Attachement
lion aux auteurs, qui doivent en être les meilleurs! juges, ainsi constamment responsables. Tout prêir. qui vendrait ses livres ou ses leçons serait donc pii sévèrement, jusqu'à perdre son office dès la troisièiM infraction. il
Afin de compléter la purification du sacerdoce, il ' faut aussi Tempêcher d'opprimer aucune doctrine contraire à la sienne. C'est pourquoi le régime positif exi- jj géra toujours une pleine liberté d'exposition, et même ' de discussion, comme il convient à des dogmes constamment démontrables. Les seules restrictions nor- ji maies de cette liberté fondamentale doivent résulter ' de l'opinion publique, qui, d'après une sage éducatir universelle, repoussera spontanément les thèses con- j traires à ses convictions quelconques. On en peut juger ! déjà par la discipline involontaire qui maintient la foi positive, sans aucune contrainte matérielle, envers les principales notions delà science moderne^ Pourvu que la contradiction ne soit jamais interdite légalement, nul ne peut se plaindre raisonnablement de la répugnance
1. « 11 n'y a point de liberté de conscience en astronomie, en « physique, en chimie, en physiologie, dans ce sens que chacun « trouverait absurde de ne pas croire de confiance aux principes « établis dans ces sciences par les hommes compétents. S'il en « est autrement en politique, c'est parce que les anciens prin- « cipes étant tombés et les nouveaux n'étant pas encore formés, « il n'y a point, à proprement parler, dans cet intervalle, de « principes établis. Mais convertir ce fait passager en dogme <^ absolu et éternel, en faire une maxime fondamentale, c'est « évidemment proclamer que la société doit toujours rester sans « doctrines générales. »
Ce texte significatif est de la jeunesse d'Aug. Comte (1820). l Mais Comte le reproduit à la fin de sa Politique positive (Pol. Pos., IV, A. G., 53).
Pour le commentaire de la théorie de Comte sur la liberté de conscience, voir Introduction, p. xxix.
ru'il inspire au public. Un tel ensemble de conditions ibligera toujours le sacerdoce à persuader ou conaincre pour exercer une action réelle sur les grands ît les petits.
\ La Femme. Son intervention civique devant surtout consister à régler dignement les relations habituelles mtre le patriciat et le prolétariat, je vous prie, mon )ère, de caractériser spécialement cet office fonda-
nental.
Le Prêtre. Pour cela, ma fille, je dois d'abord spéîîifier davantage la constitution normale de l'industrie noderne. Elle repose sur deux conditions générales, iéjà sensibles à la fin du moyen âge, et toujours développées, depuis : la division entre les entrepreneurs et es travailleurs ; et la hiérarchie intérieure du patriciat, d'où résulte celle du prolétariat. La subordination les campagnes envers les villes, complète cette organisation.
Après l'abolition du servage, lïndustrie surgit assez pour se dispenser de travailler sur commande; elle Ipourvut d'avance aux besoins publics. Dès lors, les en- Itrepreneurs proprements dits se séparèrent bientôt des simples travailleurs. Leur essor distinct détermina graduellement, d'après la nature de leurs occupations, la hiérarchie normale que notre culte vous indique déjà. Elle s'élève des agriculteurs aux fabricants, puis de iceux-ci aux commerçants, pour monter enfin aux banquiers, en fondant chaque classe sur la précédente. Des opérations plus indirectes, confiées à des agents plus jchoisis et moins nombreux, exigent ainsi des conceptions plus générales et plus abstraites, comme une plus vaste responsabilité. Ce classement spontané, systématisé par le positivisme d'après notre principe hiérar-
chique, érige la coordination normale Je Findustrie e prolongement naturel de celles qui sont propres d'abord à la science, puis à Part ^
L'efTicacité sociale de cette hiérarchie industriell suppose que le patriciat est assez concentré pour qu chaque membre y administre tout ce qu'il peut réelle! ment diriger, afin de diminuer le plus possible les frai de gérance et de mieux assurer la responsabilité. Ici le véritable intérêt des inférieurs coïncide pleinement avec la tendance naturelle des supérieurs. Car d< grands devoirs exigent de grandes forces. Nos déî sordres actuels sont surtout aggravés par TenvieusM ambition de la petite bourgeoisie et son aveugle déi dain des existences populaires. Quand ses mœurisi seront assez régénérées, sous l'impulsion combiné* des situations et des convictions, sa tête se fondra dan le patriciat et sa masse dans le prolétariat, de ma nière à dissoudre les classes moyennes propremen dites ^.
La Flemme. Cette indispensable concentration des ri chesses est déjà souhaitée, mon père, par les prolétaires de nos grandes villes, comme un véritable bienfait social, quoique nos campagnards persistent trop à dési-
1. Les patriciens sont classés, en allant des banquiers aux agricul leurs, dans Tordre de généralité décroissante des fonctions et (i( multiplicité croissante des fonctionnaires, comme les scienccî dans l'ordre de complexité décroissante et de généralité crois santé de leur objet. :
2. Comte déteste ces classes moyennes, maîtresses sous If | monarchie de juillet. Il leur en veut de leur égoïsme, de leur es- f prit anti-organique, et de vouloir innoculer au peuple leurs qua lités de prudence et d'épargne. — La vertu du prolétariat, c'est Ir sociabilité. On ne doit même pas, comme on le fait, combattre le goût du cabaret, qui n'est qu'une manifestation de cette sociabilité ; on doit seulement transformer les cabarets.
