PREMIERE PARTIE
occidentale qui dut succéder au moyen âge. Mais cette protestation sophistique contre toute vraie discipline , privée ou publique, ne saurait aucunement entraver le positivisme, quoique le catholicisme n'ait pu la surmonter. On ne parviendra jamais à représenter comme hostile à la liberté et à la dignité de l'homme le dogme qui consolide et développe le mieux l'activité, l'intelligence, et le sentiment.
La Femme. Cet éclaircissement préliminaire me permettra, mon père, de repousser désormais des sophismes trop accrédités encore parmi les esprits mal cultivés. Je vous prie donc de m'expliquer directement l'extension décisive du dogme positif au monde social.
Le Prêtre. Vous devez, ma fille, concevoir d'abord cette grande science comme composée de deux parties essentielles : l'une statique, qui construit la théorie de l'ordre ; l'autre dynamique, qui développe la doctrine du progrès. L'instruction religieuse considère surtout la première , où la nature fondamentale du vrai Grand-Ètre est directement appréciée. Mais la seconde doit compléter cette détermination, en expliquant les destinées successives de l'Humanité, afin de guider convenablement la pratique sociale. Ces deux moitiés de la sociologie sont profondément liées entre elles d'après un principe général que le positivisme établit pour rattacher partout l'étude du
mouvement à celle de l'existence : Le progrès e$i le développefnenl de V ordre. Déjà convenable en mathématique, une telle loi s'applique d'autant mieux que les phénomènes se compliquent davantage. Car, la distinction entre l'état statique et l'état dynamique devient alors plus prononcée ; tandis que la simplification résultée de cette Maison d'études acquiert aussi plus de prix La sociologie devait donc offrir la meilleure application de ce grand principe, et la vraie source de- sa systématisation. Il y convient môme autant en sens inverse qu'en sens direct. Car, les états successifs de l'humanité doivent ainsi manifester de plus en plus sa* constitution fondamentale, dont tous les germes essentiels sont nécessairement contenus dans son ébauche initiale. Mais l'efficacité théorique et pratique de la sociologie dynamique se trouvera spécialement caractérisée par l'entretien qui terminer» ce catéchisme. Je dois donc me borner maintenant à vous expliquer les principales notions de la statique 1 sociale.
La Femme. ^Ine telle réduction convient bailleurs, mon père, à l'iosuflisance de mon. instruction historique. Quoique les conceptions statiques de la. sociologie doivent être plus abstraites que ses vues; dynamiques, je pourrai les* mieux saisir , avec l'attention qu/exigent leur importance et # leur difficulté. Là, d» moins, je me sentirai soutenue contre mon ignorance