DE L ORDRE
1) Les quatre ordres mineurs. Pour s'y préparer on reçoit d'abord la tonsure (du latin tondere, couper les cheveux). Par la tonsure on est agrégé au clergé, on entre dans la carrière ecclésiastique, parce que, dans cette cérémonie, on proteste qu'on prend Dieu seul pour héritage {yMpoz) et qu'on renonce aux vanités et aux pompes du monde. Lqs ordres mineurs proprement dits sont les suivants : a) l'ordre de portier (ostiarius) vient de l'époque des persécutions. Comme il arrivait parfois que des infidèles et des ennemis se glissaient dans les catacombes pendant les offices divins, les évêques établirent des hommes de confiance pour veillera la porte. — Lorsqueles cloches furentintroduites, ils furent chargés de les sonner, de garder les clefs de l'église et d'orner les autels. &) L'ordre de lecteur (lector). Les lecteurs étaient anciennement chargés de lire des passages de l'Ecriture-Sainte que l'évêque voulait expliquer dans son sermon. Ils servaient aussi de chantres pendant l'office divin et de secrétaires aux évêques, surveillaient la bibliothèque de l'église et s'occupaient de transcrire les livres saints et les actes des martyrs. c) L'ordre d'exorciste (exorcista). De même que Jésus- Christ chassa lui-même les démons, de même il transmit ce pouvoir à ses apôtres et à tous les tidèles chrétiens par ces paroles : «Voici les miracles que feront ceux qui croiront : ils chasseront les démons en mon nom; ils parleront de nouvelles langues. » [S. Marc. 16, 17.) Dans la suite les évêques établirent et consacrèrent certains hommes spéciaux pour chasser, au nom de l'Eglise, le démon du corps des possédés, d) L'ordre à'acolyte (acolythus, porteur de cierges). Comme les premiers chrétiens célébraient leurs offices durant la nuit dans d'obscurs réduits ou dans les catacombes à cause des persécutions, il était nécessaire d'avoir de la
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lumière. Dans ce but on établit certains fidèles chargés de veiller à ce qui était nécessaire pour bien éclairer le lieu de réunion et de préparer le pain et le vin pour le sacrifice de la messe.
Célerin et Aurélius, lecteurs.
Atin de comprendre l'estime et la vénération que l'on avait autrefois, même pour les ordres mineurs, on n'a qu'à consulter les écrits du grand docteur de l'Eglise, S. Cyprien. Il s'agit de l'histoire de l'ordination des deux jeunes confesseurs Célerin et Aurélius. Célerin était un jeune homme de haute naissance. Après avoir souffert les tortures d'un horrible martyre, il est appelé par S. Cyprien aux fonctions de lecteur : Célerin résiste et s'en juge indigne. On le presse encore; il ne peut se résoudre; il faut une vision pour vaincre sa modestie. Notre-Seigneur lui révèle que c'est sa volonté; son évêque lui démontre qu'il doit obéir; les fidèles le sollicitent, il fallait tout cela pour l'obliger à subir cette charge. Aurélius, son compagnon de martyre, à la fleur de l'âge et d'une haute naissance comme lui, opposa les mêmes résistances au saint pontife, qui voulait l'ordonner lecteur.
Tel était le respect religieux des saints et des martyrs pour ce que nous appelons un ordre mineur. {Retraite des ordinn)ids).
2) Le sous-diaconat. L'introduction du sous-diaconat (de servir le diacre à l'autel) est ordinairement attribuée au pape Fabien, qui joignit aux sept écrivains (notarii), chargés de réunir les actes des martyrs, sept50?/s-rfzV/cr^5. Leurs fonctions consistent à porter à l'autel le calice, la patène avec le pain, et à mêler de l'eau au vin que le diacre a versé dans le calice, à chanter l'épître aux messes solennelles. En entrant dans cet ordre, on s'oblige à demeurer irrévocablement dans l'état ecclésiastique; en même temps on s'engage à réciter tous les jours le
DE l'ordre. 307
bréviaire et à vivre désormais dans le célibat, c'est-àdire, dans une continence perpétuelle.
3)Lediaconat estd'origine apostolique. En effet voici ce que nous lisons dans les Actes des Apôtres : « En ces jours-là, le nombre des disciples croissant, il s'éleva un murmure des Grecs contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution de tous les jours. C'est pourquoi les douze apôtres, convoquant la multitude des disciples dirent : « Il n'est pas juste que nous abandonnions la parole de Dieu pour le service des tables. Choisissez donc, mes frères, sept hommes d'entre vous, d'une probité reconnue, pleins de l'Esprit-Saint et de sagesse, auxquels nous confierons ce ministère. Et nous, nous nous appliquerons à la prière et à la prédication de la parole. « Et ce discours plut à la multitude; et ils élurent Etienne, homme plein de foi et de l'Esprit- Saint et six autres fidèles qu'ils emmenèrent en présence des apôtres, et ceux-ci, après avoir prié, leur imposèrent les mains. » {Actes des Apôt. 6.) Par ce i)assage on voit que la fonction principale des diacres était de distribuer des aumônes. Néanmoins déjà du temps des apôtres, ils s'occupaient aussi de travaux spirituels; ainsi S. Etienne prêcha l'Evangile ; S. Philippe instruisit et baptisa l'eunuque éthiopien, et dans la suite des siècles les fonctions sj)irituelles devinrent leur affaire principale, elles consistaient surtout, à servir le prêtre à l'autel pendant la sainte Messe et à chanter l'évangile, à prêcher et à administrer le baptême et la communion.
(Gr. Cat. i¥ g.)
Vocation à l'état ecclésiastique. -- Explication. Puisque l'état ecclésiastique est aussi sublime que redoutable, celui-là seulement doit devenir prêtre, qui a été appelé par Dieu à cet état, car il n'appartient qu'à Dieu .de se
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choisir ses ministres, comme il appartient aux rois de choisir les leurs. Aussi Notre-Seigneur choisit lui-même ses apôtres et ceux qu'il voulut {S. Marc. 3, 13). C'est pourquoi S. Paul écrit : « Personne ne peut s'attribuer cet honneur à soi-même; mais il faut y être appelé de Dieu comme Aaron. » [Epît. aux Hébr. 5, 4.) Le défaut de vocation est la source de bien des crimes et des malheurs... Les signes de cette vocation sont : une inclination surnaturelle et constante à l'état ecclésiastique, la pureté de vie, l'amour des choses et des pratiques saintes, qui tendent à la gloire de Dieu ; la piété, le zèle pour le salut des âmes, la chasteté, le mépris du monde, l'aptitude et les capacités nécessaires pour remplir les fonctions de ce saint état.
Avis de S. Jérôme et de S. Chrysostôme aux nouveaux ordinands.
