‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 76 sur 101 · Voir p · texte numérisé non relu

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Le Prêtre. Pour vous satisfaire convenablement, il suffit^ ma fille, de considérer statiquement le régime humain. Etudiez-y Fexistence au lieu du mouvement, et vous parviendrez bientôt à la division des deux pouvoirs, comme base universelle de Tordre social, en partant du seul principe de la coopération, sur lequel ' Aristote fonda la vraie théorie de Tassociation civique résultée du concours des familles ^ Car chaque serviteur de rhumanité doit toujours être apprécié sous deux aspects distincts, quoique simultanés, d'abord envers son office spécial, puis, quanta l'harmonie générale. Le premier devoir de tout organe social consiste, sans doute, à bien remplir sa propre fonction. Mais le bon jordre exige aussi que chacun assiste, autant que posisible, Taccomplissement des autres offices quelconques. iUn tel attribut devient même le principal caractère de iForganisme collectif, d'après la nature intelligente et libre de tous ses agents.

Or, il existe spontanément une opposition de plus en plus prononcée entre ces deux offices, l'un spécial, jl'autre général, de chaque fonctionnaire humain. Car, le premier se particularisant davantage à mesure que la coopération se développe, il suscite des dispositions intellectuelles, et même des tendances morales, qui détournent de plus en plus d'une appréciation d'ensemble, devenue aussi de plus en plus difficile. Tel est le vrai point de vue élémentaire de la théorie générale du gouvernement, d'abord temporel, puis spirituel.

Aucune fonction, même vitale, et surtout sociale, ne

1. Le principe est le suivant : « Toute organisation collective résulte de la séparation des offices et de la convergence des efforts ».

pouvant bien s'accomplir que d'après un organe propre, le moindre concours humain exige donc une forcel spécialement destinée à y ramener aux vues et auxl sentiments d'ensemble des agents qui tendent toujours' à s'en écarter. Elle doit sans cesse contenir leurs diver-| gences et développer leurs convergences. D'une autres part, cette puissance indispensable surgit naturellement des inégalités que suscite toujours l'essor humain.

Malgré l'intime sympathie qui constitue la simple association domestique, même réduite au couple fondamental, elle n'est jamais exempte d'une telle nécessité. C'est là qu'on peut le mieux apprécier ce grande axiome : Il n'existe point de société' sans gouvernement.

Dans l'ordre civique, chaque concours de familles»! pour un but déterminé fait bientôt surgir un chef pratique, dont l'autorité se trouve spontanémentlimitée par l'ensemble des opérations qu'il peut réellement diriger, soit d'après sa propre aptitude soit surtout en vertu de ses capitaux. C'est là que réside le véritable pouvoir!! temporel, également capable de pousser et de retenir) suivant les besoins. Toute puissance plus vaste émanej nécessairement d'une source spirituelle. Les dilTérentsH chefs pratiques tendent pourtant à se coordonner entre f eux d'après une hiérarchie résultée des relations natu-i; relies de leurs divers travaux. Ce concours spontané institue donc une sorte de gouvernement plus général! mais toujours réduit à sa puissance matérielle, plus' propre à résister qu'à diriger. Ses différents membres sont ordinairement incapables de saisir l'ensemble correspondant, malgré la compétence de chacun d'eux envers l'un des systèmes partiels.

La simple solidarité suffirait donc, quand elle s'éend un peu, pour indiquer Tinsuffisance du pouvoir ^)ratique, et le besoin d'une autorité théorique, qui, interdisant toute action spéciale, fasse constamment orévaloir Tharmonie générale. Mais la continuité, d'où liépend de plus en plus Tordre humain, rend cette néjessité pleinement irrécusable. Ces pouvoirs empinques, en aspirant à diriger le présent, ne connaissent li le passé qui le domine ni l'avenir qu'il prépare. \ussi leur intervention reste-t-elle aveugle et souvent perturbatrice, quand ils ne la subordonnent poiut aux conseils théoriques. En même temps, l'influence saceriotale leur devient indispensable, comme seule capable le consacrer assez leur ascendant matériel, exposé bresque toujours à d'envieuses contestations. Chaque îonsécration consiste à représenter le pouvoir correspondant comme le ministre d'une puissance supérieure Généralement respectée : Dieu sous le régime provisoire, l'Humanité dans l'ordre définitif. Or, cela suppose toujours, mais surtout envers cet état final, que le )résent se rattache dignement au passé et à l'avenir. L.e sacerdoce, qui peut seul instituer cette double liai ion, devient ainsi le consécrateur nécessaire de tous les Douvoirs humains, sans avoir lui-même besoin d'aucune consécration étrangère, puisqu'il est l'organe direct de la suprême autorité.

