelconques de la planète humaine.
La Femme. D'après Tensemble de vos indications sur ; la théorie de la société, je me sens, mon père, assez i préparée maintenant pour m'asseoir enfin au sommet j de l'édifice encyclopédique dont vous m'avez fait successivement apprécier chaque étage. Quoique la science i morale doive être la plus difficile de toutes, sa culture ] empirique est trop familière à mon sexe pour qu'il i«| puisse s'en effrayer autant que des autres. Je suis donC'l satisfaite d'arriver convenablement à l'étude systématique de l'homme individuel.
Le Prêtre. En effet, ma fille, ce terme nécessaire de toute la préparation encyclopédique peut seul remplir l'esprit comme le cœur. La science morale est plus synthétique qu'aucune autre, et sa connexité directe avec la pratique y consolide cet attribut naturel. C'est uni- j quement là que tous les aspects abstraits se rcunissent 1 spontanément pour construire le guide général de la raison concrète. Depuis Thaïes jusqu'à Pascal, chaque j vrai penseur cultivait à la fois la géométrie et la morale '<| par un secret pressentiment de la grande hiérarchie qui devait enfin les combiner. Le nom de petit monde que les anciens donnaient à l'homme indiquait déjà combien son étude paraissait propre à condenser toutes les
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autres. Elle constitue naturellement la seule science qui puisse être vraiment complète, sans écarter aucun point de vue essentiel, comme le fait nécessairement chacune de celles qui lui servent de base. Car, en considérant celles-ci comme déterminant les lois correspondantes de l'homme, elles n'y parviennent qu'en négligeant à dessein toutes les propriétés supérieures à leurs domaines respectifs, où elles incorporent seulement les attributs inférieurs. Par ces abstractions décroissantes, l'esprit théorique se trouve assez préparé pour aborder enfin l'unique étude qui ne l'oblige plus à rien abstraire d'essentiel dans l'objet commun de nos diverses spéculations réelles. C'est seulement ainsi que la méditation masculine s'unit irrévocablement à la contemplation féminine, pour constituer l'état final de la raison humaine. La cosmologie établit d'abord les lois de la simple matérialité. Puis, la biologie construit sur cette base la théorie de la vitalité. Enfin la sociologie subordonne à ce double fondement l'étude propre de 1 existence collective. Mais, quoique cette dernière science préliminaire soit nécessairement plus complète que les précédentes, elle n'embrasse point encore tout ce qui constitue la nature humaine ^ . Car, nos principaux attributs ne s'y trouvent point assez appréciés. Elle considère essentiellement dans l'homme l'intelligence et Tactivité, combinées avec toutes nos propriétés inférieures, mais sans Hre directement subordonnées aux sentiments qui les lominent. Ce développement collectif fait surtout ressortir notre essor théorique et pratique. Nos sentiments le figurent en sociologie, même statique, que pour les impulsions qu'ils exercent sur la vie commune ou les