S. Jérôme écrivant à un jeune homme qui devait être consacré prêtre, lui disait entre autres : « Réfléchis bien à ce que tu fais, et si Dieu t'a appelé! Le monde entier a les yeux fixés sur toi, pourvoir tes vertus ou tes vices; ta maison est une école publique, et chacun se permettra de faire ce que tu te permets à toi-même. » — S. Chrysostôme adressa les avis suivants à un jeune clerc. « Ta vie est une école publique de vertu où chacun peut apprendre quelque chose ; qu'elle soit un modèle parfait de toutes les vertus que chacun puisse étudier et dont chacun puisse tirer quelque profit. »
Pratique. {Voyez aussi la i^" q.) L'état sacerdotal est un état saint et d'une grande importance pour l'humanité. C'est pourquoi 1) Priez souvent Dieu afin qu'il donne à la terre des dicjnes et pieux prêtres; Jésus-Christ luimême vous y invite par ces paroles : « Priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans son champ. » L'Eglise qui fait d'ordinaire les ordinations aux quatretemps. désire de tous les fidèles qu'ils Jeûnent et prient
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])endant ces jours alin que Dieu daigne envoyer de bons prêtres dans sa vigne. C'est pourquoi jeûnez et priez aux jours des quatre-temps, surtout dans ce dessein. 2) Témoignez aux prêtres, qui sont les remplaçants de Dieu et les dispensateurs de ses mystères, le respect et la soumission qui leur sont dus. « Ne savez-vous pas, » dit S. Chrysoslôme, « que l'honneur que vous rendez aux prêtres vous le rendez à Dieu? » Et S. Grégoire de >'azianze nous dit : Respectez les prêtres; car le sacerdoce est respecté par les anges eux-mêmes. » Si les païens ont honoré les prêtres des faux dieux, ne faut-il pas que nous honorions les prêtres du vrai Dieu? (i)
Estime et respect pour les prêtres.
Le vénérable Bède raconte des premiers chrétiens de l'Angleterre, qu'ils entouraient leurs prêtres d'un respect sans hornes. Un laïquerencontrait-il un ecclésiastique, ilfléchissait le genou devant lui, demandait respectueusement sa bénédiction, baisait la main qui l'avait béni, et se recommandait humblement à ses prières. Partout où paraissait un prêtre, il était salué avec joie et reçu de la manière la plus respectueuse comme un ange du ciel. Les pieux lidèles écoutaient attentivement et dans un profond silence ses instructions, et chaque parole qui tombait de la bouche d'un prêtre était avidement accueillie comme une parole de vie.
La reine d'Ethiopie invita le P. Paez à prêcher à la fête des SS. Pierre et Paul devant elle et toute sa cour. Elle était encore idolâtre à cette époque. Le roi, son époux, était luimême présent, et quand le prêtre, à défaut de chaire ou de tribune, commença à prêcher debout, le roi l'invita à monter sur son trône afin de se faire entendre de là, tandis que luimême se contenta de s'asseoir sur un marche-pied. De cette manière le missionnaire s'attira la considération de tous les nobles et des officiers du prince.
(1) Voyez. II partie, p. 212.
310 f>ES SACREMENTS.
o) i^'e soye::> pas scandalisé si vous découvrez jamais dans un prêtre des fautes ou des faiblesses humaines. Faites attention à sa dignité, retenez et observez ce qu'il vous dit, mais n'imitez pas ce qu'il fait. (S. Matth. 23, 3.) « Un prêtre, » dit S. Isidore, «lors même qu'il mène une vie coupable et laisse voir des taches, est néanmoins un envoyé du Très-Haut, parce qu'il offre le divin sacrifice et a soin du salut des autres. « Et S. Grégoire-le- Grand écrit : » Tandis que plusieurs examinent la vie des prêtres plus que la leur propre, ils tombent dans le gouffre de l'erreur; ils s'inquiéteraient beaucoup moins du tort que pourrait leur faire la vie des prêtres, s'ils écoutaient mieux les bons avis qu'ils leurs donnent; mais ils agissent comme les hypocrites qui lorsqu'ils ont une grosse poutre dans les yeux, voient une légère j)aille dans les yeux d'autrui.
Ne méprisez pas le sacerdoce à cause d'un mauvais prèlre.
Au temps de S. Augustin, un prêtre et une religieuse, appartenant tous deux à son ordre, étaient tombés dans une faute grave, dont un grand nombre de personnes fut scandalisé, ce qui donna lieu à condamner sans exception tous les religieux. Voici comment le saint Docteur s'exprime au sujet de cette étrange manière de juger : « Vous cherchez à me dégrader avec mes religieux parce que l'un ou l'autre d'entre eux a péché. Mais pourriez-vous m'indiquer un endroit, une société de personnes sur toute la terre qui soient exemptes de toute faute? Il n'est pas étonnant que, malgré toute la vertu et la piété qui régnent dans ma communauté, il y en ait qui tombe, puisque ses membres sont des hommes et non des anges. Devrais-je peut-être exiger et prétendre que ma communauté fût plus sainte et plus parfaite que toutes celles qui ont été sur la terre?
Dans la famille d'Adam, l'un des deux frères iut un fratricide. Dans la famille de Noë, composée de huit personnes, se trouvait l'impie Cham, qui insulta son père et fut maudit
DU MARIAGE. .'rll
(le lui. Dans la famille d'Abraham, nous voyons Agar et Ismaël chassés du loyer domestique. Dans la famille d'Isaac, Esaü fut repoussé de Dieu. Dans la famille de Jacob, il y eut parmi les douze fils, Ruben qui souilla la couche paternelle, et les autres qui vendirent l'innocent Joseph. Dans la famille de David, Amon fut un incestueux et Absalon un rebelle. Bien plus, parmi les douze apôtres, qui formaient la société de Jésus-Christ, Jacques et Jean furent ambitieux. Pierre renia son divin Maître, et Judas le trahit, le vendit et fut damné. Or, est-ce une raison suffisante pour condamner tous les saints patriarches et leurs familles, pour condamner Jésus-Christ lui-même et le collège des apôtres, parce qu'il s'en trouva parmi eux qui faillirent à leurs devoirs? Chacun comprend aisément, »conclut S. Augustin,« combien il serait injuste de raisonner ainsi, et même inconvenant de parler ainsi. » (5. August. Epist. 157.)