îf une dispersion presque indéfinie. Mais une telle mdensation doit beaucoup dépendre de la transmison héréditaire des propriétés. L'indication que vous ^ez ébauchée à cet égard dans l'explication du culte e paraissant insuffisante, je vous prie de la cométer ici.
Le Prêtre. Il faut, ma fille, la rattacher au principe lus général qui règle la succession normale des fonconnaires quelconques. Le mode électif ne fut introait que comme une protestation, longtemps indispenîble, contre le régime des castes, devenu finalement ppressif. Mais, en lui-même, tout choix des supérieurs ar les inférieurs est profondément anarchique : il n'a imais servi qu'à dissoudre graduellement un ordre viieux. L'état final ne doit, à cet égard, différer du rélime primitif qu'en substituant à l'autorité théocraique, uniquement fondée sur la naissance, l'hérédité ociocratique, résultée toujours d'une libre initiative e chaque fonctionnaire.
Toutes les complications sociales inspirées par la jéfiance n'aboutissent réellementqu'à l'irresponsabilité, lonfiance entière et pleine responsabilité, tel est le ouble caractère du régime positif. Le digne organe 'une fonction quelconque devient toujours le meilleur jge de son successeur, dont il doit toutefois soumettre 1 désignation à son propre supérieur. C'est seulement ans l'ordre spirituel que tous les choix appartiennent u chef suprême, afin d'obtenir la suffisante concentraion d'un office aussi difficile.
Envers les plus hautes fonctions temporelles, le conrôle du supérieur se trouve naturellement remplacé arl'examen du sacerdoce et du public. C'est pourquoi 3 chef doit désigner solennellement son successeur
en recevant, comme vous le savez, le sacrement de retraite, à un Age où son choix peut encore être libr^ ment modifié d'après les avis convenables. Dans 1«! cas exceptionnels, le sacerdoce pourrait donc, en refw' sant cette consécration, empêcher assez ce dernier acj d'un pouvoir indigne ou incapable.
La richesse étant socialement conçue comme m! autorité, sa transmission doit suivre les mêmes règl<^ générales. Ce libre choix de l'héritier, d'après uw pleine faculté de tester et d'adopter, fournit le meillew remède contre les abus ordinaires de la possession. W effet, chacun devient alors responsable d'une indign succession, qui ne peut maintenant lui mériter aucui reproche. On doit peu craindre que l'héritage échoi ordinairement à l'un des fils, si tous sont vraiment it capables. Caria tendance des chefs industriels à perpij tuer dignement leurs maisons les dispose souvent choisir leurs successeurs hors de leur propre familM ce qu'ils ne peuvent faire aujourd'hui qu'en sacrifiai^ leurs filles. Ainsi, l'hérédité sociocratique, loin de djj minuer le pouvoir des riches, lui devient plus favorabl que l'hérédité théocratique, tout en augmentant beail coup leur responsabilité morale.
La Fewmb. Une telle explication achève, mon p^é de me faire assez connaître la constitution temporel^ du régime positif. Vous pouvez donc apprécier dire^ tement l'intervention générale du sacerdoce de rHumsi nité dans les principaux conflits civiques.
Le Prêtre. Afin de mieux caractériser cette attrij bution décisive, je crois devoir, ma fille, vous indiqué d'abord la statistique normale du patriciat pour Fen semble de l'Occident. Deux mille banquiers, cent mill commerçants, deux cent mille fabricants et quatre ceij
nille agriculteurs, me paraissent fournir assez de îhefs industriels aux cent vingt millions d'habitants (ui composent la population occidentale. Chez ce petit iombre de patriciens, se trouveront concentrés tous es capitaux occidentaux, dont ils devront diriger librement Tactive application, sous leur constante responsabilité morale, au profit d'un prolétariat trente-trois ois plus nombreux.
Dans chaque république particulière, le gouvernement proprement dit, c'est-à-dire le suprême pouvoir temporel, appartiendra naturellement aux trois princilaux banquiers, respectivement livrés de préférence lUX opérations commerciales, manufacturières, et agriîoles. C'est donc surtout à ces deux cents triumvirs que e sacerdoce occidental, dirigé par le Grand-Prêtre de 'Humanité, devra dignement soumettre les réclamaions légitimes d'un immense prolétariat. La classe îxceptionnellequi contemple habituellement l'avenir et e passé, applique alors au présent toutes ses solliciudes, en parlant à ceux qui vivent au nom de ceux qui récurent et pour ceux qui vivront.