Voilà d'où procède ce second axiome : Aucune société ne peut se conserver et se développer sans un facerdoce quelconque^. Pareillement indispensable à

1. L'idée des deux pouvoirs nécessaires, développée avec ampleur lans l'opuscule de 1826, a été laforce propulsive du système (Voir 'ntroduclion p. xxviietsuiv.).Iln'yapas de société sans gouverne-

tous pour l'éducation et le conseil, ce pouvoir théorique est seul capable de consacrer les gouvernants et de protéi^er les gouvernés. Il constitue le modérateur normal de la vie publique, comme la femme celui de la vie privée quoique ces deux existences exigenti d'ailleurs le concours continu de Tinfluence morale^i avec la puissance intellectuelle. Vous pouvez résumera Tensemble des attributions sociales du sacerdoce en le qualifiant de Jw^e, suivant l'expression biblique. Car, son triple office de conseiller, consécrateur et régu-

ment; tout gouvernement suppose un sacerdoce et partant une^ religion. On peut dire que la pensée de Comte, à travers l'éYOlution de ses deux carrières, a eu pour but de chercher et de réaliser les conditions d'un sacerdoce.

Telle qu'elle se présente dans ces dernières pages du catéchisme,*! la théorie des deux pouvoirs se résume ainsi : le sacerdoce a| pour domaine propre la morale. Or :

^. Au point de vue théorique, la morale est une science parlicu>>; lière. Mais elle suppose objectivement les six sciences fondamen-i taies et les systématise subjectivement. Donc le sacerdoce, toull en constituant la morale, recueille l'ensemble du savoir positif et élabore la philosophie,

B. Au point de vue pratique, la morale a pour domaine propre« la culture du cœur et l'institution de la vie subjective, mais elle ai aussi pour fonction de faire converger tous les autres arts et| toutes les autres fonctions.

La convergence suppose un organe qui assure la dominationfi de l'ensemble sur les parties, c'est-à-dire un gouvernement mais le gouvernement temporel, appliqué au détail, est fatalc-j ment spécial et partiel. Seul le sacerdoce embrasse par la pensée toute la solidarité des vivants et toute la continuité des générations. Son autorité est donc indispensable, mais elle est suprême et il ne peut y en avoir une autre au-dessus d'elle. Le sacerdoce est en quelque sorte la conscience scientifique que le Grand-Être prend de lui-même.

Le sacerdoce ne peut embrasser le tout qu'à la condition de ne s'appliquer pas aux détails techniques. L'hétérogénéité irréductible de toute technique et de la science abstraite est la raisoa intellectuelle de la séparation des pouvoirs.

ateur s'accomplit toujours en jugeant, c'est-à-diro Faprès une appréciation respectée.

Là Femme. Le catholicisme m'avait heureusement préparée, mon père, à bien concevoir ce principe fondamental, malgré le crédit obtenu par les sophisme^ protestants et déistes, dirigés, avec un aveugle acharnement, contre la principale construction du moyen iigeL Mais je ne comprends pas suffisamment pourquoi le positivisme, en consolidant et développant cette grande ébauche, conserve des expressions qui semblent d'abord ne se rapporter qu'à son origine théologique, quoiqu'elles admettent un sens purement naturcL Outre le juste respect qui dut inspirer cette nomenclature historique, je présume qu'elle repose aussi sur des motifs dogmatiques, quoique je ne les démélo pas.

Lb Prêtre. Ils résultent surtout, ma fille, du défaut d'homogénéité que présentent ces deux expressions, dont le contraste rappelle ainsi les deux principaux caractères de la grande division sociale, au lieu de ;n'en indiquer qu'un seul. En qualifiant de spirituel le pouvoir théorique, on fait assez sentir que l'autre est purement matériel. Par là se trouve indirectement jsignalée leur meilleure comparaison sociale, consistant à les regarder comme disciplinant l'unies volontés et l'autre les actes. Réciproquement, qualifier de temporel le pouvoir pratique, c'est rappeler suffisamment l'éternité qui caractérise le pouvoir théorique. Dès lors, on définit assez leurs domaines respectifs : d'une part, le présent de l'autre le passé et l'avenir; Vun

1. C'est-à-dire contre la séparation du pouvoir temporel et da pouvoir spirituel.

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institue spécialement la solidarité, Tautre la continuité; à i*un appartient surtout la vie objective, à Tautre la vie subjective. Or, ces deux attributs, simultanément indiqués par la discordance même des nome j usités^ concourent à rappeler aussi la dernière opposition des deux pouvoirs humains, quant à leur extension respective. Car la puissance théorique, soit comn spirituelle ou comme éternelle, comporte spontan.. ment une entière universalité ; tandis que l'autorité pratique, en tant que matérielle et temporelle, reste nécessairement locale. De ce contraste final résulte leur séparation, aussitôt qu'il est assez développé.

La Femme. Mes anciennes habitudes catholiques me disposent, mon père, à condenser toutes les attribu- ! tions essentielles du pouvoir spirituel dans la direction systématique de l'éducation universelle, où sa compétence exclusive devient incontestable.

