PREMIÈRE PARTIE
nues, avec le soleil, centre de nos mouvements comme des leurs, et la lune, notre seul cortège céleste.
Toute la différence essentielle entre notre doctrine et celle des anciens consiste ici, comme ailleurs, à substituer enfin le relatif à l'absolu , en rendant purement subjectif un centre qui fut longtemps objectif. C'est pourquoi la découverte , ou plutôt la démonstration , du double mouvement de la terre constitue la principale révolution scientifique propre au régime préliminaire de la raison humaine. L'un des plus éminents précurseurs du positivisme , le sage Fontenelle, en fit admirablement sentir à votre sexe la portée philosophique, autant qu'il convenait alors, dans un charmant opuscule, que son apparente frivolité ne priva point d'une juste immortalité.
C'est , en effet , d'après le mouvement terrestre que le dogme positif est devenu directement incompatible avec tout dogme théologique, en rendant profondément relatives nos plus vastes spéculations, qui jusqu'alors pouvaient conserver un caractère absolu. La découverte de notre gravitation planétaire en constitua bientôt la suite scientifique et le complément philosophique. Quoique l'empirisme académique ait beaucoup entravé la réaction encyclopédique de cette double théorie, le positivisme l'érigé finalement en première base générale de
l'étude directe de Tordre matériel > ainsi liée immédiatement au fondement mathématique du dogme total.
Dans un tel début, cet ordre est, en effet, apprécié seulement sous l'aspect géoméfrico-mécanique , en écartant les recherches, non moins absurdes qu'oiseuses, sur la température des astres ou leur constitution intérieure. Mais, en passant de l'astronomie à la physique proprement dite, ce qui s'opère presque insensiblement d'après la mécanique planétaire , on étudie la nature inerte d'une manière plus approfondie. Toutefois, pour mieux caractériser cette nouvelle appréciation, il faut d'abord concevoir la plus haute science cosmologique , dont le caractère plus tranché doit ensuite rendre mieux saisissable celui de la simple physique, trop peu prononcé directement. Cette marche vous permet de remarquer l'un des principaux préceptes logiques du positivisme, qui prescrit partout de ne concevoir les cas intermédiaires que d'après les deux extrêmes dont ils doivent instituer la liaison. La chimie fut , en effet , introduite , comme science distincte , tant en Orient qu'en Occident, plusieurs siècles avant la physique, que Galilée fonda spontanément afin d'établir une transition réelle entre l'astronomie et la chimie, chimériquement rapprochées jusqu'alors.
Pour abréger et simplifier cette double explica-