‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemples (volume 2)Chapitre 9 sur 28 · DE L'EXTRÉME-ONCTION · texte numérisé non relu

DE L'EXTRÉME-ONCTION

Définition de V extrême-onction et preuves que V extrêmeonction est un sacrement. — Explication. L'extrème-onction est un sacrement dans lequel, par l'onction de l'huile sainte et les prières du prêtre, le malade reçoit une grâce qui le soulage dans son âme et souvent dans son corps. — Ce sacrement portait anciennement différents noms; ainsi on l'appelait : les saintes huiles, ou l'huile bénite, l'onction de l'huile, l'onction des malades, etc. Mais celui qu'on lui donnait le plus souvent est resté. Le mot extrême qui signifie dernière ne doit pas nous induire en erreur et ne pas nous faire croire que la mort est la suite nécessaire de l'extrême-onction; nullement, on ne meurt pas toujours après avoir reçu l'extrême-onction; il en est beaucoup qui ont été guéris

après l'avoir reçu. Si on appelle ce sacrement extrême onction, c'est parce que c'est la dernière des onctions que le chrétien reçoit dans la vie; caries onctions qu'on donne dans le baptême, la confirmation et l'ordre, la précèdent. Que l'extrôme-onction est un sacrement, nous le savons :

i) par V Ecriture-Sainte. Nous y lisons que même du temps de Jésus-Christ les apôtres oignaient les malades et les guérissaient, ic Et sortant, ils prêchaient, dit l'évangéliste, faisaient des onctions cV huile sur plusieurs malades et les guérissaient. » {S. Marc, 6, 45-13). Sans doute ce n'était pas encore là un sacrement, mais on peut en conclure aisément que Jésus-Christ devait avoir enseigné à ses apôtres l'usage de l'huile sur les malades, puisque sans cela ils ne s'en seraient pas servi. Que dans la suite Notre-Seigneur a élevé cette onction à la dignité de sacrement, c'est ce que nous savons par les paroles de S. Jacques qui dit dans son épître : « Quelqu'un estil malade parmi vous, qu'il fasse venir les prêtres de l'Eglise et qu'ils prient sur lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur; et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le soulagera; et s'il est en état de péché, ses péchés lui seront remis. » {chap. 5, 14.) L'ajiôtre exprime clairement ici que la grâce du soulagement et la rémission des péchés est liée à l'onction de l'huile et à la prière; évidemment l'apôtre ne pouvait attribuer une vertu aussi grande et aussi sainte à ces signes extérieurs, que parce qu'il savait qu'ils venaient de Jésus-Christ lui-même, qu'ils avaient été établis par lui. C'est pourquoi il ajoute : « Au nom du Seigneur, »ce qui signifie : selon l'ordre, l'institution du Seigneur; c'était en effet dans le même sens que les apôtres disaient en parlant du baptême : « Faites nous baptiser au nom du Seigneur. »

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2) Nous le savons par la doctrine constante de VEglise, qui de tout temps a rangé rextrême-onction parmi les Sacrements, comme nous le voyons par la tradition et les décision des Conciles, que vient confirmer encore la croyance de l'Eglise Grecque,

Ce qu'enseigne la tradition sur le Sacrement de l'extrême-onction .

Tertullien écrivait : « Le Dieu qui est descendu du ciel sur la terre, Jésus-Christ, ne rejette ni l'eau par laquelle il purifie les siens, ni l'huile par laquelle il les oint, ni le pain au moyen duquel il se communique à eux. » Du contexte des paroles de ce célèbre apologiste et des observations que les plus savants commentateurs ont faites sur ses ouvrages, il faut évidemment conclure qu'il parie de Vhuile des malades. — Saint Chrysostôme dit: « Les piêires oui le pouvoir de remettre les fautes, non-seulement quand ils nous régénèrent, mais encore après quand il s'agit du cas dont parle l'Apôtre: « Si quelqu'un est malade parmi vous, etc. » Origène en appelle aussi à ce texte quand il dit : « C'est le septième moyen par lequel les péchés sont pardonnes. » Le pape S. Innocent l écrit: « Chaque fois que quelqu'un est gravement malade, il doit recevoir la Sainte Eucharistie et se faire oindre le corps, afin d'accomplir ce que prescrit S. Jacques. « etc.

