‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 85 sur 101 · ONZIÈME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

ONZIÈME ENTRETIEN

PASSÉ FÉTiCHIQUE ET THÉOCRATIQUE COMMUN A TOUS LES PEUPLES

La Femme. Cette conférence finale m'inspire d'avance un vif attrait, mon cher père, d'après le besoin que j'ai souvent senti d'un tel complément historique pendant la triple exposition que vous venez d'achever. J'ai déjà compris, en beaucoup de cas, que l'état final réglé par la Religion de l'Humanité dut être toujours précédé d'une longue et difficile initiation, surtout indispensable à toute évolution originale. Mais ces vues partielles ne font qu'exciter, sans le satisfaire, m.on désir de connaître sommairement la théorie historique qui vous permet d'apprécier le passé, de manière à déterminer l'avenir, pour caractériser le présenta

1, Sur la philosophie de l'histoire, sur sa place dans le système,

voir Introduction, p. xxxt.

Le PnÊTRE. Son principal fondement consiste, ma chère fille, dans la double loi d'évolution mentale qui vous est maintenant familière. Déjà vous savez comment il en résulte la décomposition générale de la préparation humaine, commencée par le fétichisme, développée d'après le polythéisme, et complétée sous le monothéisme. Néanmoins, avant d'aller plus loin, vous devez revenir brièvement sur ce principe fondamental, afin d'y juger indispensable la marche qui vous a d'abord semblé seulement inévitable.

Appréciez surtout le besoin intellectuel d'une telle initiation, parce qu'il est moins compris qu'aucun autre. Si toute vraie théorie repose nécessairement sur des faits observés, il est également certain que toute | observation suivie exige une théorie quelconque. L'esprit humain ne pouvait donc trouver d'issue primitive que dans une méthode purement subjective, en tirant du dedans les moyens de liaison que le dehors fournirait seulement après une longue étude. Alors le sentiment supplée à l'impuissance de l'intelligence, en lui fournissant le principe de toutes les explications, par les affections correspondantes des êtres quelconques, spontanément assimilés au type humain. Mais cette*^ philosophie initiale est nécessairement fictive, et par suite uniquement provisoire. Elle institue, entre lat;| théorie et la pratique, un antagonisme continu, qui, graduellement modifié d'après la réaction croissante de l'activité sur l'intelligence', se prolonge pendant toute notre préparation, et ne se termine que dans l'état positif. Tandis que la spéculation attribuait tout à des volontés arbitraires, l'action supposait toujoursij

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