Le Pbêtre. Tel est, en effet, ma filJe, l'office fondamental du sacerdoce, qui, quand il remplit dignement ce principal devoir, y puise nécessairement une grande influence sur l'ensemble de la vie humaine. Ses» autres fonctions sociales constituent seulement la suite naturelle ou le complément indispensable de cette destination caracj:éristique. La prédication en devient d'abord un prolongement nécessaire, pour rappeler convenablement les principes de l'harmonie universelle, que l'activité spéciale nous entraîne souvent à naéconnaître. C'est aussi d'après cette base que la» pouvoir spirituel acquiert l'aptitude à consacrer les* fonctions et les organes, au nom d'une doctrine unanimement regardée comme devant toujours régler l'existence humaine. Il y puise pareillement son influence consultative sur tous les actes importants de

la vie réelle, privée et publique, où chacun éprouve isouvent le besoin de recourir librement aux conseils éclairés et bienveillants des sages qui dirigèrent son initiation systématique. Enfin, l'éducation permet au sacerdoce de devenir, d'un commun assentiment, le régulateur normal des conflits pratiques, d'après l'égale confiance qu'il inspire naturellement aux supérieurs et aux inférieurs.

La Femme. Je suis ainsi conduite, mon père, à vous demander en quoi consiste, dans le régime positif, cette fonction prépondérante du pouvoir religieux. Déjà je sens que l'éducation doit surtout disposer à vivre pour autrui, afin de revivre en autrui par autrui, un être spontanément enclin à vivre pour soi et en soi. Cette grande transformation exige l'intime concours de la femme et du prêtre, agissant convenablement sur le cœur et l'esprit. Mais j'ai besoin de concevoir avec {)lus de précision leurs offices respectifs.

Le Prêtre. Pour cela, ma fille, regardez d'abord l'éducation proprement dite comme naturellement terminée à l'âge de l'émancipation, où chacun, après avoir reçu le troisième sacrement social, devient enfin un serviteur direct de l'Humanité, qui jusqu'alors dut le tenir en tutelle. Décomposez ensuite cette prépa- I ration de vingt et un ans en deux parties essentielles, l'une spontanée, l'autre systématique, dont la seconde dure deux fois moins que la première. Vous distinguez ainsi les dominations successives du sexe affectif et du pouvoir théorique dans l'ensemble de l'initiation humaine, commencée par le cœur et complétée par l'esprit, quoique tous deux y participent toujours.

La première phase, qui s'étend jusqu'à la puberté, doit être divisée en deux autres d'égale durée, que se-

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pare la dentition normale*. Jusqu'à ce terme, la mère dirige seule une éducation entièrement spontanée, à la fois physique, intellectuelle et morale. Quoique le développement corporel y doive prévaloir, le cœur y prend bientôt une part décisive, qui se fera sentir pendant toute l'existence. L'essor des affections domestiques y conduit déjà l'enfant à la première ébauche du culte positif, par l'adoration de sa mère, qui lui représente nécessairement l'Humanité, dont la prépondérance distincte lui devient pourtant appréciable d'après l'institution du langage. En même temps, Tesprit recueille empiriquement des notions de tous genres, qui fourniront ensuite les matériaux de la vraie systématisation. Si Ton utilise assez ces exercices naturels des sens et des muscles, sans altérer jamais leur spontanéité, la vie spéculative et la vie active se trouveront heureusement ébauchées, en se subordonnant toujours à la vie affective. Mais la mère peut seule combiner dignement ces trois aspects. Elle invitera Tenfant, surtout patricien, à Taccomplissement habituel de quelques opérations matérielles, afin qu'il apprécie mieux la difficulté de conduire le moindre travail jusqu'à sa destination ' usuelle, et qu'il sympathise davantage avec les classes correspondantes. Ces exercices rendront l'esprit plus précis et plus net, comme le cœur plus tendre et plus humble.

Depuis la dentition jusqu'à la puberté, l'éducation domestique commence à se systématiser, par l'introduction graduelle d'une suite d'études régulières. Néan-

1. Somme toute, il y a « subdivision totale de Féducation « proprement dite en trois phases septennales » (Pol. Pos., IV, 261).

moins, elle reste toujours dirigée par la mère, qui peut j aisément guider des travaux purement esthétiques, jquand elle-même a convenablement reçu Téducation universelle. Jusqu'alors, on a dû soigneusement interdire toute étude proprement dite, même de lecture et d'écriture, sauf les acquisitions vraiment spontanées. Mais ici naît l'habitude du travail intellectuel, par Tessor réglé des facultés d'expression, dont la culture convient éminemment à cette seconde enfance. Une telle étude, essentiellement exempte de préceptes quelconques, consiste seulement en exercices esthétiques, où les lectures poétiques sont sagement combinées avec le chant et le dessin. Tandis que Tessor moral s*y continue spontanément, le culte s'y développe bientôt, à mesure que Teniant acquiert de nouveaux moyens pour mieux exprimer ses affections. Il doit, en effet, résumer Tensemble de ses exercices par un chant et un portrait consacrés à sa mère^ En même temps, il acquiert un sentiment plus complet de FHumanité, en se familiarisant avec les principaux chefs-d'œuvre de tous les arts, pourvu qu'aucun mélange de productions médiocres n'altère à la fois son goût et sa moralité.