{Gr. Cat. l«-2^ q.) Institution du mariage dans le paradis terrestre. — Explication. Dieu lui-même a institué le mariage, quand il donna dans le paradis Eve pour épouse à Adam, afin (jue tous deux vécussent heureux et s'aimassent d'un amour fidèle et indissoluble. — Après que Dieu eut placé Adam dans le paradis terrestre pour le cultiver et le garder, il dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; faisons lui une aide semblable à lui. » Dieu envoya donc à Adam un profond sommeil, et pendant qu'il dormait. Dieu prit de la chair d'une de ses côtes, et ferma ensuite la plaie. Et Dieu forma ainsi une femme d'une côte d'Adam et l'amena devant Adam. Et Adam dit : « Voilà maintenant l'os de mes os, et la chair de ma chair : celle-ci s'appellera d'un nom pris du nom de l'homme, parce qu'elle a été tirée de l'homme. C'est pourquoi 1 homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à
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sa femme; et ils seront deux dans une même chair. » Voilà le premier mariage, voilà son institution par Dieu lui-même. Nous voyons par là que le mariage ne doit se faire qu'entre un seul homme et luie seule femme (unité du mariage) et qu'ils doivent vivre ensemble d'une manière inséparable (indissolubilité du mariage); car « l'homme quittera son père et sa mère pour s'attachera sa femme et ils seront deux dans une même chair, » dit Adam, et en parlant ainsi, comme l'observe particulièrement le Concilede Trente, le premier homme parla i<pa?' V inspiration du Saint-Esprit, »afin de faire allusion à l'unité et à l'indissolubilité du mariage. — Cependant le mariage n'en resta pas toujours à son institution primitive; car, après que tout le genre humain se fut éloigné de Dieu par le péché, le lien sacré du mariage ne fut plus aussi respecté, jusqu'à ce que vînt le divin Sauveur, qui ne rétablit pas seulement le mariage tel que Dieu l'avait d'abord institué, mais l'éleva encore à la dignité de sacrement.
{Gr. Cat. Z^-A'' q.).
Rétablissement de Vunité et de l'indissolubilité du mariage par Jésus-Christ. — Explication. Lorsque Jésus- Christ parut, il rétablit le mariage tel que Dieu l'avait institué, en ordonnant que le mariage aurait lieu entre îm seul homme et tme seule femme et durerait jusqu'à la mort de l'un des deux, et c'est pourquoi il proposa comme exemple aux gens mariés son union spirituelle avec l'Eglise. {Epît. aux Eph. 5). Nous le prouvons parce
Récit de l'Ecriture Sainte.
Un jour les pharisiens proposèrent à Jésus la question suivante : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme? » Mais Jésus répondant, leur dit : « Que vous a ordonné Moïse? » — Ils lui dirent: « Moïse a permis aux Hé-
DU MARIAGE. 3Ii>
breux de renvoyer leurs femmes, en leur donnant l'écrit de répudiation. » Jésus leur répondit : « Il a donné ce précepte à cause de la dureté de votre cœur. Mais dès le commencement du monde, Dieu forma l'homme et la femme. L'homme quittera donc son père et sa mère, et s'attachera à sa femme; et ils seront deux dans une seule chair. C'est pourquoi ils ne seront plus deux, mais une seule chair. Que ïhomme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Et dans la maison, ses disciples l'interrogèrent encore sur le même sujet; et il leur dit : « Quiconque aura quitté sa femme et en aura épousé une autre, commet un adultère par rapport à elle. Et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. » (S. Marc. 10, 2-42.) Il suit clairement de-là que Jésus-Christ a rétabli le mariage dans son unité et son indissolubilité primitive. Conséquemment, un mariage validement contracté, ne peut jamais être dissous. « Les épouxsont tellement unis l'un à l'autre, dit Lactance {Lib. 6 de Instit. cap.^ù), que celui qui les sépare, déchire leurs corps. » — Sans doute, l'autorité ecclésiastique peut permettre, pour des motifs graves, que deux époux vivent séparés l'un de l'autre, mais ils n'en demeurent pas moins mariés, et aucune des deux parties ne peut contracter un second mariage légitime, aussi longtemps que l'autre partie est en vie. — C'est ce que déclare S. Paul dans les paroles suivantes : « Pour ceux qui sont dans le mariage, ce n'est pas moi, mais le Seigneur qui leur fait ce commandement: que la femme ne se sépare point de son mari. Si elle s'en sépare, qu'elle demeure sans se marier, ou qu'elle se réconcilie avec son mari. Que le mari de même ne quitte point sa femme. »(lEpU. aux Cor. 7, 10-H.).
Le mariage est indissoluble.
Lorsque Constantin IX, empereur d'Orient, dont l'histoire raconte peu de chose, se sentit enfin près de mourir (en 1028) il fit venir le patricien Romain près de lui, et lui offrit avec la main de sa fille, le droit de succession dans l'empire. Romain, déjà uni à une femme qu'il aimait beaucoupjet qui
CATÉC. PRATIQUE. T. IH. 14
était digne de toute son atl'eclion, s'etïVaya tellement à cette proposition, que ses traits d'une remarquable beauté, se décomposèrent d'une manière effrayante. Mais ce trouble ne produisit d'autre impression sur le despote inconsidéré que de laisser à Romain le choix entre la main de sa fille et la perte des yeux, lui laissant le temps de réfléchir jusqu'au soir. Profitant de cet intervalle, l'infortuné patricien retourna bouleversé et soucieux auprès de son épouse, appelée Hélène, et pendant qu'il lui apprit cette fatale nouvelle, il se montra décidé à se sacrifier par amour pour elle; mais Hélène, se jetant à genoux à ses pieds, le conjura de ne pas renoncer à la vue, peut-être même à la vie, et de ne pas lui refuser le consentement de pouvoir se séparer de lui. Elle fit plus encore. Sans attendre sa réponse, elle se releva, se sauva dans un couvent de femmes situé près de là, envoya . sans tarder, un message au patriarche et reçut le voile de ses mains. Elle informa alors seulement son mari par une lettre de ce qui venait d'arriver, l'assurant pour le consoler, qu'elle se trouvait maintenant plus heureuse, que si elle fût montée sur le trône impérial. Romain parut donc de nouveau près du lit du despote mourant, tout disposé à suivre ses ordres tyranniques, et celui-ci fit venir à l'instant sa plus jeune fille Theodora, princesse aussi distinguée par son esprit et sa piété que par sa rare beauté, afin de la fiancer à celui qu'il avait choisi pour son successeur. Mais elle s'opposa avec une majestueuse indignation à ce dessein insensé de vouloir livrer sa main à un homme déjà marié; « le lien contracté entre Romain et son épouse, dit Theodora d'une voix ferme, a été consacré par Dieu, et nulle puissance humaine n'est en état de le rompre, à moins de violer la loi de Dieu. »Toutes les propositions demeurèrent sans effet et allèrent se briser contre l'énergique volonté de Theodora résolue à mourir plutôt que de transgresser les préceptes de Dieu.
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{Gr. Cal. o<^-6<= q.) Le Mariage est un sacrement. — Explication. Le Mariage dans l'Eglise chrétienne, est un sacrement par lequel deux personnes libres, l'homme et la femme s'unissent et reçoivent la grâce de remplir fidèlement jusqu'à la mort les devoirs de leur état. — Le Mariage est un sacrement, puisqu'on y retrouve les trois conditions nécessaires à un sacrement : a) Le signe sensible [la tradition des mains et les paroles par lesquelles les époux expriment leur consentement mutuel de s'unir indissolublement, en présence du curé et de deux témoins, ensuite la bénédiction par laquelle le prêtre consacre leur union); l) la grâce intérieure (la force et le courage d'en haut pour remplir fidèlement jusqu'à la mort les devoirs de l'état de mariage); c) l'institution divine (Dieu luimême l'a institué dans le paradis terrestre, et Jésus- Christ l'a élevé à la dignité de sacrement). Que le Mariage est vraiment un sacrement, c'est ce (jui se prouve encore très-clairement par les paroles de S. Paul et la doctrine constante de l'Eglise; je dis 1) par les paroles de S. Paul. Celui-ci appelle le Mariage « un grand sacrement » ou mystère, puisqu'il dit : « C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et ils ne feront tous deux qu'une seule chair. Ce sacrement (ce mystère) est grand, je dis en Jésus-Christ et en l'Eglise. » {Epît. aux Ephés. 5, 31-32.) S. Paul enseigne donc ici clairement que les époux seront unis comme le sont Jésus-Christ et son Eglise. Or, Jésus- Christ et son Eglise sont unis par jun lien surnaturel et fécond en grâces; de même le Mariage est un signe sacré, riche en grâces, auquel est unie une grâce invisible, conséquemment c'est un sacrement.
