‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 23 sur 110 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

naturelle , Funité scientifique resterait interdite par leur inévitable séparation. Quoique le monde suppose l'homme pour être connu , il pourrait exister sans lui, comme cela survient peut-être chez beaucoup d'astres inhabitables. De même, l'homme dépend du monde , mais il n'en résulte pas. Tous les efforts des matérialistes pour annuler la spontanéité vitale en exagérant la prépondérance des milieux inertes sur les êtres organisés n'ont abouti qu'à discréditer cette recherche, aussi vaine qu'oiseuse, désormais abandonnée aux esprits anti-scientifiques.

Mais, en outre, il s'en faut de beaucoup que l'unité objective puisse jamais s'établir dans le domaine intérieur de chaque élément général d'un tel dualisme. Les diverses branches essentielles de l'étude du monde ou de celle de l'homme nous dévoilent une multitude croissante de lois différentes, qui resteront constamment irréductibles entre elles, malgré les frivoles espérances qu'inspira d'abord notre gravitation planétaire. Quoique la plupart soient encore ignorées, et que beaucoup doivent même l'être toujours, nous en avons assez constaté maintenant pour rendre inébranlable le principe fondamental du dogme positif, l'assujettissement de tous les phénomènes quelconques à des relations invariables. L'ordre résulté partout de l'ensemble des lois réelles porte le titre général de destin ou de hazard, suivant qu'elles

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nous sent connues ou inconnues. Cette distinction conservera toujours une grande importance pratique; puisque lïgnorance de ces lois équivaut, pour notre conduite , à leur non-existence, en nous interdisant toute prévision rationnelle, et dès tors toute intervention régulière. On peut, néanmoins, espérer de trouver, envers chaque cas essentiel . des règles empiriques, qui , malgré leur insuffisance théorique, nous préservent assez i'unc activité désordonnée.

Au milieu de celte diversité croissante, le éogme de l'Humanité fournil à l'ensemble de nos conceptions réelles la seule unité qu'elles comportent, et Tunique lien dont nous ayons besoin. Tour en concevoir la nature et la construction , il faut d'abord distinguer trois sortes de lois, physiques, intellectuelles , et morales. Les premières appartiennent spontanément au sexe actif, et tes dernières au sexe affectif, tandis que l'ordre intermédiaire constitue le domaine propre du sacerdoce, qui , devant systématiser le concours des deux sexes, participe inégalement à leur double vie. C'est pourquoi les deux éludes extrêmes furent empiriquement cultivées de tout temps pour les besoins correspondants, mais avec un succès trèsdifférent. En effet, les lois physiques étant, au fond? indépendantes des lois morales, les hommes purent y fonder isolément des convictions stables quoique

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