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modifications qu'ils en reçoivent. Leurs lois propres ne peuvent être convenablement étudiées que par la morale, où elles acquièrent la prépondérance due à leur dignité supérieure dans l'ensemble de la nature humaine. C'est ce qui dispose souvent les esprits peu systématiques à méconnaître la plénitude synthétique qui caractérise cette science finale, qu'ils restreignent trop à ce principal domaine, autour duquel doivent enfin se concentrer tous les autres.
La Femme. L'enchaînement théorique entre la sociologie et la morale m'offre encore quelques nuages, que je vous prie, mon père, de dissiper avant que vous exposiez directement la conception positive de la nature humaine. Je n'ai point oublié les motifs incontestables qui, dans notre entretien fondamental, me firent sentir la subordination objective de la morale à la sociologie; puisque l'homme est toujours dominé par l'Humanité. Mais d'une autre part, il me semble que la science sociale a continuellement besoin des principales notions que doit procurer la science morale sur notre véritable nature ^ .
Le Prêtre. Cet embarras très légitime se dissipera, ma fille, en ayant égard aux connaissances spontanées qui partout précèdent et préparent les études systéma-
1. En quoi la sociologie suppose-t-elle la psychologie individuelle? — Comte n'admet pas, à la façon de certains sociologues contemporains, que la société crée dans Thomme une nature nouvelle, contingente par rapport à la nature individuelle. Pour iui, la société ne change l'individu qu'en développant certaines fonctions telles que la sociabilité et l'intelligence et en comprimant certaines autres, mais elle ne crée rien et la marche de la société tient à la nature « permanente de la constitution humaine» {Pol. Pos.^ IV, A. G. 62). — La sociologie suppose donc une con- | naissance spontanée de la nature humaine. Elle seule d'ailleurs peut en fournir une connaissance systématique.