La Femme. Ces deux âges de l'éducation domestique ne me font éprouver, mon père, de difficultés sérieuses qu'envers la religion. Quoiqu'on puisse alors y disposer beaucoup l'enfant par le cœur, on ne saurait tenter de lui rien enseigner dogmatiquement, faute

1. « Une prière, un chant, un dessin, en l'honneur de la « mère, caractériseront, par leur amélioration croissante, l'apti- « tude graduelle à formuler les émotions réelles, sous l'assis- € tance empruntée au trésor esthétique de THumanité. » {PoL Pas., IV, 262.)

des bases scientifiques, réservées à sa dernière prépa-n ration. On ne peut cependant éviter qu'il s'en occupe et s'en informe.

Le Phètre. Rappelez-vous, ma fille, que chaque évolution individuelle doit spontanément reproduire toutes» les phases essentielles de Finitiation collective. Vous concevrez ainsi qu'il faut, à cet égard, laisser Tenfant suivre librement les lois générales de notre essor intellectuel. Il sera naturellement fétichiste jusqu'à la dentition, et puis polythéiste jusqu'à la puberté *. Ces deux états philosophiques le disposeront, comme l'espèce, à mieux développer d'abord l'esprit d'observation, ensuite les facultés esthétiques.

Quant aux questions qu'il pourra soumettre à ses parents, s'il s'aperçoit qu'ils pensent autrement que lui, le caractère profondément relatif du positivisme?) leur permettra toujours d'y répondre sans hypocrisie* Il leur suffira de lui déclarer loyalement que ses opinions actuelles sont celles qui conviennent à son âg mais en l'avertissant qu'il en changera bientôt, suivant la loi qu'eux-mêmes subirent jadis. En lui faisant remarquer qu'il a déjà passé spontanément du fétichisme au polythéisme, il croira sans peine à de nouvelles transformations, qu'on ne doit pas d'ailleurs hâter

1. Dans le passage delà Politique Positive où il reprend le sujet, {IV, 263), Comte indique qu'après quelques siècles d'état normal, l'initiation individuelle pourra être dispensée de reproduire seulement l'initiation spécifique et qu'elle brûlera l'étape polythéiste.— D^ailleurs, pour Comte, le fétichisme est le seul mode religieux tout à fait pur, les autres n'étant, comme la métaphysique, que des transitions. De plus le fétichisme doit même être incorporé définitivement au Positivisme en perdant son caractère absolu et en devenant une sorte de jeu de l'imagination, éminemment poétique et moralement utile.

artificiellement. Son esprit se trouve ainsi détourné de l'absolu, tandis que son cœur sympathise mieux avec les populations qui représentent ces états préliminaires.

La Femme. Un tel éclaircissement me permet, mon père, de passer à l'appréciation de l'éducation systématique. Quoiqu'elle doive être toujours dirigée par le sacerdoce, l'ascendant continu que le positivisme accorde au cœur sur l'esprit m'annonce déjà qu'elle ne soustraira jamais l'adolescent à ses relations de famille. Leur réaction journalière lui devient même plus nécessaire lorsque ses préoccupations théoriques vont tendre à le dessécher et à Fenorgueillir. Je connais la profonde aversion que vous inspirent nos cloîtres scolastiques, où la corruption se développe encore davantage que lastupidilé.

Le Prêtre. C'est en effet, ma fille, sous la constante surintendance de sa mère que l'adolescent, après avoir reçu le sacrement de l'initiation, va, chaque semaine, dans l'école annexée au temple de l'Humanité, entendre, du sacerdoce, une ou deux leçons de dogme. Le fruit principal de cet enseignement extérieur dépend d'ailleurs du travail intérieur correspondant. Car la véritable influence didactique dispose à mieux méditer, au lieu d'en dispenser.

Le plan général de cette étude systématique du dogme positif est naturellement indiqué par la hiérarchie encyclopédique qui caractérise l'ordre universel. A ses sept degrés fondamentaux correspondent autant d'années du noviciat théorique, en réservant le quart de chacune d'elles pour l'examen et le repos. Le nombre des leçons annuelles se trouve ainsi réduit à quarante, avec une seule par semaine, ce qui suffit à l'étude

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philosophique de chaque science. Seulement Téteudmi et la difficulté spéciales de Tinitiation mathématique! dontrimportancethéorique prévaudra toujours, exigeni deux séances hebdomadaires pendant les deux premières années, où l'apprentissage pratique occupe moins. C'est ainsi que, depuis la géométrie jusqu'à la morale, chaque adolescent doit systématiquement accomplir, en sept ans, l'ascension objective ^ qui demanda tant de siècles à l'essor spontané de THumanité.