2) Par la croyance et la doctrine de l'Eglise, comme on peut le constater par les écrits des SS. Pères et même
])ar l'enseignement des sectes qui, aux premiers siècles, se sont séparées de l'Eglise.
Doctrine de la Tradition et des sectes séparées de l'Eglise, touchant le sacrement de Mariage.
Les SS. Pères disent d'une manière claire et positive que le Mariage est un sacrement. Citons quelques passages de leurs écrits. S. Ignace, martyr, qui vivait au premier siècle, disait : « Le fiancé et la fiancée qui veulent se marier doivent le faire par l'intervention de l'évéque afin que leur mariage soit selon le Seigneur, c'est-à-dire, selon l'institution de Notre-Seigneur, et se fasse comme une chose sacrée, comme un sacrement » — Ecoutons en quels termes s'exprime Tertullien, mort en 215 : « Jésus-Christ a ramené le mariage à sa perfection primitive; il a rendu spirituel ce qui était charnel, de sorte que le mariage est une représentation de son union avec l'Eglise. » Dans un autre endroit il dit encore : « Comment pourrions-nous expliquer la félicité de ce mariage, qui se forme sous les auspices de l'Eglise, que l'oblation du sacrifice confirme, auquel la bénédiction met le sceau, que les anges proclament dans le ciel, et que le Père éternel ratifie? » Pouvait-il dépeindre d'une manière plus belle le Mariage comme sacrement? Aussi il déclare expressément que les paroles de l'Apôtre aux Epliésiens doivent être entendues du Mariage comme d'un sacrement. »- S. Ambroise disait au quatrième siècle : « Que le Mariage était sanctifié par le voile et la bénédiction sacerdotale, et que l'adultère offensait gravement Dieu, violait la loi, détruisait la grâce et perdait sa part au sacrement. » — S. Augustin enseigne : « que chez les chrétiens, la sainteté du Mariage, considéré comme sacrement, doit être plus appréciée que la fécondité, ou la chasteté dont la fidélité est le lien; » c'est pourquoi l'apôtre a dit : « Maris, aimez vos femmes comme Jésus-Christ a aimé son Eglise. » Mais pourquoi faire encore plus de citations? Toute l'antiquité chrétienne enseigne que le mariage des chrétiens l'emporte de loin sur celui des infidèles, à cause de la dignité de sacre-^
Dû MARIAGE. 317
ment dont il est revêtu. C'est ce que l'Eglise a toujours déclaré et proclamé solennellement, d'abord au quatrième concile de Carthage, puis à Vérone en 1181, ensuite au concile de Latran à Rome. Enfin le concile de Trente a déclaré avec raison : « Si quelqu'un dit que le Mariage n'est pas vraiment et proprement un des sept sacrements, institués par Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais que c'est une invention des hommes dans l'Eglise, qu'il soil anathème. » {Sess. 24, cup. i.) — Les Grecs schismatiques et la ^rcte des Nestoriens, qui se sépara de l'Eglise aux premiers siècles, reconnaissent le Mariage comme un sacrement.
Comment on reçoit le sacrement de Mariage. — Explication. Voici de quelle manière on reçoit le sacrement de Mariage : Les fiancés déclarent devant leur curé (ou devant ua autre prêtre délégué par le curé ou révê(jue) et en présence de deux témoins, qu'ils se prennent mutuellement pour époux, après quoi le prêtre bénit leur union. Ainsi le consentement libre de part et d'autre, manifesté extérieurement (d'ordinaire par des paroles) ' par les parties contractantes, et qui se rapporte au présent est la première condition, nécessaire à la validité du Mariage, car le consentement qui n'aurait pour objet que l'avenir ne serait qu'une promesse de mariage. Ce consentement doit être exprimé devant le curé d'un des époux, ou devant un prêtre délégué par lui ou par l'évêijue et en présence de deux témoins au moins.
{Gr. Cat. S*- q.) Devoirs des époux. — Explication. Voici les principaux devoirs des époux chrétiens : 1) 7/5 doivent prendre pour modèle Vamour réciproque que se portent Jésus-Christ et l'Eglise, et vivre ensemble dans l'union et la fidélité conjugale, jusqu'à ce que la mort les sépare. Le mari doit aimer sa femme comme Jésus-Christ aime l'Eglise, d'un
amour parfait, exclusif, indissoluble et protecteur; la femme doit aimer son mari, comme l'Eglise aime Jésus- Christ, d'un amour parfait, exclusif, constant, serviable et dévoué.
Exemples empruntés à V Ecriture- Sainte.
Nous trouvons un beau modèle de l'amour et de la fidélité conjugale dans la chaste Susanne. Elle était une épouse distinguée, qui préférait mourir plutôt que de blesser la fidélité conjugale. {Daniel, 13.) — Abraham possédait dans Sara une épouse fidèle et dévouée qui le suivait partout comme la compagne inséparable de sa vie, non-seulement dans la région de Chanaan si éloignée, mais même en Egypte. Aussi que de larmes amères versa Abraham sur la mort de son épouse chérie! Que de beaux exemples d'union, de charité et de fidélité ne voyons-nous pas dans Joachim et Anne, dans Zacharie et Elisabeth, mais surtout dans Joseph et Marie, l'auguste Mère de Dieu!
L'épouse fidèle et dévouée.
' Catherine Hermann était femme d'un matelot hollandais. Son mari ayant été arrêté par les Espagnols, qui faisaient le siège d'Ostende, fut envoyé aux galères avec plusieurs de ses compatriotes. Catherine, apprenant cette triste nouvelle, se coupa les cheveux, se déguisa en homme, se rendit au camp d'Ostende et s'engagea au service des Espagnols. On la remarquait autant à cause de sa bravoure héroïque que des charmes de sa figure. Comme elle venait de combattre vaillamment sous les yeux du comte de Bucquoi : « Beau soldat, lui dit ce général, demande-moi ce que tu voudras, je te l'accorderai. » — « Mon général, répondit Catherine, si j'étais une femme, vous dédiriez-vous? » — « Non ; ta valeur mériterait dans ce cas les plus hautes récompenses. » — Alors elle se déclara la femme du matelot, et se jetant à genoux, demanda la liberté de son époux. Le comte la releva avec empressement, lui rendit son mari et la renvoya comblée de présents.
