‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 79 sur 101 · Voir Tableau systématique de Vâme, p · texte numérisé non relu

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cesse des progrès inépuisables vers la paix, le bonheui) et la dig^nité.

La Femme. L'ensemble de ces indications me paraît, mon père, assez caractériser la constitution positive du réu^ime personnel. D'après le tableau cérébral, odî! pourrait accomplir, envers chacun des instincts égoïstes, une étude morale équivalente à celle dont le principal d'entre eux vient d'être l'objet, afin de déterminer les répressions convenables. Quant aux moyens de développer les diverses inclinations sympathiques, notre culte indique déjà ceux qui ne résultent pas de Texercice direct. Toutes ces explications spéciales excéderaient les limites de l'exposition actuelle, et la détourneraient même de sa principale destination. Quand la foi positive aura prévalu, le temps viendra de composer un nouveau catéchisme, plus analogue à ceux des catholiques, pour détailler ces différentes i règles pratiques, dont les bases générales seront déjà !|' familières aux vrais croyants. Mais ce catéchisme initial est, au contraire, destiné surtout à poser ces fondements essentiels, en ne considérant les applications que comme indispensables, à l'établissement des prin- li cipes. Je vous prie donc, sans insister davantage sur ' la morale personnelle, de passer maintenant à la seconde partie du régime privé, en caractérisant lai régénération de l'existence domestique.

Le Prétiîe. Elle consiste essentiellement, ma fille, dans la constitution altruiste du mariage humain, institué jusqu'ici d'après un principe purement égoïste, comme satisfaction légitime des appétits sexuels, tendant à la reproduction de l'espèce. Cette brutale appré- | ciation dut prévaloir systématiquement, tant que les «j doctrines dominantes méconnurent les penchants bien-

veillants. Mais Finstinct public ne cessa jamais de •éclamer contre elle, et suscita toujours des impulsions empiriques de plus en plus puissantes, d'où résultèrent es perfectionnements successifs de l'institution conjui^ale. Le positivisme vient seul établir enfin, sous cet iispect fondamental, une digne concordance entre la héorie et la pratique, en s'appuyant sur la principale lécouverte de la science moderne, quant à l'existence laturelle des instincts altruites.

Cette grande notion, dont la portée est si peu com- )rise encore, conduit aussitôt à régénérer le mariage mmain, en le concevant désormais comme destiné surout au perfectionnement mutuel des deux sexes, absraction faite de toute sensualité. Elle démontre direcement la double prééminence affective de la femme, Taprès la moindre intensité des penchants personnels, jurtout les plus grossiers, et Ténergie supérieure des nclinations sympathiques. De là résulte la théorie positive du mariage, où votre sexe améliore le mien, en disciplinant l'impulsion charnelle sans laquelle Tinféiorité morale de l'homme ne lui permettrait presque amais une suffisante tendresse. Mais cette relation ondamentale se trouve heureusement secondée par [ous les autres contrastes cérébraux des deux sexes. La upériorité masculine est incontestable en tout ce qui boncerne le caractère proprement dit, principale source lu commandement. Quant à l'intelligence, elle offre, l'un côté, plus de force et d'étendue ; de l'autre, plus le justesse et de pénétration ^ . Tout concourt donc à

1. Dans le Cours, Comte se montre plus sévère pour l'inteligence féminine. « Les femmes sont, en général, aussi supérieures aux hommes par le développement naturel de la

prouver refficacité mutuelle de cette intime union, qui i constitue la plus parfaite amitié, embellie par une incomparable possession réciproque. Hors d'un tel lien, les rivalités, actuelles ou possibles, empêchent toujours la plénitude de confiance qui ne peut exister que d'un sexe à l'autre '.

Les appétits sexuels n'ont ici d'autre destination qu* de produire ou d'entretenir, surtout chez l'homme, It impulsions propres à développer la tendresse. Mais m faut pour cela que leurs satisfactions restent très modérées. Autrement leur nature profondément égoïste tend, au contraire, à stimuler la personnalité, presque autant que le font les excès nutritifs, et souvent menu avec plus de gravité, parce que la femme s'y trouve odieusementsacrifiée aux brutalités de l'homme. Quand mon sexe devient assez pur, comme l'est ordinairement le vôtre, pour que la tendresse y surgisse asst7

« sympathie et de la sociabiHté, qu'elles leur sont inférieure?^ « quant à Tintelligence et à la raison. » [Cours, IV, 459.)

Son opinion sur la psychologie des femmes fut, on le sait| la principale cause de son dissentiment avec Stuart MilL (Voii Correspondance de Comte et de Mill^ p. 219 et suiv.)

1. <r Mais, outre sa valeur propre, cette sainte union prend uncj « nouvelle importance sociale, comme première base indispen- « sable de l'amour universel, but définitif de notre éducatioi « morale. J'ai indiqué, dans la seconde partie, combien est « fausse et dangereuse lopposition que tant de prétendu! « socialistes voient aujourd'hui entre ces deux termes extrêmei « de l'évolution du cœur humain. Celui qui ne put s'attacha « profondément à l'être qu'il avait choisi pour la plus intime « association paraîtra toujours fort suspect dans le dévouemen « qu'il étale envers une foule inconnue. Notre cœur ne peu' « s'affranchir dignement de sa personnalité primitive que par il « seule intimité qui soit complète et durable, à raison même d< « sa destination exclusive. Quand il a fait ce pas décisif,! « s'élève graduellement à une sincère universalité d'affectioil « habituelle. » (PoL Pos., I, 236.)

sans cette grossière excitation, la principale efficacité du mariage se développe beaucoup mieux.

