‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 3 sur 110 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

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forme alurelle consiste dans le dialogue. Toute combinaison, même physique , et surtout logique, étant d'ailleurs binaire* cet entretien ne comporte, sous peine de confusion, qu'un seul interlocuteur. Le monologue ne peut réellement convenir qu'à la conception, doat il se borne à formuler la marche, comme si l'on pensait tout haut, saass'occuper d'aucun auditeur. Quand le discours ne doit pas seulement assister les investigations du raisonnement, mais diriger la communication de ses résultats, il exige une élaboration nouvelle, spécialement adaptée à> cette transmission. Il faut alors considérer l'état propre de l'auditeur, et prévoir les modifications qu'une telle exposition suscitera dans sa marche spontanée. En un mot* le simple réeît doit ainsi devenir un véritable entretien. Les conditions essentielles ne peuvent même être assez remplies qu'en supposant un interlocuteur unique et nettement déterminé. Mais, si ce type est heureusement choisi, il-pourra, dans l'usage ordinaire, représenter suffisamment chaque lecteur; puisqu'on ne saurait d'ailleurs varier le mode d'exposition suivant tes diverses convenances individuelles, comme pour la vraie conversation»

le discours pleinement didactique devrait donc différer essentiellement du simple discours logique, où le penseur suit librement sa propre marche, sans aucun égard aux conditions naturelles d'une corn-

municalion quelconque. Toutefois, afin d'éviter une laborieuse refonte, on se borne presque toujours à transmettre les pensées comme elles furent d'abord conçues ; quoique ce mode grossier d'exposition contribue beaucoup au peu d'efficacité de la plupart des lectures. On réserve la forme dialogique, propre à toute vraie communication, pour expliquer les conceptions qui sont à la fois assez importantes et assez mûries. C'est pourquoi , de tout temps , l'enseignement religieux s'accomplit par voie d'entretien et non de récit. Loin d'indiquer une négligence excusable seulement envers les cas secondaires, cette forme , quand elle est bien instituée, constitue, au contraire, le seul mode d'exposition qui soit vraiment didactique : il convient également à toutes les intelligences. Mais les difficultés propres à la nouvelle élaboration qu'il exige y font justement renoncer pour les communications ordinaires. Il serait puéril de rechercher une telle perfection dans un enseignement qui n'offrirait point un intérêt fondamental. D'un autre côté, cette transformation didactique ne devient réalisable qu'envers des doctrines assez élaborées pour qu'on puisse nettement comparer les diverses manières d'exposer leur ensemble, et prévoir aisément les objections qu'elles devront susciter.

S'il fallait indiquer ici tous les principes généraux qui conviennent à l'art de communiquer, j'y carac-

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térlserais encore ie perfectionnement relatif au style. Voués surtout à l'expression des sentiments, les poëtes reconnurent toujours combien les vers y sont préférables à la prose , pour rendre plus esthétique le langage artificiel, en le rapprochant davantage du langage naturel. Or, les mêmes motifs s'appliqueraient également à la communication des pensées, si l'ou y devait attacher autant de prix. La concision du discours et l'assistance des images, double caractère essentiel de la vraie versification, seraient aussi propres à perfectionner l'exposition que l'effusion. Ainsi, la communication parfaite n'exigerait p^s seulement la substitution du dialogue au monologue, mais aussi le remplacement de la prose par les vers. Toutefois, cette seconde amélioration didactique doit être encore plus exceptionnelle que la première, à raison des nouveaux soins qu'elle exige. Elle suppose même une plus grande maturité dans les conceptions correspondantes, non-seulement chez l'interprète, mais aussi parmi l'auditoire, dont le travail spontané doit aussitôt combler les lacunes de la concision poétique. C'est pourquoi plusieurs admirables poëmes, restent encore écrits en prose, malgré l'imperfection d'une telle forme, alors excusable envers un domaine trop peu familier. Un motif analogue détourna davantage de versifier aucun catéchisme religieux. Mais la réalité et la spontanéité qui

distinguent les croyances positives permettront un jour de procurer à leur exposition populaire ce dernier perfectionnement, quand elles commenceront à se répandre assez pour comporter une concision imagée. Ce n'est donc que provisoirement qu'on doit s'y borner à remplacer le monologue par le dialogue.

D'après cette théorie spéciale de la forme didactique , je me suis trouvé conduit, non-seulement à justifier l'usage antérieur, mais aussi à l'améliorer, en ce qui concerne l'interlocuteur. L'indétermination totale de l'auditeur rendait essentiellement vague le mode dialogique, ainsi devenu même presque illusoire. Ayant systématisé l'institution empirique du dialogue, j'ai bientôt senti qu'elle resterait incomplète, et dès lors insuffisante, tant que l'interlocuteur n'y serait pas nettement défini, du moins pour l'au-

teur. C'est uniquement en se proposant une communication réelle, quoique actuellement idéale, que l'on peut assez développer tous les avantages essentiels d'une teUe forme On institue alors un véritable entretien, au lieu d'un récit dialogué.

En appliquant aussitôt ce principe évident, je devais spontanément choisir l'angélique interlocutrice qui , après une seule année d'influence objective * se trouve, depuis plus de six ans, subjectivement associée à toutes mes pensées comme à tous mes sentiments. Cest par elle que je suis enfin devenu, pour

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