DU MAniAGE. 319
L'union et la charité
doivent toujours régner entre les époux; c'est par là seulement qu'ils deviennent forts pour supporter patiemment les nombreuses peines attachées à l'état de mariage. Un grand seigneur célébrait un jour ses noces et avait invité, à côté de plusieurs nobles convives, le maire du village, homme simple, mais d'un grand bon sens et d'une solide pi^^té. Apre? que les principaux seigneurs eurent offert aux nouveaux mariés de magnifiques cadeaux, arriva enfin le maire, portant une petite boîte qu'il remit au noble châtelain en disant : « Feu mon grand père qui servit autrefois sous les Hollandais, ma laissé ce souvenir. Je vous le donne,' seigneur, en ce jour de fête; servez-vous en sainement et que le Dieu de bonté veuille vous enseigner sa sagesse! » Or quand le nouveau marié ouvrit la boîte, il y trouva une pièce d'argent que les Hollandais avaient fait frapper pour entretetenir la paix avec les Anglais. D'un côté se trouvaient deux bœufs sous le joug avec cette inscription : Juncti valemus. — Quand nous sommes unis nous sommes forts. » Au revers on voyait deux pots de terre nageant sur les flots et portant en en exergue : « Collidentes frangimus. — En nous choquant, nous nous brisons. » Le comte montra la médaille à sa jeune épouse et dit : « Voyez donc, ma chère ! Aujourd'hui nous avons reçu maint beau présent, mais il faut bien ra\ouer, ce bon campagnard ne nous a pas donné le moins beau. »
2) Les époux doivent s'édifier mutuellement par une conduite vertueuse. « Que le mariage soit respecté en toutes choses, dit l'apôtre, car Dieu condamne les fornicateurs et les adultères. » [Epît. aux Hébr. 13, 4.) Les époux doivent prier et travailler ensemble. Le mari et la femme sont comme les deux yeux d'une personne; ils doivent regarder ensemble autour d'eux et au-dessus d'eux, au ciel, et si l'un souffre, l'autre doit pleurer.
?>) Us doivent élever ensemble leurs enfants dans la
crainte de Dieu et ne pas souffrir dans la maison le moindre objet qui pourrait mettre en danger l'innocence de l'enfant. {Voyez tome II, du quatrième commandement.)
4) Le mari doit traiter sa femme avec douceur, la nourrir et Ventretenir. « Maris, dit saint Paul, aimez vos femmes, comme Jésus-Christ a aimé son Eglise, et s'est sacrifié pour elle... Car personne ne hait sa propre chair, mais il la nourrit et l'entretient comme fait le Christ à l'égard de son Eglise. » [Epît. aux Eph. 5, 24 et suiv.) Saint Ambroise s'adressant aux Maris, leur dit : « Vous n'êtes pas des maîtres, mais des époux; ce n'est pas une servante que vous avez obtenue mais une épouse. Dieu voulut que l'homme conduisît raisonnablement le sexe faible, mais non qu'il lui fit sentir la supériorité de sa force. » La femme doit obéir à son mari en tout ce qui est juste et homiête et diriger consciencieusement le ménage. « Comme l'Eglise est soumise à Jésus-Christ, de même aussi les femmes doivent être soumises en tout à leurs maris. » (c'est-à-dire en tout ce qui est juste et honnête.) {Ej)tt. aux Eph. 5, 24.) « La femme, dit saint Augustin, n'a pas été faite de la tête, mais du côté de l'homme afin qu'elle sût qu'elle n'est point la maîtresse de l'homme, mais bien plutôt qu'e//e lui est soumise. »
Image d'un mariage heureux.
Autrefois, dit-on, vivait un époux chrétien qui priait souvent Dieu de lui faire savoir comment on pourait vivre heureux dans le mariage et faire bon ménage. Or un jour il aperçut en vision trois anges. Le premier était à genoux et disait : « Je lève mes yeux vers les montagnes d'où me vient le salut. » L'autre avait une bêche et cherchait péniblement des racines en terre, de sorte que la sueur inondait son visage, il disait : « Vous mangerez votre pain à la sueur de votre front. » Le troisième rassemblait les racines dans un
panier en disant : « Ce qu'on garde avec soin, finit par s'augmenter, » et ensuite il les portait dans une maison nette où les trois anges demeuraient ensemble. (C'était très-bien dit, car cela signifiait que pour faire bon ménage on doit i) prier, 2) travailler, 3) épargner et 4) vivre ensemble dans une paix et un amour angéliques.
{Gr. Cat. 9« q.) Ce qui doit surtout détourner les époux de la violation de la fidélité conjugale. — Explication. Un crime aussi affreux que funeste dans ses suites c'est l'adultère. « L'adultère est un insensé qui perd son âme ; il ne trouvera plus que la honte et la douleur, et son opprobre ne s'effacera jamais. » {Prov. 32, 33.) Que les époux qui sont tentés de violer la fidélité conjugale, se rappellent que par l'adultère ils foulent aux pieds le serment solennel qu'ils ont fait en face de Dieu et de l'Eglise, qu'ils brisent le lien sacré qui selon les dispositions divines unit la société humaine ; qu'ils détruisent la paix domestique, empêchent la bonne éducation des enfants et renversent le bonheur de toute la famille; qu'ils s'exposent au danger de tomber dans l'opprobre et la misère, dans toute espèce de fautes et de vices, d'être châtiés de Dieu lui-même de la manière la plus terrible et enfin d'être réprouvés entièrement. S. Ambroise avertit vivement tous les époux à ne pas désirer ce qui est contraire à la fidélité conjugale, et à ne pas se laisser séduire par l'espoir de rester cachés et de pouvoir commettre impunément le péché. Dieu le protecteur du mariage, à qui rien n'est caché, auquel personne n'échappe, est présent. Que personne n'insulte l'époux absent. Dieu veille et saisit le coupable, même avant qu'il ait accompli le forfait. Il reconnaît le crime dans l'esprit d'un chacun et quand même vous tromperiez l'époux, vous ne tromperez pas Dieu. Quand même vous échapperiez
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à la vengeance de l'époux et aux arrêts de la justice humaine, vous n'échapperez pas à la main du souverain juge. [Lib. 2. de Ahrah. c. 2.)
Peines infligées à l'adultère sous fancienne Loi.