La Femme. Ce langage, mon père, me semble reposer oujours sur une juste appréciation des diverses exisences. En érigeant tous les citoyens en fonctionnaires )0ciâux, d'après l'utilité réelle de leurs offices respecifs, le positivisme ennoblit l'obéissance et consolide e commandement. Au lieu d'une simple destination )rivée, chaque activité se sent honorée par sa digne )articipation au bien public. Or, pour obtenir cette sautaire transformation, le sacerdoce n'a jamais besoin le susciter un enthousiasme exceptionnel. 11 lui suffit oujours de faire partout prévaloir une exacte appréîiatioîi des réalités habituelles.
314 CATÉCHISME POSITIVISTE î
Le Prêtre. Notre principe fondamental sur la gra tuité nécessaire du travail humain procure, ma fille, d( | puissants moyens pour mieux développer les sentimentî et les convictions qui conviennent à chaque classe sociale. Quand le salaire n'est plus conçu comme payan la valeur du fonctionnaire, mais seulement les matériaux qu'il consomme, le mérite personnel de chacur ressort davantage aux yeux de tous. Le sacerdoce peut donc accomplir mieux son principal devoir social, consistant à toujours opposer dignement le classement abstrait des individus, d'après leur appréciation Intel- Il lectuelle et morale, au classement concret résulté de! la subordination des offices. Ce contraste convenable- |i ment développé ramènera les supérieurs à de meilleures jj dispositions envers leurs inférieurs, quand ils recon-i naîtront que leur propre élévation tient plus à la situa^ lion qu'au mérite. Quoique la vie subjective puisse seulefaire vraiment prévaloir le classement personnel sans susciter aucune tendance subversive, cette opposition religieuse rendra mieux appréciable le classement officiel tout en lui conservant un juste respect.
Mais, en même temps, le sacerdoce fera profon-t dément sentir aux prolétaires les vrais avantages de^ leur condition sociale. A des âmes préparées par une«| sage éducation, et constamment pénétrées d'affections*! domestiques, il n'aura pas de peine à démontrer Tin-fi time réalité de cette admirable maxime du grandj Corneille :
On va d'un pas plus ferme à suivre qu'à conduire *.
1. Imitation de Jésus-Christ (traduction de Corneille}, 11 v. I, chap. IX.
Le bonheur résulté d'une digne soumission et d'une aste irresponsabilité s'y trouvera sans cesse apprécié, i[uand la vie de famille aura convenablement surgi [ans le milieu le plus propre à la bien goûter. Alors le )rolétariat sentira que le principal office du patriciat onsiste à procurer à tous le paisible essor de ces satisfactions domestiques, où réside surtout notre vraie élicité. Leur moindre développement chez les chefs ipiritueîs ou temporels, toujours préoccupés d'une mmense responsabilité, fera généralement regarder lîomme plus digne de pitié que d'envie une élévation jui n'a d'autre compensation solide qu'une meilleure jarticipation au bien public. Mais cette noble récompense n'est assez goûtée que des âmes d'élite, toujours :rès rares dans le patriciat, et même au sein du sacerloce. Il faut donc laisser un juste cours aux satisfactions mlgaires de l'orgueil ou de la vanité, seules capables ordinairement d'exciter assez le zèle qu'exigent le commandement et le conseil.
I La Femme. Je voudrais, mon père, connaître avec iplus de précision cette attribution fondamentale des libres administrateurs du capital humain pour assurer taux proléic-lres un digne essor de l'existence domestique, première garantie normale de l'ordre civil.
Le Prêtre. Bornez-vous, ma fille, à concevoir chacun d'abord comme propriétaire, puis comme salarié. Un prolétaire quelconque doit posséder tous les matériaux d'un usage exclusif et continu, soit à lui-même, soit à sa famille. Cette règle, évidemment réalisable, peut seule assurer l'ordre pratique. Mais nous sommes loindesondigne accomplissement. Beaucoup d'hommes estimables sont encore dépourvus de la propriété de leurs meubles les plus usuels ; et quelques-uns n'ont
pas seulement celle de leurs vêtements. Quant au domicile, vous savez que la plupart des prolétaires restent^ plutôt campés que casés dans nos cités anarchiques 11 suffirait pourtant de décomposer en appartements laJ vente ordinaire des maisons, comme on le voit en^i quelques villes, pour que chaque famille populaire,!! après un léo^er surcroît de loyer pendant quelques! années, possédât irrévocablement son logement ^
Le culte et le régime privés déterminent assez Téten-^ due normale d'un tel domicile, et caractérisent Tim-j portance de sa fixité, sans laquelle on peut dire que lai première révolution humaine, le passage de la vie nomade à Tétat sédentaire, demeure inachevée. Elle doit même réagir sur la stabilité matérielle des relations industrielles, en supprimant spontanément un funeste vagabondage. Tout en consacrant la pleine liberté du concours humain, la religion positive impose à chacun le devoir de ne jamais changer sans de graves motifs ni ses inférieurs ni ses supérieurs. La capricieuse mutation des fournisseurs habituels devient elle-même blâmable, puisqu'elle tend à troubler l'économie générale de leurs opérations, qui suppose une suffisante fixité dans leur clientèle.
Quant au salaire périodique, il doit être normalement composé de deux parties inégales. Tune indépen-|ij| dante du travail effectif et propre à l'office correspoii-!j|j dant, l'autre subordonnée aux résultats journaliers^.
