‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 67 sur 101 · C'est-à-dire le culte intime et le culte public · texte numérisé non relu

C'est-à-dire le culte intime et le culte public

214 CATÉailSMK POSITIVISTE

La Femme. Quoique les limites normales de ce caté chisme vous interdisent, mon père, une explieatioi vraiment complète de tous nos sacrements, j'espère qu< vous pourrez ici caractériser assez chacun d'eux.

Le Prêtre. Par le premier, ma fille, la religion finahl consacre systématiquement chaque naissance, commt le firent spontanément toutes les religions préliminaires. La mère et le père du nouveau rejeton de l'Humanité viennent le présenter au sacerdoce, qui reçoil leur engagement solennel de le préparer convenablement au service de la Déesse. Cette garantie naturelle se trouve complétée par une double institution, dont la positivisme s'honore d'avoir emprunté le germe au^ catholicisme, en le développant sous l'inspiration sociale. Un couple artificiel, au choix des parents, mais^ avec l'approbation du sacerdoce, procure librement au| futur serviteur du Grand-Être une nouvelle protection, surtout spirituelle, et au besoin temporelle, à laquelle se joignent tous les témoins spéciaux. Il reçoit aussi de ses deux familles deux patrons particuliers, l'un théorique, l'autre pratique, qu'il complétera, lors de son émancipation, en s'imposant lui-même un troisième prénom, pareillement émané des représentants sacrés de l'Humanité.

Dans la civilisation ancienne, ce premier sacrement^ était souvent refusé, surtout aux êtres jugés incapablesj de l'activité destructive qui prévalait alors. Mais, la j sociabilité moderne utilisant de plus en plus toutes les j natures, \di présentation sera presque toujours acceptée il par le sacerdoce, sauf des cas trop exceptionnels pour»! qu'on doive les prévoir.

Le second sacrement est qualifié àHnitïation^ comme marquant le premier essor de la vie publique, quand (|

l'enfant passe, à quatorze ans, de Téducation spontanée que dirigeait sa mère, à l'éducation systématique émainée du sacerdoce. Jusqu'alors les conseils du prêtre s'adressaient seulement aux parents naturels et artiificiels, pour leur rappeler leurs devoirs essentiels ipendant la première enfance. Mais ici le nouvel être ireçoit directement des avis religieux, destinés surtout jà prémunir son cœur contre les vicieuses réactions trop souvent inhérentes à la culture théorique qu'il va subir. Ce second sacrement est susceptible d'ajournement, et quelquefois de refus, quoique très rarement, si l'éducation domestique n'a point assez réussi.

Sept ans après, le jeune adepte, d'abord présenté, puis initié, obtient, d'après l'ensemble de ses préparations, le sacrement de Vadmission, qui l'autorise à iservir librement l'Humanité, dont jusqu'alors il reçut tout sans lui rendre rien. Toutes les législations temporelles ont reconnu la nécessité d'ajourner, et même de refuser, une telle émancipation aux êtres qu'une organisation trop imparfaite, mal rectifiée par l'éducation, condamne à une éternelle enfance. Une appréciation plus exacte conduira davantage le sacerdoce à des sévérités analogues, dont les résultats directs se jborneront toujours au domaine spirituel.

Ce troisième sacrement érige l'enfant en serviteur, [mais sans pouvoir encore spécifier sa propre carrière, souvent différente de celle qu'on lui supposa pendant I l'apprentissage pratique qui dut coexister avec son i éducation théorique. Il peut seul décider convenablejment à cet égard, d'après des essais librement tentés et suffisamment prolongés. De là résulte Tinstitution d'un quatrième sacrement social qui vient, à vingt-huit ans, sauf demande ou prescription d'ajournement, con-

sacrer la destination ainsi choisie. Le culte ancien n'en offrait Téhauche qu'envers les plus hautes fonctions, par Tordination des prêtres et le sacre des rois. Mais la religion positive doit toujours instituer socialement toutes les professions utiles, sans distinction de publiques ou privées. Les moindres serviteurs du Grand- Être viendront, dans son temple, recevoir solennellement de son sacerdoce la consécration initiale de leurs coopérations quelconques. C'est le seul sacrement susceptible d'un vrai renouvellement, toujours exceptionnel.

La Femme. Je comprends, mon père, cette série des \ consécrations antérieures au mariage, qui sera suivi I de nos quatre autres sacrements. Quant à ce sacremenl principal^ qui seul complète Tensemble des prépara- j tions liumaines, je connais déjà la doctrine essentielle sj du positivisme. Surtout je suis profondément* touchée ij de la grande institution du veuvage éternel^, depuis ! longtemps attendue par tous les cœurs vraiment féminins. Outre son importance domestique, et même civique, elle peut seule développer assez la vie subjective pour élever nos âmes jusqu'à la représentation familière du Grand-Etre, d'après une digne personnification. Toutes ces précieuses notions m'étaient presque devenues propres avant que je fusse votre catéchumène. Je sais d'ailleurs que vous y reviendrez, sous un autre aspect, en m'expliquant le régime. Nous pouvons donc commencer la dernière série de nos consécrations.

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