DES SIX COMMANDEMENTS DE I, 'ÉGLISE
Paul exclut du sein de l'Eglise à Corinthe un homme incestueux. (1. Cor. 5.)
Les principales punitions de l'Eglise contre les Iransgresseurs de ses commandemcnls .
De tout temps l'Eglise a puni ceux qui transgressent ses commandements, et les punitions dont elle les menace, encore aujourd'liui sont principalement les suivantes : 1) /a privation des sacrements (l'excommunication mineure.) Les sacrements, sont pour l'âme, ce que la nourriture et la boisson sont pour le corps. On pourrait difficilement causer au corps un plus grand tourment que de réduire sa nourriture et sa boisson à un peu de pain et d'eau, ou bien de le priver de tout aliment pendant quelques jours. Mais pour une âme qui n'est pas entièrement corrompue et qui sait encore apprécier la valeur infinie de la grâce divine et des moyens de salut, le tourment doit être incomparablement plus grand de se voir privée, pour sa punition, de ces trésors précieux, de ces sources intarissables de la vie. Dans cette privation elle n'en soupirera que plus vivement après ce rafraîchissement céleste, et, touchée de componction, elle se jettera aux pieds de l'Eglise pour implorer son pardon, et celle-ci, qui, comme son divin maître, ne frappe que pour guérir, accueillera de nouveau avec joie l'enfant prodigue. — 2) Veœclusion du sein de l'Eglise, (appelée ordinairement excommunication majeure ou tout simplement eœcommnnication.) Celte peine est bien plus forte que la privation des sacrements; car bien que les sacrements soient les principaux moyens desanctification del'Eglise, ilsne tarissent cependant pas les grâces et les bienfaits qui sont à la disposition de l'Eglise, et ceux à qui cette légère pénitence a été infligée restent néanmoins toujours en communion avec l'Eglise. Mais le pécheur frappé d'excommunication est exclu de toutes les grâces et faveurs de l'Eglise, est séparé d'elle, c'està-dire du corps de Jésus-Christ (Eph. 4. 12, 16.), et en conséquence il est privé du royaume des cieux aussi longtemps qu'il ne se convertit pas et ne fait pas pénitence. Cette peine
terrible fut prononcée, comme nous l'avons vu plus haut, par S' Paul contre un corinthien incestueux. — 3) Après la mort, la privation de la sépulture ecclésiastique. L'Eglise réserve cette peine depuis les temps les plus reculés aux personnes excommuniées qui n'ont pas fait pénitence, aux suicidés, et à ceux qui sont morts en duel. Ceux qui ont persisté jusqu'à leurs derniers moments dans leur désobéissance à l'Eglise, ou qui ont renonct' solennellement à la ioi en Dieu et en une récompense éternelle ou qui, à la place de la charité chrétienne, ont érigé en système la loi du talion, ne peuvent pas non plus, après leur mort, être portés au cimitière, avec les honneurs dûs à un membre de J.-C. et de l'Eglise, ni y être déposés en terre sainte comme une semence pour la bienheureuse résurrection. — 4) L'interdit. En vertu de cette peine, une contrée ou un pays entier est privé, à cause d'un crime très-grave contre la religion, de l'usage des sacrements (en faisant réserve pour certains cas extrêmes) de la célébration des offices divins et de la sépulture ecclésiastique aussi longtemps que le crime n'est pas expié.
{Gr. Cat. A' q.)
Les six commandements de r Eglise. — Explication. Voici ces commandements.
i) Les Fêtes tu sanctifieras.
Qui te sont de commandement.
2) Les dimanches messe entendras. Et les Fêtes pareillement.
3) Tous les péchés confesseras, A tout le moins une fois l'an.
4} Ton Créateur tu recevras.
Au moins à Pâques humblement.
5) Quatre-temps, Vigiles jeûneras, Et le Carême entièrement.
6) Vendredi chair ne mangeras, Ni le samedi mèmement.
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(Gr. Cal. 5*-6« q.)