Dans l'ancienne Loi les peines les plus redoutables étaient prononcées contre le crime d'adultère. — Quand une femme était seulement soupçonnée d'avoir été infidèle à^son mari, Celui-ci la conduisait devant le grand prêtre et offrait pour elle un sacrifice où tout semblait triste et sinistre, car il n'y portait pas d'huile qui est le symbole de la miséricorde, il n'y mettait pas d'encens exprimant le parfum que répand une bonne renommée. Après que le prêtre avait otïert ce sacrifice à Dieu, il versait de l'eau bénite dans un vase d'argile, prenait un peu de terre du sol du tabernacle et la jetait dans cette eau. Alors il prononçait une formule exécratoire etd'effrayantes paroles de malédictions contre la femme soupçonnée,il lui donnait à boire de l'eau trés-amère. Etait-elle innocente elle n'en éprouvait pas le moindre mal ; si au contraire elle s'était souillée par l'adultère, les eaux de malédiction entraient en elle, son corps s'enflait, ses entrailles pourrissaient et elle était en malédiction et en exemple à tous parmi lepeuple {Lit. des yombres. o.) Si l'adultère avaitété prouvé par des témoins, la punition était encore plus terrible. D'abord ces témoins et ensuite tout le peuple s'armaient de pierres. Chacun jetait les siennes au coupable, et c'était hors de la ville, à la vue de tout Israël, qu'il expirait sous une grêle de coups. Dieu avait dit : « L'homme adultère et la femme adultère mourront. » {Lévit. 20, 10.)
Péché et punition du roi David.
L'histoire de David nous prouve que la malédiction repose sur l'adultère, et que le malheur n'atteint pas seulement celui qui l'a commis mais encore ses enfants. Après que David eut corrompu Bethsabée l'épouse d'Urie, Nathan lui annonça de la part de Dieu les châtiments qui allaient le frapper. « L'épée ne sortira jamais de ta maison, parce que
tu m'as méprisé et que tu as pris pour ta femme la femme d'Urie Héthiem... Et parce que tu as fait blasphémer les ennemis du Seigneur à cause de ton crime, le fils qui t'est né, mourra de mort. » (II Liv. des Rois. 12)
Suites effrayantes de l'adultère.
Nous lisons dans un journal judiciaire : « un déplorable événement vient d'attirer l'attention de la justice. Maurice E... cultivateur aisé du village de Boissierès, commune de Sainte-Marie (Haute-Loire), quoique marié et père d'une famille nombreuse, poursuivait depuis longtemps d'un amour coupable une de ses belles-sœurs. D'abord secrètes, leurs relations finirent bientôt par ne plus être un mystère pour aucun des membres de la famille de Maurice. Sa femme dont la santé et la raison étaient depuis longtemps ébranlées, s'en inquiétait peu. Mais lu malheureux père ne trouvait pas la même indulgence auprès de ses enfants : Sa fille aînée, surtout, lui reprochait quelquefois le mauvais exemple qu'il donnait àsa famille. On dit même que leurs discusions à cet égard étaient fréquentes. Ces jours derniers, Maurice, qui se livrait passionnément à l'exercice de la chasse dans les moments de loisir et trouvait dans cet exercice souvent un prétexte de rendez-vous, étant monté à sa chambre pour apprêter son arme, lorsqu'arriva sa fille qui recommença ses reproches. Pour y couper court, Maurice la prend par le bras et cherche à la pousser dehors ; mais la résistance qu'elle oppose fait naître une lutte dont le bruit attire presque aussitôt un des frères de la jeune fille, qui se range du côté de sa sœur contre son père. Pendant cette lutte de quelques instants, que personne n'eût cru assez animée pour produire un événement aussi tragique, un coup de feu se fait entendre, et le jeune homme, affreusement atteint au côté droit par l'arme de son père, tombe expirant dans les bras de sa sœur. — Maurice a fui ; en effet, ou, pour parler plus juste, le malheureux a gagné les champs; quelques-uns disent l'avoir aperçu à la lisière d'un bois, pâle, défiguré, l'œil hagard, s'arrachant les cheveux, maudissant la
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vie et demandant, comme faveur extrême, d'être enseveli dans la tombe de son fils. — 0 suites terribles de l'adultère.
{Gr. Cat. lO-^-lS« q.)
Fiançailles ou promesses de mariage. — Explication» C'est du choix sage et prudent de l'époux ou de l'épouse que dépend la paix et le bonheur de toute une vie. Combien de milliers de larmes amères de repentir verseraiton de moins; combien de chagrins continuels, de souffrances chaque jour renaissantes, combien de soucis secrets qui minent les santés les plus florissantes, que d'actes d'un effrayant désespoir seraient évités, si Ton se conduisait d'une manière plus raisonnable et plus sérieuse dans ce choix! C'est pourquoi nous appelons d'une façon toute spéciale l'attention de ceux qui pensent à embrasser l'état de mariage, sur les points suivants :
1) Ils ne doivent pas faire de promesse de mariage à la légère, comme le font, par exemple, ceux qui n'invoquent pas d'abord Dieu, et qui, contrairement à sa volonté, ne font nulle attention aux conseils de leurs parents, ni au salut de leur âme, qui dans leur choix font plus de cas des avantages extérieurs et temporels que de la piété et des vertus, et qui n'examinent pas d'abord s'ils pourront remplir les devoirs importants de l'état de mariage. Vraiment, le mariage est un état important et difficile! Ce n'est pas sans raison que les anciens ont comparé le mariage à un nuage épais; c'est pourquoi les latins rendaient le terme de se marier par mihere (de nuhes — nuage) voulant signifier par là que ceux qui se mariaient s'attiraient un nuage, sans savoir s'il leur apporterait une douce pluie qui féconderait leur sol, ou s'il ferait descendre sur eux la foudre, la grêle et les malheurs sans nombre. Il est donc bien nécessaire de
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procéder avec réflexion, de consulter les parents et d'implorer le secours de Dieu afin d'être éclairé. « Si vous voulez vous marier, » dit S. François de Sales, « invitez Jésus à vos noces; car sans lui les bénédictions vous manqueront. Les païens appelaient à leurs noces Adonis et Vénus; au lieu d'Adonis faites-y venir, Notre-Seigneur, et au lieu de Vénus, Notre-Dame. >i
Consultez et priez avant d'entrer dans l'état de mariage.
