‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 21 sur 110 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Cacciarli i ciel per non esser raen belli , Nè lo profondo inferno li riceve, Ch' alcuna gloria i rei avrebber d'elli.

Non ragioniam di lor, ma guarda c passa.

Vous voyez ainsi que , à cet égard comme à tout autre, l'inspiration poétique devança beaucoup la systématisation philosophique. Quoi qu'il en soit , si ces prodocteurs de fumier ne font vraiment point partie de l'Humanité, une juste compensation vous prescrit de joindre au nouvel Être-Suprême tous ses dignes auxiliaires animaux. Toute utile coopération habitueile aux destinées humaines, quand elle s'exerce volontairement , érige l'être correspondant en élément réel de cette existence composée , avec un degré d'importance proportionné a la dignité de l'espèce et à l'efficacité de l'individu. Pour apprécier cet indispensable complément, nous n'avons qu'à supposer qu^ft nous manque. On n'hésite point alors à regarder tels chevaux, chiens, bœufs, etc., comme plus estimables que certains hommes*

Bans cette première conception du concours humain , l'attention concerne naturellement la solidarité, de préférence à la continuité. Mais, quoique celle-ci soit d'abord moins sentie , parce qu'elle e*ige un examen plus profond , sa notion doit finalement prévaloir. Car, l'essor social no tarde guère

;\ dépendre davantage du temps que de l'espace. Ce n'est pas seulement aujourd'hui que chaque homme, en s'efforçant d'apprécier ce qu'il doit aux autres . reconnaît une participation beaucoup plus grande chez l'ensemble de ses prédécesseurs que chez celui de ses contemporains. Une telle supériorité se manifeste, à de moindres degrés, aux époques les plus lointaines ; comme l'indique le culte touchant qu'on y rendit toujours aux morts, suivant la belle remarque de Vico.

Ainsi , la vraie sociabilité consiste davantage dans la continuité successive que dans la solidarité actuelle. Les vivants sont toujours, et de plus en plus, gouvernés nécessairement par les morts : telle est la loi fondamentale de l'ordre humain.

Pour la .mieux concevoir, il faut distinguer, chez chaque vrai serviteur de l'Humanité , deux existences successives : l'une, temporaire mais directe, constitue la vie proprement dite; l'autre, indirecte mais permanente , ne commence qu'après la mort. La première étant toujours corporelle, elle peut être qualifiée d'objective ; surtout par contraste envers la seconde , qui , ne laissant subsister chacun que dans le cœur et l'esprit d'autrui, mérite le nom de subjective. Telle est la noble immortalité , nécessairement im matérielle, que le positivisme reconnaît à notre âme, en conservant ce terme précieux pour désigner l'en-

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