Décisions des Conciles touchant ce Sacrement.

Déjà le premier Concile de Nicée fit une mention expresse du Sacrement de l'extrême-onction, car il est dit au soixante-neuvième Canon: « Après l'espace d'un an le prêtre doit bénir de nouveau de l'eau et de l'huile. Cette huile il ne doit pas la bénir comme pour le Baptême ou comme pour le Saint-Chrême, mais comme une offrande (un don saint) pour les malades. » Nous y ajoutons la décision de l'Eglise enseignante réunie au Concile de Trente: « De même que notre Sauveur infiniment bon qui voulait prémunir ses serviteurs par des moyens sidutaircs contre les traits de tous

les assauts ennemis, a préparé dans les autres sacrements de puissants secours pour se défendre durant toute leur vie contre les maux spirituels les plus violents, de même il a voulu munir et fortifier aussi la fin de leur carrière par le sacrement

de V extrême-onction comme par un bouclier fort et sûr

Cette onction sacrée des malades a été instituée par Notre- Seigneur Jésus-Christ, comme un vrai sacrement du Nouveau Testament, insinué dans S. Marc, promulgué et recommandé aux fidèles par S, Jacques, apôtre et frère de Notre-Seigneur. » — « Si quelqu'un dit que l'Extrôme-Onction n'est pas vraiment et proprement un sacrement institué par Notre- Seigneur Jésus-Christ, et promulgué par le bienheureux apôtre Jacques, mais seulement un rit qui vient de nos pères, ou une invention humaine, qu'il soit anathème, »

Témoignage de l'Eglise grecque en faveur du sacrement de r extrême-onction.

L'extréme-onction fut de tout temps reconnue universellement comme sacrement, ainsi que l'attestent la croyance et l'usage constant de l'Eglise grecque. Car lorsqu'elle se sépara de l'Eglise romaine, non-seulement elle ne renia jamais un seul sacrement, mais elle s'éleva toujours contre les hérétiques qui eussent voulu supprimer l'un ou^l'autre des sept sacrements; ainsi, elle n'est pas seulement d'accord avec l'Eglise catholique romaine pour repousser la doctrine de Luther et de Calvin mais dans le synode de Jérusalem, tenu en 1672, on lança l'anathème contre Cyrille Lukaris qui refusait d'admettre l'extrême-onction au nombre des sacrements : « Alors que Jésus-Christ, » dit ce synode, a l'a instituée et réglée, que les apôtres nous l'ont transmise et que l'Eglise l'a toujours conservée. »

Témoignage d'un protestant.

Des protestants sans préjugés ont eux-mêmes rendu témoignage en faveur de cette vérité. Ainsi Leibnitz dans son Système de Théologie écrit : « De même l'extrême-onction a l'Ecriture pour elle, et vraiment, pour les âmes bien prépa-

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rées elle a encore cette vertu durable et infaillible de sanctification que l'apôtre Jacques lui attribue, quand il parle de l'usage de ce sacrement, vertu qu'il place dans la rémission des péchés, dans l'affermissement de la foi et de la justice chrétienne. Or, celle-ci n'est jamais plus nécessaire que lorsque la vie est en danger et quand on est en face des terreurs de la mort. »

[Gr. Cal. 5*^ q.)

De la manière d'administrer V extrême-onction. — EX' plication. L'extréme-onclion s'administre de la manière suivante : le prêtre fait l'onction avec l'huile sur les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains, les pieds, en un mot, sur tous les sens, ou les principaux organes du malade, et à chaque onction il répète ces paroles : cf Par cette sainte onction et sa très-douce miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tout le mal que vous avez commis par la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher. » L'huile (d'olive) employée dans ronction figure donc la matière de ce sacrement, et la prière du prêtre : « Par cette sainte onction, etc. »la forme. Il y a encore à remarquer ({ue le ministre de ce sacrement est le prêtre, d'après les paroles de S. Jacques : « Quelqu'un est-il malade parmi vous, qu'il appelle le prêtre de l'Eglise près de lui, etc. (et non les plus anciens de la communauté.)

