‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemples (volume 2)Chapitre 10 sur 28 · Gebhard et S. Malachie · texte numérisé non relu

Gebhard et S. Malachie

S. Gebhard, archevêque de Salzbourg, quoiqu'il n'y eût pas encore de danger apparent de mourir, désira néanmoins recevoir les derniers sacrements. « 11 ne s'agit pas, » disait-il, « de remettre ce qu'il y a de plus important, ou d'attendre jusqu'au dernier moment, alors que l'esprit est incapable de tout et que nous ne sommes plus en état de goûter les consolations que procure le saint Viatique. Le malade a besoin de force et de consolation, et où pourrions-nous mieux retrouver l'une et l'autre que dans les saints sacrements? »

S. Malacliie, archevêque et primat d'Irlande se rendit à Clairvaux, où il fut reçu avec la plus grande joie et le plus profond respect par S. Bernard, qui écrivit plus tard sa vie. Tous deux passèrent quatre à cinq jours dans des joies toutes spirituelles. A la fête de S. Luc, qui se célébrait à celte époque, Malachie pontifia solennellement dans l'église du mo-

'2'à't DES SAüREMK.NTS.

iiiKslère, mais en quittant l'autel, il fut surpris par la fièvre. Il se mit au lit et on accourut bientôt avec des médicaments. Mais le pieux pontife déclara que leur usagf* serait sans effet, parce qu'il sentait approcher l'heure de la mort. Il exprima donc lui-même le désir de recevoir l'extrême-onction, après s'être confessé et avoir communié, afin d'être fortifié et consolé dans le dernier combat de la vie.

Ad 4. Combien de fois peut-on recevoir VextrêmeunTtion? — Réponse. On peut la recevoir une fois dans chaque maladie grave; mais si la maladie traîne en longueur, et que le malade étant revenu à une espèce de convalescence, retombe quelque temps après dans un nouveau danger, on j^eut réitérer le sacrement. « Celui qui dans les maladies antérieures, » dit Pierre de Cluny [lib 6, Epist. 1 ad Theodeb.), « a eu recours à i'extreme-onction, ne doit-il pas y avoir de nouveau recours dans les maladies suivantes? » — C'est ainsi que nous lisons de la vénérable Marie de Bagnese que, durant sa maladie de quarante-quatre ans, elle reçut huit fois l'extrême-onction.

Pratique. Convaincu des effets salutaires de l'extrêmeonction, S. Augustin disait : « Chaque fois que survient une maladie, que celui qui en est atteint, reçoive le corps et le sang de Jésus-Christ, et qu'il ait recours à l'Onction sainte de son faible corps, afin qu'en lui s'accomplisse ce qui est écrit : « Quelqu'un est-il malade a parmi vous, etc. « Mes frères, celui qui dans sa maladie, aura recours à l'Eglise, méritera d'obtenir aussi J3ien sa guérison que le pardon de ses fautes. » — Retenez bien les paroles de ce grand et saint docteur de l'Eglise, et, si le bon Dieu vous visite par une maladie grave, ne différez pas la réception des saints sacrements jusqu'à la dernière heure, afin que l'agonie ne vous surprenne pas avant de vous être réconcilié avec Dieu, et

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d'avoir été muni des derniers sacrements. Il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant. Ne négligez donc pas, si vous devenez gravement malade, de vous réconcilier de suite avec Dieu, faites venir les prêtres de l'Eglise, afin qu'ils prient sur vous, qu'ils vous oignent d'huile au nom du Seigneur et puissent vous procurer üinsi la grâce et les benediction^; de Dieu, des cons dations et des soulagements dans vos souffiances avec la rémission de vos péchés. Imitez le zèle pieux que montrent sous ce rapport les nouveaux convertis de la Chine.

Les chrétiens chinois.

Les chrétiens de la Chine nous montrent avec quelle ardeur et quel pieux empressement nous devons soupirer après le sacrement de l'extrême-onction. « Nos chrétiens, » dit le P. Gonet, missionnaire en Chine, « ont une grande dévotion pour rExtrême-Onction. Un petit rhume, une petite fièvre, un léger mal de tête, c'en est assez pour qu'ils viennent demander à être administrés; à plus forte raison si la maladie paraît grave. Il y a chez eux toute la simplicité de la foi, et Dieu semble se plaire à la récompenser même dès cette vie. Nos bons néophytes qui, dans leurs infirmités, n'ont guères d'autre médecin que la divine Providence, trouvent souvent dans l'extrême-onction un remède efficace qui leur rend la la santé. J'en ai vu plusieurs fois des exemples frappants. — En France on serait plus qu'étonné, » ajoute-t-il, « si on voyait de pauvres malades, qui n'ont plus que deux ou trois jours de vie, venir en barque de quinze, vingt, trente lieues, pour recevoir les derniers sacrements; ici c'est la chose du monde la plus commune. La disette de prêtres et la crainte d'être privé des secours de l'Eglise ont introduit cet usage parmi nos chrétiens. Et qui pourrait dépeindre la piété, la résignation et la confiance avec laquelle ils reçoivent l'extrême-onction, » — Puissent tous les catholiques imiter ce bel exemple. Ces pauvres Chinois doivent faire souvent des

2yi; üEä sACUfcHi-Ma.

voyages si longs pour que leurs malades puissent recevoir l'extrèiiie-onction, et ceux-ci, dans leur état de souffrances, doivent la plupart du temps se soumettre à de si pénibles fatigues pour obtenir sur leur lit de mort les consolations de la religion. Quelles facilités au contraire n'avons-nous pas? A peine a-t-on besoin de faire quelques pas pour arriver à la demeure d'un prêtre, qui accourt avec empressement pour apporter aux malades et aux moribonds consolation et secours, force et courage dans le sacrement de l'extrêmeonction. Aussi quelle ne sera pas notre responsabilité aux yeux de Dieu, si nous différons de recevoir les derniers sacrements jusqu'à ce que nous soyons privés de nos forces spirituelles et corporelles, ou si, peut-être, nous négligeons complètement de les recevoir.

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