L'évêque Govea a rapporté plus au long que nous ne le faisons ici l'histoire d'un jeune gentilhomme distingué, établi à Grenade. Celui-ci ressentait les inclinations les plus passionnées pour une demoiselle de famille noble, mais presque sans fortune, et jour et nuit il ne s'occupait qu'à forger des rêves et des plans pour la réalisation de son bonheur futur. Aussi ne manquait-il pas de passer à cheval plusieurs fois pendant le jour devant le balcon de la senora, selon les usages chevaleresques de cette époque, et de lui manifester par toutes sortes de signes les désirs de son cœur. Mais si forte que fût celte inclination qui le dominait, elle ne put triompher d'une voix intérieure qu'il entendait fréquemment et tenait toujours éveillé dans son cœur le doute sérieux si cette union tant désirée lui procurerait le bonheur et attirerait sur lui les bénédictions et la grâce de Dieu. Après avoir lutté longtemps avec lui-même sans pouvoir prendre une résolution définitive, il se décida à demander conseil à un homme distingué, mais qu'il mit d'abord à une rude épreuve afin de pouvoir se convaincre avant de se confier entièrement à lui, s'il avait bien toute la fidélité et la charité qu'on lui attribuait. Or, cet homme remarquable et distingué, mais très-petit et méprisable à ses propres yeux, était le frère S. Jean de Dieu, qui, à cette époque, était tantôt méprisé et maltraité, tantôt admiré par toute la ville de Grenade où il vivait, comme un héros de la charité chrétienne et un instrument de la puissance divine. Jean pardonna volontiers au jeune homme le tour qu'il lui avait joué en faisant faire
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au pieux serviteur de Dieu des courses et des démarches inutiles, sous prétextes d'une dette importante qu'il s'agissait de payer de suite; instruit de son penchant pour la senora, il lui conseilla d'abord de ne rien décider, et le consola en lui disant qu'ils allaient unir leurs prières pour connaître la volonté de Dieu. Peu de jours après, lorsque le jeune homme selon sa coutume traversait à cheval la rue où demeurait sa maîtresse, afin de se montrer à ses yeux, le coursier qu'il montait, se rejeta effrayé et haletant en arrière à quelques pas du balcon se dressa sur ses jambes, reculant sans cesse, sans qu'il y eût moyen de le faire avancer. Etonné de cette étrange résistance, le cavalier se pencha en avant pour voir quel obstacle son cheval avait rencontré en chemin, et un frisson de terreur parcourut ses veines; car il lui semblait voir à ses pieds un gouffre béant et sans fond. Aussitôt il fit tourner la bride à son cheval, considéra cette vision comme un avertissement et choisit dans la suite un autre chemin dans la carrière de la vie, un chemin où sa vocation l'appelait manifestement. Le nom de ce jeune homme, Fernando Nunnez est devenu dans la suite célèbre et beau par sa vie riche en grandes et nobles actions. Quelque nom que l'on veuille donner à cet événement, à quelque ordre qu'il appartienne, qu'on l'explique naturellement ou non, que ce soit une légende ou une véritable vision, toujours est-il vrai de dire qu'une vérité importante y est cachée comme dans maintes autres visions symboliques. La plupart de ceux qui ne se laissent pas guider par des idées chrétiennes et ne fixent leur attention que sur l'éclat extérieur du monde, sur la fortune, les richesses, la condition, ou qui aveuglés par les charmes de la beauté physique se précipitent en quelque sorte dans l'état de mariage avec un impétueux empressement, négligent de penser auparavant qu'ils sont sur le bord d'un abîme où ils seront infailliblement précipités s'ils ne sont protégés par les véritables vertus chrétiennes, et surtout par la vertu de la croix. Cet abîme qui s'ouvre devant eux c'est celui de l'infidélité, du sacrilège, des reproches haineux, des désordres de tout genre dans la
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famille. De quelle importance n'est-ce donc pas de contracter cette union avec des sentiments religieux et graves! {Emm. Veit h.)
Dans votre choix, soyez attentif à la religion et à la vertu.
Comme on conduisait au supplice les filles de M. de la Billiais, dont tout le crime était d'aimer Dieu et le roi, un ofticier républicain, voulant en sauver une, lui dit : a Viens avec moi, je t'épouserai. » — Elle répondit : « Laissez-moi aller : j'aime mieux la mort que la honte de vous appartenir; vous êtes un ennemi de mon Dieu et de mon roi. » [Lettres Vendéennes.)
Nathalie et Adrien.
Telle était la noble élévation d'âme que montrait dans son amour, l'héroïque vierge chrétienne Nathalie, fiancée avec Adrien. Elle était née et avait été élevée dans le sein du christianisme; Adrien au contraire, favorioe de tous les dons de la fortune, orné de tout l'éclat de la jeunesse, de la beauté et des grandeurs humaines, et pouvant se glorifier d'être le favori de l'empereur Domitien, professait encore le culte des faux dieux; malgré les avis, les prières et l'exemple de sa vertueuse fiancée, il n'avait pu se résoudre encore à embrasser la vraie foi. Un jour on vint lui apporter la triste nouvelle qu'Adrien avait perdu la faveur du prince et qu'après avoir été chargé de chaînes, on l'avait jeté en prison. Quelle douleur pour cette noble jeune fille, qui aimait sincèrement son fiancé! Elle demanda en sanglotant quel crime il avait pu commettre pour s'être attiré un pareil traitement; le messager le lui apprit. Adrien donc avait été chargé de visiter successivement les chrétiens, incarcérés pour leur foi, de prendre leurs noms, et de les conduire devant le tribunal du prêteur. Etonné de leur joie et de leur admirable égalité d'âme, il leur avait demandé, comment il se faisait qu'ils allassent si joyeusement à la mort, et il avait appris à connaître la foi et l'espérance dans lesquelles ils puisaient cette force. Il s'en suivit que touché et éclairé de la grâce, il reçut
le baptême de leurs mains, et eut le courage d'inscrire son propre nom sur la liste des martyrs qu'il avait à dresser; voilà pourquoi il fut condamné à partager leur sort. A peine Nathalie eut-elle reçu ces explications que sa tristesse se changea en joie et ses pleurs en cris d'allégresse. Sans tarder elle se rendit à la prison où se trouvait Adrien, s'agenouilla devant lui^ baisa ses chaînes, le proclama bienheureux et mit en œuvre toute l'énergie de son cœur et la douceur de son éloquence pour l'engager à persévérer courageusement; elle eut même la force d'âme d'assister à sa mort et le consola par sa présence jusqu'au dernier moment de sa vie. Quel amour sublime! Le fiancé, voué à la mort à cause de sa foi en Jésus-Christ, lui était plus cher que l'époux païen entouré des splendeurs de la fortune et de la gloire; elle préférait de beaucoup son salut à son propre bonheur icibas; ce magnifique exemple quoiqu'il ne paraisse aux yeux des chrétiens lâches et dégénérés qu'une fanatique fantaisie, doit être imité au moins de loin par tous ceux qui sont d'avis d'entrer dans l'état de mariage. « Lorsque vous cherchez un époux ou une épouse, » dit S. Chrysostôme, « examinez bien d'abord si celui ou celle qui est l'objet de votre choix, a de la foi, de bonnes mœurs, s'il est agréable à Dieu; là où ces avantages se trouvent, tout le reste suivra; où ils manquent, la dot la plus riche ne servira de rien.
2) Ils doivent être suffisamment instruits, et posséder tous deux la vertu, les lumières et les connaissances religieuses nécessaires pour pouvoir élever chrétiennement leurs enfants. En même temps ils doivent être libres de tout empêchement de mariage. (Nous en parlerons plus loin.)
3) Pendant tout le temps de leurs fiançailles ils doivent vivre dans la chasteté et ne pas croire qu'il leur est permis de vivre plus librement ensemble ou de demeurer dans la même maison; il faut qu'ils apportent à l'autel la couronne nuptiale dans toute sa pureté, « comme un
signe de joie de la victoire qu'ils ont remportée sur leurs passions et de l'innocence dans laquelle ils ont jusqu'alors vécu ensemble. » (S. Chrysostôme.) Ordinairement Dieu ne bénit pas les époux qui ont souillé le temps de leurs fiançailles par des péchés.
Les époux malheureux.
