‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 48 sur 110 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Quoique les lois générales de la transmission héréditaire soient trop peu connues jusqu'ici, une telle considération indique sa haute efficacité envers l'amélioration directe de notre propre nature, physique, intellectuelle, et surtout morale. Il est incontestable, en effet, que l'hérédité vitale convient autant, et même davantage , à nos plus nobles attributs qu'aux plus grossiers. Car les phénomènes deviennent plus modifiables, et dès lors plus perfectibles, à mesure que leur nature est plus élevée et plus spéciale. Les précieux résultats obtenus envers les principales races domestiques ne doivent donner qu'une faible idée des améliorations réservées à l'espèce la plus éminente , quand elle sera systématiquement dirigée, sous sa propre providence.

La Femme. Cette conclusion générale de l'étude de la vitalité achève, mon père, de m'en faire assez comprendre la portée théorique et pratique. Je me sens ainsi préparée à l'étude directe de l'ordre humain, à laquelle vous réservez notre dernier entretien sur le dogme positif.

Le Prêtre. Vous pouvez, ma fille, utilement résumer, sous le principal aspect philosophique, l'ensemble de cette conférence, d'après le simple contraste que vous avez dû remarquer, dans notre tableau encyclopédique , entre les deux divisions , historique et dogmatique, de la philosophie positive.

iOh CATÉCHISME POSITIVISTE.

La première , qui convient à toute initiation théorique , individuelle ou collective , rapproche la biologie de la cosmologie : l'autre, qui représente notre état final, la combine, au contraire, avec la sociologie. Cette opposition fait nettement ressortir le principal caractère de Tordre vital , comme lien naturel entre Tordre extérieur et Tordre humain.

quatrième La Femme. Avant d'aborder le meilleur domaine ENTRETIEN, théorique, je dois, mon père, vous soumettre un

scrupule général résulté des objections métaphysiques que j'ai souvent entendu faire contre cette extension puis moral. décisive du dogme positif. Tout assujettissement du monde moral et social à des lois invariables, comparables à celles de la vitalité et de la matérialité . est maintenant représenté, par certains raisonneurs , comme incompatible arec la liberté de l'homme. Quoique ces objections m'aient toujours paru purement sophistiques, je n'ai jamais su les dissiper ches les esprits, trop nombreux encore , qui laissent entraver ainsi leur marche spontanée vers le positivisme.

Le Prêtre. Il est aisé , ma fille , de surmonter cet embarras préliminaire , en caractérisant directement la vraie liberté.

' j Loin d'être aucunement incompatible avec Tordre réel, elle consiste partout à suivre sans obstacles les lois propres au cas correspondant. Quand au corps

PREMIÈRE PAUTlii.

tombe , sa liberté se manifeste en cheminant, selon s& nature*. vera«le centre delà terre,, avec une vitesse proportionnelle au temps ,. à> moins que l'micrposirtiott d'un 11 uide ne modifie sa spontanéité. De même, dans l'ordre Wial, en aque fonction, végétative :ou,animale, est déclarée libre,. si elle s'accomplit conformément aux. lois correspondantes , sans aucun empêchement extérieur. ou< intérieur. Notre existera*» intellectuelle et morale comporte toujours une équtr* valente appréciation qui , directement incontestable envers l'activité, devient dûs: lors nécessaire; pour son moteur affectif et son guide rationnel.

Si la liberté humaine consistait à ne suivre aucune loi, elle serait encore plu* immorale qu'absurde, comme rendant impossible un régime quelconque, individuel; ou collectif. Notre intelligence manifeste sa. plus grande liberté quand elle devient, suivant sa. destination, normale , un miroir fidèle de l'ordre extérieur, malgré les impulsions physiques oïl morales, quii tendraient à* la troubler. Aucun esprit ne peut, refuser son assentiment aux, démonstrations qu'il a? comprises. Mais, en outre, chacun, est incapable de rejeter les opinions assez accréditées, autour, de lui. môme quand il ignoce leurs misiondementa, à moin* qulil ne soit préoccupé d'une croyance» contraire. On* peut défier, par exemple,, les plu* orgueilleux métaphysiciens de nier le mouvement do la» terre* ou des.

doctrines encore plus modernes, quoiqu'ils n'en connaissent aucunement les preuves scientifiques. Il en est de même dans Tordre moral, qui deviendrait contradictoire si chaque âme pouvait, à son gré, haïr quand il faut aimer, ou réciproquement. La volonté comporte une liberté semblable à celle de l'intelligence , lorsque nos bons penchants acquièrent assez d'ascendant pour rendre l'impulsion affective conforme à sa vraie destination, en surmontant les moteurs contraires.

Ainsi , la liberté véritable se trouve partout inhérente et subordonnée à l'ordre , tant humain qu'extérieur. Mais, à mesure que les phénomènes se compliquent, ils deviennent plus susceptibles de perturbation, et l'état normal y suppose plus d'efforts, que d'ailleurs y permet une plus grande aptitude aux modifications systématiques. Notre meilleure liberté consiste donc à faire , autant que possible , prévaloir les bons penchants sur les mauvais ; et c'est aussi là que notre empire a le plus d'étendue , pourvu que notre intervention s'y conforme toujours aux lois fondamentales de Tordre universel.

La doctrine métaphysique sur la prétendue liberté morale doit être historiquement regardée comme un résultat passager de l'anarchie moderne. Car, elle est directement destinée à consacrer l'individualisme absolu, vers lequel tendit de plus en plus la révolte

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