‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 9 sur 101 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

ordres. En procédant ainsi on voit les mathématiques perdre leur prééminence royale ; elles sont les plus éloignées de l'humanité, les moins utiles par conséquent et ne gardent guère que leur valeur méthodologique et pédagogique.

Cette systématisation subjective n'a pas seulement une valeur théorique; elle est appelée à remplir une fonction pratique d'une grande utilité. Elle doit, en effet, organiser systématiquement cette immense activité intellectuelle qui n'a été poussée jusqu'ici vers les fins humaines que par des sentiments spontanés, et qui, si le cœur cessait de la diriger, se perdrait dans les spécialisations anarchiques. La morale d'abord, puis chaque science à son tour doit fixer les problèmes que la science inférieure doit résoudre. La curiosité désintéressée est rigoureusement proscrite.

Comte, par application de cette idée, s'est souvent montré hostile à des recherches scientifiques qui sont maintenant considérées comme l'honneur de son temps. Sa philosophie, a-t-on dit spirituellement, est semée de tabous. Ne défend-il pas l'étude chimique des corps célestes; n'a-t-il pas vu d'abord avec méfiance l'emploi du microscope en biologie, la théorie cellulaire, de même que les spéculations de Fresnel sur la lumière?

Toutes ces défenses sont scandaleuses, mais l'idée qui les a inspirées l'est-elle au même titre? On le pense généralement. M. Boutroux

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