{Gr. Cat. 6'=-7« q.)

Effets de l' extrême-onction. — Explication. Les effets de l'Extrême Onction s'étendent aussi bien à Vâme qu'au corps. 1) Pour le bien de Vâme elle produit les effets suivants ; a) elle augmente la grâce sanctifiante, remet les péchés véniels et aussi les péchés mortels que le malade n'est plus en état de confesser, efface les suttes des péchés déjà pardonnes, entre autres les peines temporelles, ainsi que les inclinations perverses du cœur et la

faiblesse de la volonté qui proviennent des péchés commis. « L'effet de ce sacrement, « observe S. Charles Borromée, « est qu'il enlève les restes du péché, puisqu'il est la perfection, la consommation de la pénitence. Ces restes du péché sont ou des péchés mortels ou des péchés véniels qui sont demeurés après d'autres sacrements; car il peut arriver qu'il reste encore un péché grave, sans que celui qui l'a commis le sache, ou puisse le confesser; or, le sacrement de l'extrème-onction sert à effacer ce péché, de manière que celui qui sans cela eût été damné, peut encore cti'e sauvé j)ar ce sacrement. )j — C'est ce que S. Jacques exprime par ces paroles : « Et s'il (le malade) a commis des péchés, ils lui seront remis. » b) L'extrème-onction fortitie le malade dans les souffrances et les tentations, mais surtout dans l'agonie. « Le Seigneur le soulagera. »

Le ciel répand sur lui une rosée rafraîchissante, et pareille à la rosée du soir qui ranime les plantes fanées, la sainte onction unie à la prière de l'Eglise, ranime et fortifie aussi, au soir de la vie, le chrétien malade. Calme et consolé, il entre alors dans le chemin qui conduit à la source de la vie éternelle. — Le concile de Trente exprime ces effets de la manière suivante : « L'extrèmeonction soulage et fortifie l'àme du malade, excitant en lui une grande confiance en la miséricorde divine; de sorte que le malade supporte plus facilement les incommodités et les douleurs de la vie, et résiste avec plus de courage aux tentations du démon qui l'attaque alors plus vivement, » (Sess. XIV. ch. ii.) C'eût donc avec raison que saint Cyrille s'écrie : « L'huile bénite possède, par l'invocation faite à Dieu et par la prière, une telle force, que non-seulenîtent elle purifia l'âme en effaçant les traces du péché, mais dissipe encore la puissance invisible de l'esprit malin. »

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Beaux senlitnenls d'un mouranl.

Dans un hôpital provisoire gisait un jeune homme atteint «l'une maladie extrêmement grave; on fit venir un prêtre et Ton dressa une table pour l'administration de l'extrêmeonction. Mais lorsque le médecin arriva, celui-ci fit écarter aussitôt, le prêtre et la table, craignant sans doute que si Ton administrait au patient l'extréme-onction, cette cérémonie n'exerçât une fatale influence sur son état. Mais le malade fit rappeler le prêtre et se plaignit au médecin. « Les remèdes de l'âme, »lui dit-il, «sont bien plusurgents que ceux du corps. Je sens trop bien que je suis près de la mort; qu'on prépare donc la table pour l'ë^trême-onction; je suis convaincu que ce sacrement servira au bien de mon âme, en augmentant en elle la grâce, en eff"açant les péchés et leurs restes, en me fortifiant et me consolant dans mes souff'rances. » Il reçut donc avec un pieux désir les derniers sacrements des mourants et s'endormit saintement dans le Seigneur.

2) Quant au bien que rextrême-onction procure au corps, il consiste en ceci ; c'est ({u'elle procure souvent du soulagement dans la maladie et même la santé si elle est utile au salut du malade. « Lorsque la gucrison du corps est avantageuse à la guérison de rânie,))dit S.Thomas d'Aquin, « l'extréme-onction la produit toujours, pourvu toutefois qu'il n'y ait pas d'obstacle du côté de celui qui la reçoit. » Et S. Pierre Damien dit également :« C'estunexcellent onguent qui rétablit la santé. » S. Jacques avait d'ailleurs exj)rimé cet effet par ces paroles : « La prière de la foi sauvera le malade » (servira à sa guérison, à sa santé). Quelle folie n'est-ce donc pas de reculer autant que possible la réception de l'extréme-onction, parce qu'on craint devoir mourir de suite après l'avoir reçue.