Le vénérable père Candide racontf^ avoir connu deux personnes qui avant leur mariage s'aimaient d'un amour tellement déréglé, qu'elles ne pouvaient être une heure l'une sans l'autre; mais dès qu'elles furent mariées, elles se haïrent si affreusement qu'elles ne pouvaient plus ni se voir ni se souffrir et se mordaient et se déchiraient avec les dents et les ongles comme des chiens enragés. Dès qu'elles étaient séparées, le même amour et les mêmes désirs impurs les tourmentaient comme auparavant et les portaient à se réunir de nouveau; mais dès qu'elles s'étaient vues de nouveau la haine et la rage se réveillaient dans leurs cœurs. 3Iartyre affreux, enfer anticipé!
4) Ils doivent entrer dans Vétat de mariage avec une intention pure et agréable à Dieu. « Nous sommes les enfants des saints, disait Tobie, et nous ne devons pas entrer dans le njariage comme les païens qui ne connaissent pas Dieu. « Ceux qui reçoivent le sacrement de mariage avec des intentions criminelles ou en état de péché, se rendent coupables d'un sacrilège et conséquemment indignes de toutes les grâces et les bénédictions célestes.
Exemple de Sara épouse de Tobie
Elle pouvait dire à Dieu : « Vous savez, Seigneur, que j'ai conservé mon âme pure de tout mauvais désir. Je ne me suis jamais mêlée à ceux qui aiment les divertissements, et je n'ai pas vécu avec ceux qui marchent sans prudence. J'ai consenti à recevoir un mari dans votre crainte, et non pour satisfaire ma passion. » {Tob. 5, 16 — 18.)
Les deux prétendants.
Ce n'est point sur les richesses ni sur les passions que doit se fonder le mariage mais sur un amour saint et chaste, sur un noble dévouement. — Dans la brillante cité maritime de Gênes, on vit autrefois deux jeunes gens se disputer la main d'une jeune fille distinguée par sa naissance, sa beauté et sa vertu. L'un des deux et précisément celui auquel elle accordait la préférence, fut éconduit par les parents, tandis que l'autre, qui leur plaisait à cause de son rang et de sa fortune, fut accueilli avec empressement; bientôt tout fut arrangé pour célébrer les noces dans un temps peu éloigné. Mais avant cette époque qui n'était attendue qu'avec tristesse par la fiancée et l'autre jeune homme auquel elle avait voué son affection, une maladie pestilentielle éclata (en 1657) et sévit avec une horrible et rapide fureur parmi les habitants ; bientôt la gracieuse jeune fille fut attaquée elle-même par le fléau. Or son fiancé n'eut rien de plus empressé, dans son effroi et son trouble, que de s'enfuir; et tout préoccupé de la crainte que le virus fatal ne se fût déjà communiqué à son corps, il s'enferma dans sa maison ; comme il ne songeait évidemment qu'à sauver sa chère vie, il était manifeste que son amour était loin d'être fort comme la mort, et qu'il ne fallait pas des flots d'eau pour éteindre son ardeur. Ce fut alors, dans ce moment d'effroi général qui brise souvent tous les liens, que se présenta son rival, oubliant la conduite outrageante et l'opposition que les parents de la jeune fille lui avaient montrées autrefois; il n'y eut plus personne alors qui lui défendît encore l'entrée de la maison redoutée et évitée par chacun, et ni les supplications de sa mère, ni les instances de ses amis, ni l'imminence du danger ne furent en état de l'arrêter. Il se dévoua donc avec une douce sollicitude au service de la malade, dont la figure jaune et amaigrie, les traits bouleversés avaient à peine conservé quelque trace de sa beauté passée, et il passa des nuits entières à veiller au chevet de son lit. Ses efforts furent couronnés par le plus heureux succès; la malade guérit complètement et les cou-
Dû MARIAGE. 33!
leurs riantes de la santé et de la jeunesse vinrent de nouveau embellir ses traits ; son fidèle ami était demeuré sain et sauf. Bientôt reparut son fiancé qui lui exprima par des phrases bien compassées et alambiquées son ravissement, sa joie aussi vive que sincère, et il ne négligea point d'y glisser adroitement la remarque : comment ce retour de la santé coïncidait heureusement avec l'époque où le plus ardent de ses vœux allait être enfin rempli. Quand la jeune fille entendit cette allusion, elle alla se jeter aux pieds de son père, et montrant l'ami qui ne l'avait pas abandonnée au bord du tombeau, elle s'écria : « Voilà mon sauveur, sans la fidélité duquel vous n'auriez plus de fille! c'est à lui seul qu'appartient ma main. » Et sa demande était trop juste pour ne pas être accueillie. Où se montra en cette circonstance le véritable amour? Là seulement où il fut éprouvé par un dévouement et une fidélité noble, désintéressé qui oubliait ses propres dangers. Mais ce dévouement, cette fidélité inviolable, cet attachement parfait et exclusif des deux côtés, pourquoi sont-ils si nécessaires et si essentiels dans l'union des deux sexes? Parce qu'ils reposent sur la dignité morale et la consécration religieuse d'un contrat pour la vie, qui, sans cette consécration, descendrait complètement au niveau des choses purement naturelles et matérielles. {Emm. Veith.)
5) Enfin avant leur mariage, ils doivent se confesser et communier dignement.
Puisque le mariage est un sacrement des vivants, on doit être en état de grâce pour le recevoir; c'est pourquoi on doit se mettre en état de grâce par une confession sincère et entière (et ce qu'il y a de mieux par une confession générale de toute la vie); ensuite comme le mariage entraîne de si grandes et de si lourdes obligations, il est nécessaire que les époux invitent le divin Sauveur à leurs noces et s'unissent à lui dans la sainte communion. Ici encore nous pouvons appliquer cette parole de saint François de Sales : « Si vous voulez
VOUS marier, invitez à vos noces Jésus-Christ; car sans lui il n'y a pas de bonheur. »
{Gr. Cat. 14«-16« q.) Empêchements de mariage. — Explication. — Déjà sous l'ancienne loi, Dieu avait établi différentes règles pour le mariage des Juifs; sous la loi nouvelle il existe également dans l'Eglise certaines règles on limitations pour le mariage des chrétiens, et qu'on appelle empêchements de mariage. Ces empêchements les uns reposent sur la loi naturelle et la raison (tel par exemple que l'empêchement d'erreur relativement à la personne ou à la parenté), les autres sur la loi divine (par exemple l'empêchement provenant d'un mariage déjà existant), d'autres sur les lois ecclésiastiques. Pour parvenir à la connaissance des empêchements qui pourraient exister, l'Eglise a ordonné d'examiner les futurs époux sur ce point, et, avant de célébrer le mariage, de l'annoncer d'ordinaire publiquement trois fois au prône. Quiconque connaît un empêchement, est tenu en conscience de le faire connaître au curé. Les empêchements de mariage sont de deux espèces : i) Les empêchements prohibitifs qui rendent le mariage illicite de sorte qu'on ne peut se marier sans péché, et 2) les empêchements dirimants qui le rendent nul. Voici quels sont ces empêchements.