1. « Outre son efficacité directe et spéciale, l'appropriation du 4. domicile comporte indirectement une réaction générale sur « le cœur et Tesprit, en augmentant la fixité des sentiments et « des pensées d'après celle des habitudes. » [Poli. Pos.^ 339.)
2. 11 s'agit des résultats de l'entreprise qui dépendent de beaucoup d'autres causes que du seul travail de l'ouvrier. Le principe
:il
C'est le seul moyen de garantir les ouvriers contre les chômages qui ne leur sont pas imputables, sans cesser pourtant de permettre aux chefs un juste essor des divers perfectionnements industriels, surtout mécaniques. 'L^extension des machines, qui relève la dignité morale du travailleur humain et augmente son efficacité matérielle, pourra dès lors s'accomplir librement, à l'abri de tout reproche social. Mais la proportion entre la partie fixe et la partie mobile du salaire des ouvriers doit varier parmi les différentes industries, suivant des lois que le patriciat peut seul déterminer.
La Femme. Malgré la salutaire influence de cet ordre normal, je sens, mon père, que l'instinct destructeur, ; sollicitant les autres penchants égoïstes, suscitera toujours des conflits quelconques chez les Occidentaux régénérés. Je dois donc vous demander quelle sera l'intervention du sacerdoce dans ces inévitables débats?
Le Prêtre. 11 s'efforcera d'abord, ma fille, de les prévenir autant que possible, d'après un sage emploi de sa discipline spirituelle. Elle diffère surtout de la règle temporelle en ce qu'elle excite les bons penchants plutôt que de combattre les mauvais. Sa marche est donc plus positive que négative, corrigeant davantage par comparaison que par compression, en récompensant les uns au lieu de punir les autres ; quoiqu'elle sache j sévir au besoin, comme je vous l'expliquai déjà.
L'ensemble de ces moyens préviendra souvent, ou réparera bientôt, les conflits civiques résultés de l'activité pratique, sous le jeu naturel des passions égoïstes.
delà gratuité du travail demeure donc intact. Dans le quatrième volume de la Politique Positive, Comte propose, comme salaire ■fixe, cent francs pour chacun des treize mois de l'année positiviste. {Pol.pos., IV, 340.)
Toute la religion positive tend à faire sentir que, j société reposant toujours sur un libre concours, • n'existe de transactions durables et de modification tégitimes que celles qui résultent d'un assentiment vu lontaire des divers coopérateurs. La plus grande des révolutions sociales, l'abolition graduelle de Tesclavage occidental, s'accomplit, au moyen âge, sans une seule insurrection.
Toutefois, comme notre imperfection cérébrale ne permettra point au sacerdoce de faire toujours respecter assez les volontés humaines, il devra finalement s'attacher à modérer les conflits qu'il ne pourra pas empêcher. Sa règle générale, conforme à la nature de la civilisation moderne, consiste à flétrir radicalemencomme également anarchique et rétrograde, tout pro cédé militaire des supérieurs ou des inférieurs. Dans Tassociation industrielle, les luttes matérielles, quand on ne peut les éviter, doivent reposer sur la richesse, concentrée ou dispersée, et jamais sur la violence personnelle, qu'il faut réserver contre les malfaiteurs proprement dits. Car on ne doit réprimer par la force que les actions unanimement réprouvées, même de leurs propres auteurs.
L'instinct destructeur peut toujours admettre une telle transformation, presque complète maintenant en- Vers les infractions chroniques, même collectives, et qu'il reste seulement à systématiser en l'étendant aux perturbations aiguës. Déjà les persécutions habituelles, qTii jadis attentaient à la vie, respectent mênie la liberté, pour se borner à la fortune, de manière à devenir plus évitables et mieux réparables ; comme, chez les criminels, les vols ont remplacé les meurtres. On peut donc espérer que la religion positive déterminerales hommes
vider leurs plus violents débats sans aucune guerre .roprement dite, même civile, l.a restriction normale les républiques partielles doit beaucoup faciliter celte •ansformation finale, en augmentant à la fois la puisance du patriciat et l'indépendance du prolétariat.
La Femme. Quelque précieuse que soit une telle conersion des luttes matérielles, elle me semble, mon ,ère, plus avantageuse aux supérieurs qu'aux inféieurs. En renonçant à tout usage habituel de la force iroprement dite, pour se borner à des conflits pécudaires, les travailleurs me paraissent faire un grand ;cte de générosité sociale, d'ailleurs pleinement moivé. IMais je crains qu'en laissant ainsi transporteries ^ébats sur le domaine propre aux entrepreneurs, ils ne leviennent souvent victimes de l'égoïsme des riches, néme quand ils auront obtenu partout la juste autoriiation de se coaliser à leur gré sans aucune violence. :ar, quelque puissance civique que les plébéiens puissent tirer de leurs dignes refus collectifs de coopéraion industrielle, les immenses capitaux de nos patriciens permettront peut-être à ceux-ci de surmonter Lalement les plus justes résistances. Quoique le sacerioce doive procurer beaucoup de force aux coalitions ouvrières quand il les aura sanctionnées, je redoute enîore l'abusive prépondérance de la richesse *. . ; Le Prêtre. Afin de vous rassurer, ma fille, considé- I fez d'abord l'influence habituelle du sacerdoce sur le patriciat d'après d'intimes relations personnelles. Suivant notre aperçu statistique, le nombre normal des
' 1 Comte demande donc, le trouvant légitime et nécessaire, le ^roitde coalition et de grève, que la loi refusait encore de son temps.
