‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 50 sur 110 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

par la certitude de retrouver en moi-même la confirmation d'une doctrine directement émanée de notre nature.

Le Prêtre. Il vous suffit, en effet, ma fille, de vous examiner attentivement pour reconnaître aussitôt la constitution nécessaire de l'ordre social. Car, afin de représenter l'existence générale de l'Humanité, elle doit offrir une combinaison décisive de tous nos attributs essentiels. Quoique votre propre existence voua les montre confusément, elle vous les fait assez sentir pour que vous puissiez mieux saisir leur harmonie fondamentale > quand des organes collectifs permettent à chacun d'eux un essor pleinement caractéristique.

Concevez donc le Grand-Être comme étant, de la même manière que vous, mais à un degré plus prononcé, dirigé par le sentiment , éclairé par l'intelUgence, et soutenu par l'activité. De là résultent les trois éléments essentiels de Tordre social, le sexe affectif, la classe contemplative, c'est-à-dire le sacerdoce, et ht force pratique. Ils sont ainsi rangés suivant leur dignité décroissante, mais aussi d'après leur indépendance croissante. Le dernier constitue donc la base nécessaire de toute l'économie du Grand- Être, selon la loi fondamentale, devenue pour vous familière, qui partout subordonne les plus nobles attributs aux plus grossiers.

En effet, les besoins continus résultés de notre constitution corporelle imposent à l'Humanité une activité matérielle qui domine l'ensemble de son existence. Ne pouvant se développer que par une coopération croissante, cette activité, principal stimulant de notre intelligence, fournit surtout à notre sociabilité sa plus puissante excitation. Elle y subordonne de plus en plus la solidarité à la continuité , où réside le plus décisif comme le plus noble de tous les attributs du Grand-Être. Car, les résultats matériels de la coopération humaine dépendent davantage du concours des générations successives que de celui des familles coexistantes. Loin d'être radicalement défavorable à l'essor intellectuel et moral, celte prépondérance continue de la vie pratique doit donc fournir la meilleure garantie de notre unité, en procurant îi l'esprit et au cœur une direction déterminée et une destination progressive. Sans cette impulsion universelle, nos meilleures dispositions mentales, et même morales, dégénéreraient bientôt en tendances vagues et incohérentes, qui n'aboutiraient à aucun progrès, privé ou public

Toutefois, la source, nécessairement personnelle, d'une telle activité doit d'abord lui imprimer un caractère profondément égoïste, que peut seule rendre altruiste la transformation graduelle résultée de l'essor collectif. C'est pourquoi la constitution géné-

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