‹ Catéchisme positiviste; ou, Sommaire exposition de la religion universelle, avec une introduction et des notes explicativesChapitre 98 sur 101 · Négation systématique : le protestantisme et le déisme · texte numérisé non relu

Négation systématique : le protestantisme et le déisme

annulèrent irrévocablement le pouvoir occidental dei la papauté. Cette révolution décisive fut complétée^ Il au XV® siècle, par la subordination de chaque clergé | national envers Tautorité temporelle, en ne laissant 1 qu'une influence illusoire au chef central, qui dès lors| dégénère en prince italien. En perdant son indépendance, le sacerdoce perd aussi sa moralité, d'abord i| publique, puis même privée. Pour conserver son exis tence matérielle, il met ses doctrines au service de toua i les forts.

En même temps, se développe la lutte, commencée au moyen âge, entre l'élément local et l'élément central de la constitution temporelle. Partout le pouvoir qui fut d'abord inférieur finit par triompher, d'après l'assistance spontanée des classes surgies de l'abolition du servage. Dans le cas normal, la royauté prévaut sur Faristocratie. On doit regarder l'issue inverse comme une exception, dont Venise offrit le premier type, développée surtout en Angleterre.

Sous l'un ou l'autre mode, la combinaison de cette concentration politique avec l'abaissement du sacerdoce institue, chez chaque nation occidentale, une véritable dictature, qui pouvait seule contenir l'anarchie matérielle amenée par la désorganisation spirituelle. Le meilleur type de cette magistrature exceptionnelle fut l'éminent Louis XI, qui seul sentit dignement et dirigea sagement l'ensemble du mouvement moderne.

Quant à la progression positive, son principal aspect, pendant cette première phase, consiste dans l'essor industriel. Préparé par la double organisation des classes laborieuses au moyen âge, il se développe alors d'après trois impulsions décisives, dont l'avènement n'offre rien de fortuit. D'abord l'invention de la poudre vient com-

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pléter rinstitution transitoire des armées permanentes, pour dispenser les Occidentaux d'une éducation militaire contraire à leur nouvelle activité. Puis l'imprimerie rattache la science à Tindustrie, en permettant de satisfaire Tardeur théorique qui prévalait partout. Enfin, la découverte de TAmérique et d'une route maritime vers rinde fournit un vaste champ à Textension décisive des relations industrielles, de manière à caractériser et consolider la nouvelle vie occidentale. Le mouvement intellectuel ne devient alors éminent qu'envers la poésie, ouvrant le xiv® siècle par une incomparable épopée ^ et produisant, au xv®, une admirable com.position mystique^. Mais Tessor scientifique se prépare d'après d'utiles matériaux de tous genres.

Ce progrès simultané de l'intelligence et de l'activité fait mieux ressortir le déplorable abandon du perfectionnement moral, qui constituait chez toutes les classes le principal mérite du moyen âge. La double ardeur qui prévaut alors en Occident repose essentiellement sur l'essor universel et désordonné de l'orgueil et de la vanité, lié souvent au plus ignoble égoïsme. Il est vrai que le développement esthétique, malgré sa tendance révolutionnaire, entretient spontanément de meilleurs sentiments. Mais la culture morale se concentre de plus en plus chez le sexe affectif, qui, préservé de l'entraînement théorique et pratique, transmet seul, à travers l'anarchie moderne, les principaux résultats du moyen âge, malgré l'aversion croissante qu'ils inspiraient. Cette sainte providence ne peut cependant empêcher que l'altération graduelle du vrai principe de toute dis-

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