320 CATÉCHISMK POSITIVISTE
banquiers est égal, en Occident, à celui des templci positivistes, dont chacun se trouvera naturellemer placé sous le protectorat temporel du banquier adjr cent, chargé, par le triumvirat national, de transmettr tous les paiements sacerdotaux. Il s'ensuivra de fre quents rapports entre les prêtres et les principau chefs industriels; de manière à ranimer spécialemen chez ceux-ci la vénération résultée de leur propre édu cation et prolongée par celle de leurs enfants.
La Femme. Permettez, mon père, que je vous inter rompe un moment, quant à cette dernière influence- Nôtre instruction encyclopédique ne devant jamai devenir obligatoire, les riches seront peut-être détour nés, par un sot orgueil, d'y laisser participer leurs fils et surtout leurs filles, sauf à renoncer aux sacrement! qui la suivront, et même aux recommandations socialei qu'elle procurera. Dès lors, l'influence personnelle qut vous signalez se trouverait essentiellement réduite i la déférence involontaire qu'obtiennent partout le talenJ et la vertu.
Le Prêtre. Cette objection incidente est plus forte^j ma fille, que vous ne le croyez; et néanmoins je l'écart terai sans peine. En effet, il ne faudra point avoir suivi! nos écoles positivistes pour être admis à recevoir nosi sacrements sociaux, et même à subir nos examens publics, où l'on ne s'informera jamais de qui provient l'instruction, pourvu qu'elle soit réelle et suffisante. Seulement, quand elle n'émanera pas du sacerdoce, nofiil prêtres auront besoin déplus d'efforts afin de recueilliWÎ les informations morales qui seront toujours autani indispensables que les jugements intellectuels '.
1. La liberté de renseignement, comme celle de la Presse ou de» réunion, sont chez Comte des partis pris fondamentaux (Voir //i-i!
Malgré cette pleine liberté d'enseignement, qui 'ailleurs augmentera le zèle de nos professeurs, les lîoles officielles ne seront jamais désertées par les Iches, à moins que le sacerdoce ne dégénère. Car, ils e voudront pas que leurs enfants restent au-dessous e l'instruction populaire, dont ils ne pourront cependant leur procurer, même à grands frais, l'équivalent rivé. En effet, le sacerdoce absorbera naturellement as meilleurs professeurs, que leurs autres fonctions étourneront toujours de l'enseignement particulier, ui d'ailleurs leur sera, comme vous savez, sévèrement aterdit. Les maîtres privés se recruteront donc parmi 3S hommes incapables de devenir prêtres ou même icaires ; en sorte que leurs leçons seront habituellement discréditées.
j La Femme. Une telle explication me rassure complèement, mon père, contre les répugnances aristocrajiques enversnotreéducationuniverselle. Ainsi, je vous >rie de reprendre votre importante appréciation des nfluences propres au sacerdoce positif pour prévenir )U réparer, auprès des chefs industriels, les plus graves îonflits pratiques.
Le Prêtre. Outre ses relations personnelles avec la )remière classe patricienne, qui peut tant réagir sur les autres, il trouvera partout, ma fille, des auxiliaires spéciaux, d'après une digne réorganisation du protectorat volontaire. L'institution chevaleresque n'est aupunement particulière à l'existence militaire, dont le
troduction, p. xxx). — Il écrivait le catéchisme après les longs débats qui s'étaient terminés par le vote de la loi Falloux. Sa foi dans le progrès fatal de l'esprit positif lai permettait de négliger les avantages que la liberté de l'enseignement paraissait assurer à l'esprit théologique.
brutal principe dut, au contraire, entraver beaucou) sjn admirable essor au moyen âge. Elle convient da vantage, sous de meilleures formes, au régime positil où la protection, quoique devenue essentiellement pécu Dîaire, suscitera souvent des dévouements moins écla tants, mais plus efficaces et d'ailleurs mieux régulari ses. Beaucoup de chefs industriels, surtout parmi l banquiers, seront affiliés, dès la jeunesse, à la libri ! association qui, disposant de capitaux immenses, exer I cera spontanément, ou d'après Tappel du sacerdoc une généreuse intervention dans les principaux con flits*. Sa noble protection ne se bornera point aux pro Ictaires opprimés : elle doit aussi garantir les prêtret j contre la tyrannie temporelle. '
LaFbmme. Cette précieuse institution me paraît corn pléter, mon père, Tensemble des moyens propres ai | sacerdoce de THumanité pour régler dignement les relations civiques. Vous pouvez donc m'expliquer sort intervention normale dans les rapports universels.
