‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 26 sur 110 · PREMIÈRE PARTIE. hl · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. hl

duction spéciale, et de modifier le monde à notra gré. Ainsi, le double mo\if qui poussa les penseurs primitifs coïncide essentiellement avec celui qui dirigera toujours nos efforts intellectuels. Il en est de même , au fond , pour le principe logique de ce régime initial. Car. toute la saine logique est réductible à cette «seule règle : former toujours la plus simple hypothèse compatible avec l'ensemble des renseignements obtenus Or, les penseurs tbéologistes, el même fétichistes, l'appliquèrent mieux que la plupart des docteurs modernes. Se proposant de pénétrer les causes, ils se bornèrent à expliquer le monde par l'homme, seule source possible de toute unité théorique, en attribuant tous les phénomènes à des volontés surhumaines, d'ailleurs intérieures ou extérieures. Un tel problème ne comporte, par sa nature, aucune autre solution, très-supérieure aux ténébreuses fictions de nos athées ou panthéistes , dont l'état mental touche davantage à la folie que la naïve situation des vrais fétichistes. Cette supériorité se manifeste surtout, d'après les résultats respectifs- Tandis que l'ontologie germanique rétrograde aujourdhui vers sa. source grecque, sans inspirer aiir cune pensée réelle et durable,, la théologie primitive ouvrit à l'esprit humain la seule issue que comportât notre situation initiale. Quoiqu'elle ne pût jamais nous conduire à la détermination des causes,

la liaison provisoire qu'elle établit entre les faits nous amena spontanément à la découverte des lois.

D'abord jugée purement secondaire, cette dernière étude tendit bientôt à devenir principale, sous l'impulsion pratique qui la représentait comme mieux adaptée aux prévisions qu'exige notre activité. Au fond, les bons esprits n'ont jamais cherché la cause qu'autant qu'ils ne pouvaient trouver la loi ; et leur conduite reste alors irréprochable, comme plus propre qu'aucune torpeur théorique à préparer cette acquisition finale. Notre intelligence éprouve même une telle prédilection pour les conceptions positives, surtout d'après leur supériorité pratique, qu'elle s'efforça souvent de les substituer aux fictions théologiques longtemps avant que les préparations convenables fussent assez accomplies. La fin de l'évolution mentale est donc encore moins douteuse que scn début.

La Femme. Cette explication de votre Loi des (rois étais me laisse, mon père, beaucoup de nuages, envers les cas fréquents où l'esprit humain me semble k la fois théologique, métaphysique, et positif, suivant les questions dont il s'occupe. Si cette coexistence restait inexpliquée , elle compromettrait directement votre règle dynamique , qui pourtant me parait incontestable. Délivrez-moi , je vous prie , d'une telle perplexité.

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