Pendant cette élaboration théorique, un monothéisme graduellement simplifié lui procure, comme à l'espèce, une transition générale vers le positivisme final. L'uniformité normale du sacerdoce occidental rendra de ielles études pleinement conciliables avec les précieux voyages de nos prolétaires. Tandis qu elles s'accompliront, le prolongement naturel de la culture esthétique secondera l'influence maternelle pour prévenir ou réparer leur dégénération morale. Bornées d'abord à nos langues vivantes, les lectures poétiques des occidentaux embrasseront alors les sources gréco-romaines de notre essor intellectuel et social, mais toujours sans aucun maître spécial.

Après avoir développé son culte intime, et déjà senti le culte domestique, le futur citoyen commence directement Tadoration systématique du vrai Grand-Être, dont il peut alors apprécier dignement les principaux bienfaits. L'ensemble de ces préparations conduit le jeune positiviste à mériter le sacrement de l'admission, quand son esprit peut enfin servir laFamille, la Patrie,

i. G'est-à-dire celle qui suit Tordre de complexité croissante el de dépendance des existences.

et rHumanité, sans que son cœur cesse de les aimer,

La Femme. Pendant cette dernière initiation, la surintendance maternelle me semble, mon père, devoir être gravement préoccupée des déviations passionnées auxquelles l'adolescent se trouve alors exposé. Les discours des médecins m'ont souvent effrayée à cet égard, en me faisant craindre que les lois naturelles de notre développement corporel ne rendent ces vices ordinairement iaévitables. J'aurais besoin de me rassurer spécialement sur un tel danger, où le trouble moral peut d'ailleurs compromettre l'évolution théorique.

Le Prêtre. Vous seriez, ma fille, beaucoup moins affectée de ces déclamations doctorales, si vous sentiez assez la profonde incompétence de leurs auteurs. Malgré leur prétention d'étudier l'homme, les médecins, théoriques ou pratiques, sont loin de pouvoir connaître sa nature, surtout parmi les modernes. Car, ils s'y bornent essentiellement à ce que nous avons de commun avec les autres animaux; en sorte qu'ils mériteraient plutôt le titre de vétérinaires, si la culture empirique ne compensait un peu, chez les meilleurs d'entre eux, les vices de l'instruction théorique. Puisque l'homme est le plus indivisible des êtres vivants, quiconque n'étudie point en lui l'âme et le corps simultanément ne peut s'en former que des notions fausses ou superficielles ^

Le matérialisme académique ne saurait donc prévaloir contre des expériences nombreuses et décisives, pleinement expliquées par la vraie théorie de la nature humaine. Cette prétendue fatalité sexuelle se trouva

î. Voir note. p. 46.

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communément surmontée, pendant Tensemble du moyen âge, chez tous ceux qui subirent assez la discipline catholique et chevaleresque. Même au milieu de Tanarchie moderne, beaucoup d'exemples individuels constatent encore la possibilité de conserver jusqu'au mariage une véritable pureté. Une existence laborieuse, et surtout Tessor continu des afTeclions domestiques, suffisent ordinairement pour prévenir de tel dangers, qui ne deviennent vraiment insurmontables que dans des cas très exceptionnels, trop érigés en types par des docteurs étrangers aux luttes morales. Nos jeunes adeptes seront habitués, dès Tenfance, à regarder le triomphe de la sociabilité sur la personnalité comme la principale destination de Thomme. Ils se prépare- I ront à surmonter un jour Finstinct sexuel en luttant, de bonne heure, contre Tinstinct nutritif, qui d'ailleurs s'y lie naturellement d'après la contiguïté des organes respectifs. Vous savez enfin qu'une profonde tendresse constitua toujours le meilleur préservatif d^ libertinage. Ainsi, la mère achèvera de garantir son fils contre les vices que vous redoutez, en le disposant à placer dignement les affections personnelles qui doivent ensuite fixer sa destinée domestique, au lieu d'attendre qu'elles surgissent brusquement de contacts fortuits.

La Femme. Cette précieuse explication ne me laisse, mon père, à désirer, envers l'ensemble de l'éducation positive, d'autre éclaircissement essentiel que sur ce qui concerne spécialement mon sexe. Je sens déjà que, pour permettre aux mères de diriger l'initiation domestique, elles-mêmes doivent avoir participé dignement à l'instruction iencyclopédique, d'où personne ne doit être exclu, sauf de rares exceptions individuelles. Sans

cette pleine universalité, la foi positive ne saurait obtenir rascendant systématique qu'exige sa destination sociale. D'ailleurs, la mère ne pourrait assez conserver la surintendance morale de l'éducation humaine si sa propre ignorance l'exposait aux dédains mal déguisés d'un fils souvent gonflé d'orgueil théorique. Mais je doute néanmoins que les femmes doivent suivre les mêmes études que les hommes et sous les mêmes maîtres, quoique avec des leçons séparées.