Lk Pkétre. Ilfaut,mafille,y distinguer deux classes.! suivant qu'ils concernent des populations positivistes ou des peuples encore étrangers à la vraie religion.
Le premier cas n'exige réellement qu'une simpk extension des considérations précédentes ; en sorteii qu'il peut être promptement apprécié. Même rinfluence! sacerdotale y devient à la fois plus facile et plus décisive. Car, après la prochaine décomposition des Etats!
1. D'après la Politique positive^ le noyau de la chevalerie doiti être formé par des patriciens veufs, solennellement voués à ce^lj libre office — autour d'eux se rallieront des jeunes gens, qui- j {pourvus de fortune, aspireront à faire un jour partie de la corporation. — Enfin la chevalerie se complétera par l'affiliation des BûeiJleurs prolétaires {Pot. pos.^ IV, 336).
ctuels, la grande République Occidentale se trouvera [Dartagée en soixante républiques indépendantes, qui ja'auront de vraiment commun que leur régime spirijtuel. Il n'y surgira jamais d'autorité temporelle suscepjtible de commander partout, comme le vain empereur du moyen âge, qui n'y fut, envers le système catholique, qu'un débris perturbateur, empiriquement émané de l'ordre romain. Toutes les opérations collectives, d'ail- Jeurs purement temporaires, y seront toujours con- Iduites d'après le concert passager des triumvirats corjrespondants. Quant aux institutions pratiques qui jdoivent devenir vraiment universelles, leur destination Iraême les réserve constamment au sacerdoce, seol capable de les faire partout prévaloir librement, maître les rivalités nationales. Les gouvernements spéciaux n'y doivent intervenir que pour en faciliter lafon- [dation, d'après les dépenses convenables. C'est par là Iseulement que les monnaies, les mesures, etc., peuvent lacquérir, promptement et paisiblement, une véritable universalité.
jj Ainsi, les soixante républiques de l'Occident ^égé~ jnéré ne se trouveront habituellement liées que d après (une même éducation, des mœurs uniformes, et def^ fêtes communes. En un mot, leur union sera religieuse, et non politique; sauf les relations historiques résultées des agrégations antérieures, et bientôt effacées sous les nouveaux rapprochements, quand elles ne reposeront pas sur la communauté du langage. Le Grand- Prêtre de l'Humanité constituera, mieux qu'aucun pape du moyen âge, le seul chef vraiment occidental. Il pourra donc, au besoin, concentrer toute l'action sacerdotale afin de réprimer chaque triumvirat tyrannique, en invoquant d'ailleurs les chevaliers voisins, et même
la paisible médiation des gouvernements impartiaux Si le3 luttes industrielles deviennent pourtant inévi tables, sa digne sanction pourra procurer aux coali j lions ouvrières une extension décisive, en y faisanJ participer tous les collaborateurs occidentaux, mém ; en dehors de la profession compromise. Mais, récipro = quement, quand le sacerdoce blâmera la conduite de i travailleurs, ou seulement refusera de l'approuver, le! entrepreneurs surmonteront aisément toutes les récla mations vicieuses.
La Femme. Nous n'avons plus, mon père, qu'à déter-i miner les relations systématiques de la population po siti v'i.^te avec les nations qui n'ont point encore embrassa la religion universelle.
Le Prêtre. D'après l'intime connexité résultée dci l'initiation catholico-féodale, succédant partout à l'incorporation romaine, vous concevez, ma fille, que la fov nouvelle prévaudra simultanément dans l'ensemble déi rOccident européen, y compris ses divers appendices coloniaux, surtout américains. Les convergences dues à l'essor positif, scientifique, esthétique et technique* remportent, à beaucoup d'égards, sur les divergences^ provenues de la rupture du lien catholique, et même d'une vicieuse nationalité. Mais cette vaste république! spirituelle ne comprend guère que le cinquième de toute la population humaine. Il importe donc d'apprécier, en général, comment l'Occident régénéré devra graduellement réunira sa foi les habitants quelconques^ de notre planète.
Quand la réorganisation occidentale se trouvera suffisamment assurée, ce digne prosélytisme extérieur deviendra la principale occupation collective du sacerdoce positif. Malgré les prétentions temporelles, son privi-
ège exclusif ne saurait être contestable envers une ,elle attribution. Si le sacerdoce est déjà seul compé- Itent pour régler dignement les rapports mutuels des jiivers peuples occidentaux, à plus forte raison doit-il [régir, sans aucune concurrence, les plus vastes relations sociales. A travers des dominations éphémères et lésastreuses, c'est aux perfectionnements scientifiques f)u techniques qu'on doit réellement toutes les commu- Inications utiles et durables de l'Occident avec le reste ie la planète humaine. Le génie toujours relatif du popitivisme le rend exclusivement propre à comporter de véritables missions, capables de rattacher graduellement les populations quelconques à son unité caractéristique, seule digne de tout embrasser.
La Femme. Cette immense conversion, nécessaire à la pleine constitution du Grand-Être, doit suivre, mon père, une marche naturelle, dont je voudrais connaître ■e caractère essentiel.
