Pol. Pos., I
litivement notre meilleure providence morale. Une eule année de mariage suffit pour procurer à la plus ongue vie une source de bonheur et de perfectionnenent que le temps développe sans cesse, en Fépurant oujoursà mesure que, les imperfections étant oubliées, es qualités ressortent davantage. Ainsi, sans Tunion mbjective qui résulte du veuvage, on supprimerait 'action morale de la femme sur Thomme au moment !nême où doivent surgir ses principaux résultats , d'après a plénitude et la pureté qu'elle acquiert par la mort, ^uand ce complément du mariage sera suffisamment ipprécié, il fournira l'un des meilleurs caractères pratiques de la religion positive, d'après l'évidente incomoatibilité d'une telle institution avec le principe théolojique.
La Femme. Pour achever de comprendre la constitujon domestique, il me reste, mon père, à connaître ses conditions matérielles.
Le Prêtre. Elles résultent, ma fille, de sa destination morale et sociale. Le double office fondamental de a femme, comme mère et comme épouse, équivaut, bnvers la famille, à celui du pouvoir spirituel dans 'Etat. Il exige donc le même affranchissement de la We active, et une pareille renonciation à tout commanilement. Ce double isolement est encore plus indispensable à la femme qu'au prêtre, pour conserver la prééninence affective où réside son vrai mérite, moins susceptible que la supériorité mentale de résister aux impulsions pratiques. Toute femme doit donc être soigneusement préservée du travail extérieur, afin de pouvoir accomplir dignement sa sainte mission. Volontairement renfermée au sanctuaire domestique, lie y poursuit librement le perfectionnement moral de
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son époux et de ses enfants, dont elle y reçoit dignement les justes hommages.
Une telle constitution repose matériellement surf cette règle fondamentale, que le positivisme a seul systématisée, mais qui fut toujours pressentie par] Tinstinct universel : V homme doit nourrir la femme, j Elle équivaut à l'obligation de la classe active envers j la classe contemplative, sauf la différence essentielle! quant au mode d'exécution. Pour Tentretien du sacerdoce, le devoir reste purement collectif, et ne peut de- j venir individuel que dans des cas très exceptionnels» C'est précisément Tinverse à l'égard des femmes,] d'après la diversité des influences morales, d'un côté domestiques, de l'autre universelles. Nourrie d'abord | par son père ou ses frères, chaque femme l'est ensuite j par son époux ou ses fils. A défaut de ces soutiens j spéciaux, l'obligation du sexe actif envers le sexe affectif devient générale, et le gouvernement doit y j, pourvoir, sous l'inspiration du sacerdoce. Telle estl la première base matérielle de la vraie constitutions! domestique. i
Mais l'accomplissement de cette condition nécessite aussitôt une autre institution, la renonciation des femmes à tout héritage. Cette libre exhérédation est aussi motivée que celle des prêtres, soit pour prévenin une influence corruptrice, soit afin de concentrer les-i capitaux humains chez ceux qui doivent en diriger l'emploi. La richesse est même plus dangereuse àvotre sexe qu'au sacerdoce, comme altérant davantage la prééminence morale que la supériorité mentale. Enfin, l'exhérédation féminine fournit le seul moyen de sup- ; primer l'usage des dots, si pernicieux à tant de familles et directement contraire à la véritable institution du
mariage. Alors runion conjugale résultera d'un cligne choix, étendu librement à toutes les classes, d'après iruniformité résultée entre elles de l'éducation univer- 'selle, malgré les inégalités nécessaires de puissance et de richesse. Mais, afin que l'ensemble de ces motifs Iconserve toute sa validité, il faut que Texhérédation féminine reste pleinement volontaire, sans résulter jamais d'un commandement légal.
La Femme. La religion positive aura peu de peine, mon père, à faire prévaloir cette résolution parmi les femmes, quand leur existence matérielle sera dignement assurée d'après les devoirs privés garantis par les convictions publiques. On a souvent déploré les caprices que produit la richesse oisive chez celles qui veulent ainsi commander au lieu d'aimer. Mais la dégradation morale m'a paru plus grande encore quand la femme s'enrichit par son propre travail. L'âpreté continue du gain lui fait perdre alors jusqu'à cette bienveillance spontanée que conserve l'autre type an milieu de ses dissipations.il ne peut exister de pires chefs industriels que des femmes.
Le Prêtre. Afin de compléter cet aperçu général de la constitution domestique propre au positivisme, il me reste, ma fiile, à vous indiquer une institution indisipensable à l'entière efficacité d'une telle rénovation. Elle consiste dans le plein développement de la faculté de tester, en y joignant la libre adoption ; mais sous la responsabilité morale du chef de famille, toujours soumis au digne examen du sacerdoce et du public. L'entretien suivant vous signalera la portée sociale de cette double institution, pour remédier, autant que possible, aux principaux inconvénients que comporte la transmission héréditaire des propriétés matérielles. Mais
VOUS nV devez maintenant apprécier que son aptitude domestique à purifier et consolider tons les liens élé- j mentaires, en les dégageant des ignobles vœux qui les , souillent aujourd'hui. C'est le seul moyen de rendre I TalTection de? fils envers les pères, si-non aussi tendre, , du moins aussi noble que celle des femmes pour l6s<, maris. L'amitié fraternelle sera mieux garantie ainsi i que d'après l'égalité révolutionnaire des partages, oui même suivant la subordination féodale à Tégard des? aînés. Parmi les riches, chacun n'attendra des siens que les secours matériels nécessaires à son éducations et à son installation sociale. Alors tous se livreront sans < trouble au plein développement des meilleures affections. Si les pères n'obtiennent pas de dignes fils, ils y suppléeront par de sages adoptions.
Telles sont les familles au sein desquelles un sa*^ cerdoce librement vénéré de tous leurs membres s'efforcera sans cesse de prévenir ou de réparer les conflits mutuels résultés des mauvaises passions. 11 y fera sentir aux femmes le mérite de la soumission, en déve- Ipopant cette admirable maxime d'Aristote : « La prin- « cipale force de la femme consiste à surTYionter la dif- « ficultë d'obéir^ ». Leur éducation les aura préparées à comprendre que toute domination, loin de les élever réellement, les dégrade nécessairement, en altérant leur principale valeur, pour attendre de la force l'ascendant qui n'est dû qu'à l'amour. En même temps, le
1. M. Lémos suggère le passage suivant d'Aristote comme étant le plus approché. « La sagesse de Thomme n'est pas celle « de la femme ; son courage, son équité ne sont pas les mêmes « comme le pensait Socrate ; la force de l'un est toute de com- « mandement, celle de l'autre toute de soumission. » {Polit., liv. I, chap. ▼, 38.)
sacerdoce les protégera contre la tyrannie des époux et l'ingratitude des fils, en rappelant avec sagesse aux uns et aux autres les préceptes de la religion positive sur la supériorité morale et Toffice social du sexe affectif. C'est surtout par la réaction prépondérante de la vie publique que la vie privée fut graduellement améliorée jusqu'ici. Le régime final confie le développement de cette influence au sacerdoce de l'Humanité, qui peut seul pénétrer dignement au sein des familles, pour ennoblir et consolider toutes les affections domestiques en les rattachant toujours à leur destination sociale.