Le Prêtre. Le grand Molière vous répond d'avance, ma fille, en prescrivant à votre sexe les clartés de tout. Car, notre instruction encyclopédiquen'a point, en effet, d'autre but. Elle est entièrement dégagée du caractère spécial qui vous répugne justement dans les études actuelles, aussi peu convenables, d'ordinaire, aux hommes qu'aux femm.es. De ce fonds commun, chaque praticien on théoricien doit ensuite tirer spontanément les développements propres à sa destination, sans avoir ordinairement besoin d'aucun enseignement particulier, à moins qu'il n'ait mal subi l'initiation universelle.

Notre plan g^énéral du noviciat systématique ne comporte réellement, envers votre sexe, d'autre réduction que celle du doublement hebdomadaire qui distingue ses deux premières années. Dispensées de la vie active, les femmes doivent se borner, en mathématique, à une étude plutôt logique que scientifique^, à laquelle suffit une seule leçon par semaine, comme dans tout le reste du cours septennaire. Cette simplification exige

1. C'est-à-dire une étude plutôt destinée à leur fournir une méthode qu'à leur faire connaître les lois de l'existence mathématique.

3G4 CATlk.HlSMi: POSITIVISTE

seulement plus a efforts philosophiques chez le professeur.

Quant à la diversité des fonciionnaires, elle tendrait à discréditer également les maîtres et les élèves. Elle serait d'ailleurs contraire à la nature profondément synthétique qui doit caractériser le sacerdoce positif; afin de mieux exclure les tendances dispersives, il importe que chaque prêtre enseigne successivement les sept degrés encyclopédiques. De là doit résulter, en outre, le précieux avantage social de développer, pendant cette longue initiation, des relations continues avec les mêmes élèves, qui lui seront ainsi redevables de toute leur instruction théorique. Une telle permanence facilitera beaucoup Faction ultérieure de notre sacerdoce surTensemble de la vie réelle.

Or, des motifs semblables exigent aussi que les deux l .sexes puisent aux mêmes sources leur initiation systématique. Si le Grand-Prêtre de Tllumanité ne change pas trop les résidences sacerdotales, tous les conflits domestiques se trouveront mieux apaisés par cette subordination personnelle des divers membres de la famille à des maîtres identiques. Des prêtres qui ne parieraient qu'à Tun des sexes deviendraient socialement uisuf'ftsants, outre qu'ils le seraient d'abord intellectuellement.

La Femme. Maintenant, mon père, je conçois assez l'influence sociale que le sacerdoce positif puisera naturellement dans le digne accomplissement de son office fondamental. Néanmoins, je ne sais si cette seule base pourra lui procurer une suffisante autorité. Je vous prie donc de caractériser directement ses divers moyens généraux pour faire toujours prévaloir, autant que possible, l'harmonie universelle.

ENSEMBLE DU REGIME 2ba

Le Prêtre. Tous doivent résulter, ma fille, de Tenemble de Téducation. Afin de les mieux apprécier, il faut considérer que le noviciat positif se termine par une année entièrement consacrée à la morale. Cette linstruction finale sera toujours divisée en deux parties égales, Tune théorique, Tautre pratique. Dans la première, toutes les lois essentielles de notre nature se trouveront solidement fondées sur Tensernble des notions relatives au monde, à la vie, et à la société. Cette base permettra d'établir définitivement de véritables démonstrations envers les règles générales de conduite propres à chaque cas, personnel, domestique, ou ci- Ivique. On y spécifiera tous les devoirs de chacune des quatre puissances nécessaires à la providence humaine ^ . Ces déterminations finales, qui résument l'éducation positive, comportent une grande efficacité, d'après la disposition morale des initiés, encore préservés des déviations inhérentes à la vie active.

L'ensemble de ces règles pratiques présente à chacun la double destination de diriger sa propre conduite et de juger celle d'autrui. Cette seconde application est mieux garantie que la première contre les passions perturbatrices, qui nous empêchent rarement d'apprécier les torts des autres, quelque aveuglement qu'elles nous inspirent envers les nôtres. Nul n'est moins disposé qu'un égoïste à tolérer l'égoïsme, qui partout lui suscite d'intraitables concurrents.

il faut ainsi distinguer deux modes généraux dans le discipline spirituelle, l'un direct, l'autre indirect. Le sacerdoce s'efforce principalement de modifier le cou-

1. Sacerdoce, — les femmes, — les patriciens, — les prolétaires.

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pable, en agissant d abord sur son cœur, puis sur soi | esprit. Ce mode est à la fois le plus pur et le plus effi*! cace, quoique le moins apparent. Il restera toujours l<li seul pleinement conforme à la nature du pouvoir spiri-; tuel, qui doit constamment discipliner les volontés paiii la persuasion et la conviction, sans aucune influençai coercitive. Mais son emploi sag-ement prolongé demeuwj souvent insuffisant. Alors le sacerdoce, ne pouvant rectifier les tendances intérieures, procède indirectement contre elles, en invoquant l'opinion extérieure.