Le Prêtre. Il résulte, ma fille, des affinités décroissantes du positivisme occidental avec les diverses populations étrangères, d'abord monothéistes, puis poly- :héistes, et enfin fétichistes. Mais les cas qui semblent les plus défavorables, d'après une moindre préparation spontanée, comportent, au contraire, une grande inter- ^rention systématique, quand on applique dignement ia théorie générale des transitions humaines. Toute la ponversion peut être suffisamment ébauchée en trois générations, une pour chaque degré principal, en laisant au siècle suivant à développer les différentes bases d'uniformité posées par un sacerdoce nombreux 3t zélé, s'il est convenablement assisté.
Le premier cas concerne les monothéistes orientaux, ji'abord chrétiens, puis musulmans, ou la Russie et la
Turquie avec la Perse*. De part et d'autre, on peut élever les populations au niveau final de TOccident, sans | leur imposer une servile et dangereuse imitation de la j marche orageuse et difficile qu'exigea révolution ori- j ginale. Mémo dès aujourd'hui, le positivisme fournir;^, d'après sa théorie historique, de précieuses lumières aux nobles gouvernements qui s'efforcent de diriger cette ascension nécessaire en la préservant des perturbations occidentales. La Russie qui, dans le siècle dernier, se guidait d'après la France, est maintenant conduite à s'en isoler systématiquement. Ce changement est fort sage, puisque Tancienne imitation exposerait désormais les populations slaves à d'immenses perturbations, sans leur procurer aucun véritable progrès <<. intellectuel ou social.
Mais, quand Paris régénéré cessera d'offrir partout^! un type insurrectionnel, il pourra fournir aux dignes^l tzars des notions et des secours propres à seconder systématiquement leur admirable zèle spontané pour la paisible amélioration intérieure de leurs vastes Etats. Au lieu de les inviter à l'imitation d'un passé qui ne comporte aucune reproduction, le positivisme lessi exhortera bientôt à mieux apprécier leurs propres avan-l' tages. Par exemple, la décomposition des grandes fortunes féodales fut nécessaire en France, pour préparer: l'avènement d'un nouveau patriciat sous l'essor éphé-|| mère des classes moyennes. En Russie, au contraire, il importe aujourd'hui de maintenir la concentration de richesses qu'exige l'état final, et que nous aurons ici! beaucoup de peine à reconstruire. Tout l'effort d'un
1. Plus tard, A. Comte revint sur cette opinion en plaçant la Turquie avant la Russie (Pol. Pos.^ IV, 505 et suiv.).
sage autocrate doit alors se borner à la transformation industrielle du caractère militaire, déjà fondée sur la permanence, désormais inaltérable, de la paix universelle.
La Femme. Une telle influence des conseils positivistes me semble, mon père, limitée à la Russie, d'après 'son analogie religieuse avec TOccident. Mais la Turquie !et la Perse ne comportent peut-être qu'une intervention [beaucoup moindre, puisqu'elles ne sont pas même ar- Irivées encore à la monogamie.
I Le Prêtre. La polygamie est aujourd'hui, ma fille, plus réelle souvent à Paris qu'à Constantinople. Outre que l'islamisme a subi la même dissolution que le catholicisme, on se forme, en général, une idée exagérée de |la diversité des mœurs et d'opinions entre les Orientaux let les Occidentaux ; comme le témoigne la tendance spontanée des musulmans à nous prendre pour guides.
En repoussant la division des deux pouvoirs, afin de mieux constituer sa théocratie militaire, l'incomparable Mahomet pressentit que cet immense perfectionnement Ide l'ordre social était encore prématuré, en tant qu'inpompatible avec le principe théologique. 11 dut alors [regarder une telle tentative comme particulière à l'Occident, où son avortement final susciterait longtemps de graves dangers. Si l'islamisjne priva les Orientaux des admirables progrès accomplis, au moyen âge, sous l'impulsion catholique, il les préserva, depuis, de la transition anarchique qui nous tourmenta pendant les cinq derniers siècles, et d'où résultent aujourd'hui tant d'obstacles. Grâce à leur régime, les musulmans sont essentiellement exempts de métaphysiciens et même de légistes. Le positivisme, en les détournant d'une désastreuse imitation, leur fera sagement apprécier cet
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avantage capital, qui peut beaucoup seconder leur régénération finale.
La Femme. Je comprends, mon père, une telle relation, dont le principe m'avait échappé, faute de connaître assez votre théorie historique. Mais envers lesi polythéistes, qui forment presque la moitié de la popu- j lation humaine, je serais bien surprise que notre foi comportât immédiatement une équivalente efficacité, puisque la distance s'y trouve trop grande.