Tel sera le cas normal de la chaste union consacrée par notre culte envers les couples incapables de concourir dignement à la propagation de l'espèce humaine. Beaucoup de maladies se transmettent et même s'aggravent, par rhérédité ; en sorte que des milliers d'enfants naissent chétifs pour mourir bientôt, sans que leur existence ait jamais cessé d'être un fardeau. Dans la civilisation moderne, où toutes les naissances sont également protégées, ces tristes résultats se multiplient davantage que chez les anciens qui détruisaient la i plupart des rejetons débiles. En scrutant assez cette igraride question, on trouverait peut-être que le quart jdes populations occidentales devrait sagement s'abs- , tenir de toute procréation, pour concentrer une telle fonction chez les couples convenablement disposés. Quand on soignera la propagation de notre espèce autant que celle des principales races domestiques, on reconnaîtra la nécessité de la régler aussi. Mais cela ne peut résulter que de la libre institution des mariages chastes, d'après la théorie positive de l'union Iconjugale, où les relations sexuelles ne sont pas directement nécessaires. Car Tinterdiction légale du mariage, souvent invoquée par les médecins contre les maladies héréditaires, offrirait un remède non moins odieux qu'illusoire' L'influence privée et publique de la religion positive peut seule produire, à cet égard, des résolutions qui manquent autant d'efficacité que de dignité quand elles ne sont pas pleinement volontaires. Dans ces unions exceptionnelles, la vraie nature du mariage deviendra mieux appréciable, lorsque lesdeux âmes seront bien organisées. Un usage étendu de

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Tadoplion y permettra même Tessor des autres affections de famille, en soulageant d'ailleurs les couples spécialement voués à la propagation.

La Femmi-. Cette théorie suffît, mon père, pour caractériser directement le mariage, indépendamment de ses résultats corporels, qui n'ont pas toujours lieu L'amélioration morale de Thomme constitue donc la principale mission de la femme, dans cette incomparable union instituée pour le perfectionnement réciproque des deux sexes. Quant aux fonctions de la mère, vous les avez déjà définies, comme consistant surtout à diriger Tensemble de l'éducation humaine, afin que lel cœur y prévale toujours sur l'esprit. Ainsi, d'après la succession normale de ces deux offices féminins, votre! sexe reste toujours sous la providence affective du mien. Une telle destination indique aussitôt que le lien conjugal doit être unique et même indissoluble, afin que les relations domestiques puissent acquérir la plénitude et la fixité qu'exige leur efficacité morale. Cettedouble condition est tellement conforme à la nature humaine que les unions illicites y tendent spontané-| ment. Mais je crois pourtant que le divorce ne doit paai être entièrement interdit. !

Le Prêtre. Vous savez, ma fille, que saint Augustin, surmontant, par sa propre raison, le génie nécessairement absolu de sa doctrine théologique, commence son principal ouvrage en remarquant que le meurtre peutj devenir souvent excusable, et quelquefois louable. On en peut dire autant du mensonge, et de presque tout ce qui mérite une réprobation générale. Mais, en étendant cette exception au divorce, il ne faut pas altérer l'indissolubilité fondamentale du mariage. Il n'existe vraiment qu'un seul cas où l'union conjugale doive être

légalement dissoute, d'après la condamnation de l'un des époux à toute peine infamante qui le frappe de mort sociale. Dans les autres perturbations, Tindignité suffisamment prolongée peut seulement déterminer la rupture morale du lien, qui produit une séparation personnelle» mais sans permettre un nouveau mariage. La religion positive impose alors à l'innocent une chasteté compatible d*ailleurs avec la plus profonde tendresse. Si cette condition lui semble rigoureuse, il doit Taccepter d'abord en vue de l'ordre général, puis comme une juste conséquence de son erreur primitive.

La Femme. Je connais déjà, mon père, la sainte loi lu veuvage éternel, par laquelle le positivisme complète enfin la grande institution du mariage. Mon sexe ae fera jamais d'objection à cet égard, et vous m'avez appris à réfuter les divers sophismes, même scientiliques, qui pourraient encore émaner du vôtre. Sans un tel complément, la monogamie devient illusoire, puisque les nouvelles noces produisent toujours une polygamie subjective, à moins que la précédente épouse ne ^oit oubliée, ce qui doit peu rassurer l'autre. La seule censée d'une telle mutation suffit pour altérer beaucoup 'union actuelle, d'après une éventualité toujours possible. Ce n'est que par l'assurance d'une inaltérable perpétuité que les liens intimes peuvent acquérir la 'onsistance et la plénitude indispensables à leur effiacité morale. La plus méprisable des sectes éphémères {ue suscita l'anarchie moderne me paraît être celle qui voulut ériger l'inconstance en condition de bonheur, ;omme l'instabilité des occupations en moyen de perectionnement * . J'ai lu, dans la Politique ^positive y une

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