Sans convertir le coupable, il le contient par le jugement d'autrui. On ne peut jamais contester la pleine légitimité de ce moyen indirect, qui repose toujours sur une simple appréciation de chaque conduite. Nul neî saurait empêcher un tel jugement, auquel chacun participe envers les autres, et qui repose sur une doctrine librement admise par tous. Cependant, le coupable, qui^j ne reconnaît pas sa faute, ou dont la volonté n'a pas-i changé, subit ainsi la pression d'une force vraiment coercitive. Mais il ne peut réclamer contre elle, parco qu'elle reste purement morale. Si les jautres s'absv naient de juger, ce seraient eux qui se trouveraient opprimés, et sansTavoiraucunem.ent mérité. Toutefois, malgré l'évidente légitimité de ce mode indirect, on ne doit y recourir qu'après avoir épuisé les moyens directs.

Quand il devient indispensable, il comporte successivement trois degrés généraux. Le sacerdoce emploie d'abord la simple remontrance domestique, devant les proches et les amis convoqués spécialement ; puis, le blâme public, proclamé dans le temple de FHumanité ; enfin l'excommunication sociale, temporaire ou perpétuelle. Sans excéder sa juste autorité, le pouvoir

pirituel peut aller, en effet, jusqu'à prononcer, au nom u Grand-Être, Tindignité radicale d'un faux serviteur, ievenu dès lors incapable de participer aux devoirs et ux bienfaits de F association humaine. Mais, si le salerdoce abusait d'une telle attribution, soit pour satislire d'iniustes animosités, soit même par un zèle veugle ou déplacé, il en serait bientôt puni. Car, toute •efficacité de ce mode reposant sur la libre sanction du public, la neutralité de celui-ci ferait avorter le coup, [ui tendrait dès lors à discréditer ses auteurs. Quand l'opinion générale seconde suffisamment la réprobalion sacerdotale, cette discipline spirituelle comporte be efficacité dont le passé ne peut fournir aucune nesure, parce qu'un tel concours ne peut être encore nstitué pleinement, faute d'éducation positive.

Alors le coupable, quelque riche ou puissant qu'il 3oit, se verra quelquefois, sans éprouver aucune perte rnatérielle, graduellement abandonné de ses subordonnés, de ses domestiques, et même de ses plus proches parents. Malgré sa fortune, il pourrait, dans les cas extrêmes, être réduit à se procurer directement sa propre subsistance, parce que personne ne voudrait le servir. Quoique libre de s'expatrier, il ne fuira la réprobation du sacerdoce universel qu'en se réfugiant chez les populations encore étrangères à la foi positive, qui s'étendra finalement à toute la planète humaine. iCet extrême développement de la discipline religieuse doit heureusement rester toujours exceptionnel. Mais son appréciation distincte est maintenant indispensable pour nous mieux indiquer l'efficacité d'un tel ré-

: gime.

La Femme. Quelle que soit cette puissance morale, je concevrais difficilement, mon père, qu'elle dispensât

jamais de tout recours à la compression matériell soit sur les biens, soit même sur les personnes. !

Le Prêtre. En effet, ma fille, la législation propre ment dite demeurera toujours nécessaire, pour suj pléer à Tinsuffisance de la simple morale envers 1*1 plus urgents besoins sociaux. La conscience et Fop^ nion seraient souvent impuissantes contre les infrai tions journalières, si la force temporelle n appliquai des répressions physiques aux cas les plus grossieni Outre ces déviations fréquentes, mais légères, due^ surtout à l'inertie des bons instincts, la même garantie convient davantage aux graves aberrations résultées dl rectement de la prépondérance des mauvais penchants^ Il existe, en effet, dans notre espèce, comme che les antres, des individualités radicalement vicieuses^ qui ne comportent ou ne méritent aucune véritable correction. Envers ces organisations exceptionnelles la défense sociale ne cessera jamais d'être pousséd jusqu'à la destruction solennelle de chaque organeil vicieux, quand Tindignité sera suffisamment constaii| tée par des actes décisifs. Une fausse philanthropie peulj seule conduire à prodiguer aux scélérats une commisération et une sollicitude qui seraient mieux placées! envers tant d^honnêtes victimes de nos imperfection^ sociales. Mais, sans que la mort juridique, et, à plus» forte raison, la confiscation totale ou partielle, puissent* jamais cesser entièrement, leur emploi doit devenir den moins en moins fréquent à mesure que l'Humanité se^ développe. L'essor continu du sentiment, de rintelligence, et de l'activité tend de plus en plus à faire prévaloir la discipline spirituelle sur la répression temporelle, quoique celle-ci reste toujours indispensable. La Femme. Cet aperçu général du régime humain |i