Le Prêtre. Au contraire, ma fille, nous pouvons devenir beaucoup plus utiles aux polythéistes qu'aux monothéistes, en leur épargnant une transition plus longue et plus difficile. Leur essor spontané les ferait peut être passer d'abord par un monothéisme quelconque; quoiqu'ils y soient peu disposés en remarquant le discrédit total qu'il subit, depuis un siècle au moins, en Occident et même en Orient. Mais la religion positive les dispensera de cette marche empirique, en instituant spécialement leur transition directe à la foi finale de l'homme. Le monothéisme n'est vraiment nécessaire que dans l'évolution originale. Beaucoup de nos adolescents le franchiront spontanément pendant leur noviciat encyclopédique. A plus forte raison, le zèle systématique du sacerdoce occidental peut-il en préservers les polythéistes actuels, dont les principaux dogmes ; sont transformables en notions positives, couvertes seu-| lement d'une sorte d'enluminure divine, qui se dissi-ij perait bientôt ^
La Femme. Quant aux fétichistes, d'ailleurs peu nom-i!
{. Il faudrait présenter aux polythéistes trois Déesses, respec- i tivement destinées à représenter l'ordre matériel, l'ordre vital,;ij l'ordre humain (Pol. Pos., IV, 512).
breux, leur état me semble, mon père, tellement éloijgné du nôtre, que je ne conçois pas la possibilité de les amener rapidement au niveau final de l'Occident.
Le Prêtre. Malgré leur petit nombre, ma fille, ils ioccupent, au milieu de l'Afrique, une vaste région comiplètement inaccessible encore à notre civilisation, qui in'y pourra pénétrer que sous l'impulsion prolongée du isacerdoce positif. Nos dignes missionnaires y trouveront le cas le plus propre à stimuler les efforts théoriques et le zèle pratique, en se proposant d'étendre directement la religion universelle chez ces populations naïves, sans leur imposer aucune transition monothéique, ni même polythéique. La possibilité d'un tel succès résulte de la profonde affinité du positivisme avec le fétichisme, qui n'en diffère, pour le dogme, qu'en confondant l'activité avec la vie, et quant au culte, en adorant les matériaux au lieu des produits K
Dans toute initiation humaine, spontanée ou dirigée, le fétichisme constitue le seul mode du régime fictif qui soit vraiment inévitable, parce qu'il surgit en un temps où l'espèce et l'individu sont incapables de réflexions quelconques. Chacune des deux autres phases préliminaires peut être épargnée à l'évolution pleinement systématique. Sinous tenions à préserver nos enfants du polythéisme, nous y pourrions parvenir en prolongeant l'état fétichique jusqu'à ce que, par des modifications
1. « Scientifiquement appréciée, son erreur consiste à ne pas distinguer la vie proprement dite de Factivité spontanée. » (PoL Po.s., III, 27.) — On sait que, pour Auguste Comte, il y a dans les corps inorganiques activité spontanée (pour la conciliation de ce fait avec le principe de l'inertie, voir Pol. Pos., I, 492). Le tort
' du fétichisme est de leur attribuer une activité vitale et pensante
{ et d'adorer les matériaux du travail humain.
graduelles, il aboutît au positivisme. Mais cet effor j manquerait alors d'opportunité, sans parler de sa ten * dance à troubler l'essor naturel de rimaginatior humaine. Il en est tout autrement envers révolutioi ' collective de l'Afrique centrale, où de telles transfor I mations comporteront la plus salutaire efficacité, tan ; locale qu'universelle.
La Femme. Je n'ai plus, mon père, qu'une dernière remarque à vous soumettre sur ces immenses métamorphoses intellectuelles et sociales, qui donnent tani d'intérêt aux plus vastes rapports humains, toujours souillés jusqu'ici d'égoïsmeet d'empirisme. Sans partager aucunement les barbares préjugés des blancs contre les noirs, j'ose à peine espérer que l'universalité de Is foi positive ne soit pas indéfiniment eniravée par la diversité des races.
Le Prêtre. La vraie théorie biologique des races humaines résulte, ma fille, de la conception de Blainville, qui représente ces différences comme des variétés dues au milieu, mais devenues fixes, même héréditai-jl rement, quand elles eurent atteint leur plus grande intensité. D'après ce principe, on peut construire subn jectivement^ une doctrine essentiellement conforme aux? seules diversités constatées par l'appréciation objective, ! qui n'admet réellement que trois races distinctes, blanche, jaune et noire.
En effet, il n'a pu se développer de différences essen- ; tielles et durables qu'envers la prépondérance relative j des trois parties fondamentales de l'appareil cérébral, spéculative, active, et affective. Telles sont donc no6R!|
i. C'est-à-dire par l'observation de la nature humaine se raani festant dans la société.
trois races nécessaires, dont chacune est supérieure taux deux autres, ou en intelligence, ou en activité, ou len sentiment, comme le confirme Fensemble des saines observations. Cette appréciation finale doit les détourner de tout dédain mutuel, et leur faire également comprendre l'efficacité de leur intime concours, pour achever de constituer le vrai Grand-Etre.
Quand nos travaux auront uniformément assaini la Iplanète humaine, ces distinctions organiques tendront à disparaître, en vertu même de leur source naturelle, et surtout par de dignes mariages. Leur combinaison croissante nous procurera, sous la direction systématique du sacerdoce universel, le plus précieux de tous les perfectionnements, celui qui concerne l'ensemble de notre constitution cérébrale, ainsi devenue mieux apte à penser, agir, et même aimer.