Effets salutaires de Vextrême-oonclion.

Le célèbre médecin Tissot, qui était protestant, donnait

CATÉC. PRATIQUE. T. Ml. JS

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à Lausanne, les secours de son art à une jeune dame étrangère, dont la maladie arriva à un point fort alarmant. Instruite de son dangereux état, et tourmentée par le regret de quitter sitôt la vie, elle s'abandonna à de violentes agitations et aux transports du désespoir. Le médecin jugea que cette nouvelle secousse abrégerait encore le terme de sa vie, et, selon son usage, il avertit qu'il n'y avait pas à différer pour lui faire administrer les secours de la religion. Un prêtre est appelé, la malade l'écoute, et reçoit, comme le seul bien qui lui reste, les paroles de consolation qui sortent de sa bouche. Elle se calme, s'occupe de Dieu et de ses intérêts éternels, reçoit les sacrements avec une grande édification, et le lendemain matin, le médecin la trouve dans un état de calme qui l'étonné ; il trouve la fièvre baissée ; et voit les symptômes changés en mieux, et bientôt la maladie cède. M. Tissot aimait à répéter ce trait et ne parlait qu'avec admiration de la puissance des sacrements de l'Eglise catholiques. [Anecdotes chrétiennes.)

Monseigneur Flaget.

A son arrivée à la Havane, M^'' Flaget tomba malade; la lièvre jaune se déclara, et fit de si rapides progrès, qu'en peu de jours il fut réduit aux dernières extrémités. Il demanda et reçut les sacrements : une crise heureuse se déclara, et il fut bientôt hors de danger. Ses amis ayant voulu l'en féliciter, il répondit : « J'espérais bien mourir, mais puisque Dieu ne m'a pas jugé digne de cette faveur, il faut bien me résigner à la vie. C'est l'administration des derniers sacrements qui m'a rappelé à l'existence. Je fus si vivement ému que j'attribue à cette impression la crise que l'on voulut bien appeler heureuse. [Essai sur la vie de M^'" Flaget.)

[Gr. Cat. S^-IS«- g.)

De la réception de V extrême-onction. — Explication, Quand il s'agit de la réception de rextrème-onction, il y a plusieurs questions auxquelles il s'agit de répondre :

DK i/kMKÉME-ONCTION. 'J'it

\)qui doit recevoii'rcxti'L'iiie-onc(ion?:2)Cö;»//;('///' .!«it-(iii la recevoir? 3) Quand et 4) combien de fois?

Ad 1 . Qui peut et doit recevoir V extrême-onction ? — Réponse. Tout catholique arrivé à l'âge de raison et qui est dangereusementmalade. Ainsi ilfaut d'abord que l'on soit catholique, car ce sacrement n'est donné qu'aux enfants de l'Eglise par les prêtres de l'Eglise. « Que le malade fasse venir les prêtres de l'Eglise, » dit S. Jacques. De plus il faut que l'on soit parvenu à Vâge de raison; c'est pourquoi les enfants qui ne sont pas encore capables de pécher, ne peuvent recevoir l'extrême-onction, car en eux il n'y a rien qui doive être guéri par le remède de ce sacrement. Enfin l'on doit être dangereusement malade; car l'Apôtre dit expressément : « Quelqu'un est-il malade parmi vous, etc. » Conséquemment les criminels qui sont sur le point d'être exécutés, et tous ceux qui s'exposent en bonne santé au danger de mourir, tels que les soldats qui vont à la bataille, les navigateurs qui entreprennent un voyage très-périlleux sur mer, ne peuvent recevoir ce sacrement.