emble, mon père, négliger les cas où la prévari- \tion morale proviendrait du sacerdoce même. Le Prêtre. Alors, ma fille, la discipline spirituelle Liit une marche semblable, quoique avec moins de rérularité. Car, la morale universelle démontre les deloirs du sacerdoce autant que ceux de toute autre lasse, et même elle les fait ressortir davantage, vu 3ur importance prépondérante. La censure publique st d'ailleurs disposée à se diriger de préférence vers jes juges universels, secrètement haïs des patriciens, poidement respectés par les prolétaires, et qui d'orinaire n'excitent de profondes sympathies que chez ps femmes. Enfin, la nature toujours discutable de la oi positive Tempêche de susciter des prestiges capables l'interdire une critique devenue vraiment indispensable. De quelque vénération que le sacerdoce de THumaité se trouve habituellement entouré, elle ne résulte amais que du suffisant accomplissement d'un office )ien défini. Les conditions intellectuelles et morales juele pouvoir spirituel impose à tous au nom de la foi commune peuvent être, au même titre, tournées contre ui quand il y manque.

Si, suivant l'hypothèse la plus fréquente, la prévaripation reste partielle, la discipline intérieure du sacerdoce y pourvoit suffisamment. Mais, en cas de négligence, la réparation peut toujours être librement brovoquée par un croyant quelconque. La plénitude et la précision qui caractérisent la foi positive permettent jà chacun d'exercer spontanément, sous sa propre responsabilité, ce sacerdoce irrégulier, qui devient efficace quand l'opinion le sanctionne. Enfin, si la corruption devenait générale parmi nos prêtres, un nouveau clergé ne tarderait point à surgir d'après les vœux publics, en

remplissant mieux les conditions imposées par ui doctrine inaltérable, toujours supérieure à ses organ quelconques.

La Femme. Je suis ainsi conduite, mon père, à voi prier de compléter cette appréciation générale en ind quant la constitution propre au sacerdoce positif.

Le Prêthe. Vous sentirez aisément, ma (ille, que { destination fondamentale exige, comme première coi dition, une renonciation complète à la domination ten porelle, et même à la simple richesse. C'est Tengagi, ment initial que doit solennellement contracter toi! aspirant au sacerdoce, en recevant, à vingt-huit ans, I sacrement de la destination. Nos prêtres n'hériter même pas de leurs familles, soit afin de se préserve! des déviations temporelles, soit pour laisser les cap; taux à ceux qui peuvent les utiliser. La classe contere plative doit toujours être collectivement nourrie pa la classe active; d'abord d'après les libres subside des croyants, puis à Faide du trésor public, quand 1 foi devient unanime. Elle ne doit donc posséder rie: en propre, ni terres, ni maisons, ni même rentes quel conques; sauf son budget annuel, toujours fixé par h pouvoir temporel. Les vues générales et les sentiment: généraux qui doivent constamment distinguer le sacer doce se trouvent profondément incompatibles avec le* idées de détail et les dispositions orgueilleuses proprei à toute domination pratique. Pour se borner à conseiller, il faut ne pouvoir jamais commander, mèim par la richesse : autrement notre misérable nature rest(^ disposée à substituer souvent la force aux démonstrations. Cette condition sacerdotale fut sentie jusqu'à k plus sublime exagération par l'admirable saint qui tenta vainement, au xiii^ siècle, de régénérer le catho-

îisme épuisée Mais, en prescrivant à ses disciples lie pauvreté absolue qu'ils éludèrent bientôt, il oublia i1l les détournait de leur office d'après les soins jouriliers de leur existence matérielle.

Afin de mieux caractériser la mesure convenable, je ois devoir vous indiquer les traitements annueJs 'opres aux divers grades sacerdotaux, en les adaptant i taux actuel des dépenses usuelles chez la population ànçaise, moyenne, à cet égard, entre les différents buples occidentaux. Cette sommaire indication vous ignalera d'ailleurs l'organisation intérieure du clergé [)sitif, ébauchée déjà dans l'explication du culte '^. Il se compose, en général, de trois ordres successifs, Is aspirants admis à vingt-huit ans, les vicaires ou ippléants à trente-cinq ans, et les prêtres proprement its à quarante-deux ans.

Quoique les premiers, dont le nombre est naturelleent illimité, soient déjà regardés comme doués d'une ^ritable vocation sacerdotale, ils n'appartiennent pas licore au pouvoir spirituel, dont ils n'exercent aucune nction. Aussi leur libre renonciation à tout héritage ïste-t~elle purement provisoire, de même que leur •aitement, que nous fixons à trois mille francs. Sans ésidence sacerdotale, ils sont pourtant surveillés régulièrement, pour leurs travaux et leurs mœurs. • Les vicaires appartiennent irrévocablement au sacer- "oce, quoiqu'ils n'exercent encore que les fonctions l'enseignement et de prédication, sauf délégation spé-

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