Ad 2. Comment doit-on recevoir V extrême-onction?— Réponse. On doit la recevoir a) en étatde grâce ; carl'extrêmeonction étant un sacrement des vivants, il faut que i'âme vive spirituellement, quand on la reçoit. C'est pourquoi lorsqu'on le peut, on doit se confesser auparavant ou s'exciter à une contrition parfaite; b) avec des sentiments de foi, d'espérance et de charité, et soumission à la sainte volonté de Dieu.

Edmond de Laage.

Edmond de Laage, élève de sixième au petit séminaire de Saint-Acheul en France, nous fournit un touchant exemple et digne d'être imité, de la manière dont nous devons recevoir le sacrement de l'Extrême-Onction. Ce jeune homme ayant été attaqué de la maladie appelée tétanos, on ne lui

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dissimula point le danger de son état, et comme on voulait l'exciter à la résignation : « Oui, » dit-il et répéta-t-il souvent, « oui je suis bien résigné... Je crois... J'aime bien le bon Dieu; je suis résigné à toutes ses volontés. » — Pour l'atïermir contre les terreurs qui accompagnent ordinairement les approches de la mort, on lui demanda s'il ne désirait pas qu'on lui donnât l'Extréme-Onction : « Oh ! oui, oui ! » s'écriat-il avec transport, « je serais bien content de la recevoir. » Et il la reçut avec la plus édifiante piété, voulant répondre lui-même à toutes les prières de l'Eglise. Le secours de ce sacrement ne lui fut pas inutile; il paraît que le démon lui livra de violents combats ; à diverses reprises on le vit faire des mouvements de la tête et des bras comme pour repousser quelqu'un, et s'écrier : « Tu m'ennuies; va-t-en!... non je neveux pas de toi... tout à vous, ô mon Dieu! et de tout mon cœur. » Dans une autre crise semblable, il commença de lui-même à haute voix l'oraison dominicale que tous les assistants continuèrent avec lui. Quelque temps après, comme il paraissait plus agité, un de ceux qui l'entouraient lui dit : « Ne craignez pas, mon enfant, nous sommes cinq prêtres autour de vous. » — « Oh ! je n'ai pas peur, mon Père, » répondit-il; puis il ajouta d'un ton de voix si pénétrant, qu'il arracha des larmes à ceux qui l'entendirent. « Jésus, mon Dieu ! mon Dieu ! ayez pitié de moi, jetez un regard sur moi dans cette misérable vie... 0 mon Dieu! je remets mon âme entre vos mains. » Ce saint jeune homme s'endormit dans le Seigneur le 27 mai 1825; il était âgé de quatorze ans. {Petit souvenir de la retraite.)

S. Térèse dans sa dernière maladie soupirait également avec la plus grande ardeur après le sacrement de l'extrême-onction, et en le recevant, elle répondait elle-même au prêtre. Elle en manifesta alors toute sa joie, et rendit grâce à Dieu pour cet insigne bienfait.

Ad 3) Quand doit-on recevoir V extrême-onction? — Piéponse. On doit la recevoir, autant que possible, pendant qu'on jouit encore de Vusage de ses facultés, et après

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le saint Viatique. Ah! quelle folie de différer ou de négliger l'extrême-onction par crainte de la mort! Puisque rextrême-onction, comme nous l'avons montré, a été instituée aussi jjour le soulagement du corps, le malade recouvrera bien plutôt la santé, s'il emploie à temps les remèdes établis par Dieu, (jue s'il attend jusqu'à ce qu'il ne puisse plus r'ii'e guéri que par mi miracle; si la maladie doit le conduire à la mort, il ne peut rien désirer de mieux que de mourir saintement; or, cette grâce* il l'obtiendra par ce sacrement. Les parents ou les amis s'attirent une grande responsabilité devant Dieu, s'ils n'ont pas soin de faire munir à temps le malade des sacrements des mourants. Qu'ils imitent rexemj)le des sœurs de Lazare qui, dès que leur frère fut malade, envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, voilà que celui que vous aimez est malade. » (S. Jean, 11, 3.) — Que les chrétiens qui redoutent tant de recevoir l'extrême-onction et diffèrent aussi longtemps que possible la visite du jirètre, s'instruisent par les exemples suivants.

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