Pourquoi l'Eglise a donné des commandements, et comment, nous sommes tenus des les garder. — Explication. C'est par les motifs les plus sages et les intentions les plus généreuses que l'Eglise nous à donné ces commandements; car elle veut par là 1) nous expliquer plus clairement les commandements de Dieu et préciser davantage comment il faut les observer. Les commandements de l'Eglise ne sont que le développement et l'application des commandements de Dieu. C'est ainsi par exemple que Dieu ordonne la sanctification d'un jour qui lui est consacré; l'Eglise détermine ce jour d'une manière plus précise et désigne la manière et le moyen de le sanctifier. Dieu nous ordonne d'expier nos fautes et de nous mortifier: l'Eglise à établi à cet effet des jours de jeûne et d'abstinence ; etc. — 2) UEglise, par ses commandements, veut nous astreindre aune vie sainte et pénitente et avancer notre sa/w?. C'est pourquoi elle nous ordonne d'employer les dimanches et les jours de fête à la gloire de Dieu et au salut de notre âme, de mortifier notre corps par le jeûne et de recourir à la confession et à la communion. -T- Or, puisque l'Eglise a donné ces commandements dans les vues les plus sages et les plus généreuses, et qu'à cet effet elle a reçu de Dieu plein pouvoir, il en résulte que ces commandements de V Eglise nous obligent ■strictement, c'est-à-dire sous peine de péché grave. « Car l'Eglise établie de Jésus-Christ doit être estimée autant que la voix et l'autorité de Dieu, » dit S. Cassien. Et notre Seigneur J. C. a ordonné, sous peine de damnation éternelle, de considérer et d'observer les commandements de l'Eglise, comme ses propices commandements; « Qui vous écoute, (vos commandements) m'écoute; qui vous méprise, me méprise. « (Luc. 10, 16. « Si quelqu'un n'écoute pas l'Eglise, qu'il soit pour vous comme
un païen et un publicain. » [Matth. 18, 17.) Déjà dans l'ancienne loi Dieu avait donné cet ordre: « Celui qui, agissant par orgueil, n'aura pas voulu obéir à l'ordre du prêtre, mourra. » etc. {Deuteronome. 17, 12-43.) Le châtiment divin atteindra donc d'autant plus sûrement ceux qui transgressent les commandements de l'Eglise de Dieu.
Soyez toujours attaché à l'Eglise et à ses commandements.
S'-. Augustin nous y exhorte par ces belles paroles: « Aimons le Seigneur notre Dieu, aimons son Eglise ; lui comme
notre père, elle, comme notre mère! A quoi bon de
reconnaître le Seigneur, de rendre vos hommages à celui qui
est assis à la droite du Père, si vous outragez l'Eglise ? Si
vous aviez quelque part un excellent bienfaiteur à qui vous montreriez chaque jour du respect et que vous ne tiendriez qu'une seule fois des propos médisants sur le compte de son épouse, oseriez-vous encore vous présenter chez lui? Soyez donc sur vos gardes, mes amis ! Soyez tous unanimement attachés à Dieu votre Père, et à la sainte Eglise votre mère. »
Le reproche sévère.
Il ne suffit pas d'être dans l'Eglise catholique, il faut encore observer ses commandements. — Un voyageur, quiétait bon catholique, devait se rendre dans une grande ville, et comme il y connaissait un camarade de jeunesse, il alla lui faire visite. Il fut très-bien reçu et retenu à souper. Avant de se mettre à table, le père réunit ses enfants, suivant sa louable habitude, afin de réciter avec eux les prières avant le repas. On se meta table (c'était un vendredi), mais on ne sert que des viandes. Le voyageur qui ne pouvait se résoudre à trangresser les commandements de l'Eglise, s'en étonna beaucoup, et sa surprise fut bien plus grande en apprenant que les parents ne remplissaient pas non plus leur devoir pascal: il leur dit donc avec une entière franchise: « Je croyais être venu auprès d'amis foncièrement catholiques, mais je me
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suis trompé ; et ce qui me frappe bien davantage c'est la contradiction flagrante dans votre conduite; en effet, vous avez fait réciter à vos enfants le symbole des apôtres; ils ont dit qu'ils croient en Jésus-Christ elä so7i Eglise: ils ont dit de même, en récitant les commandements de l'Eglise : « Vendredi chair tu ne mangeras, ni le samedi mêmement: ton Créateur tu recevras, au moins à Pâques humblement; et maintenant je vois une conduite qui y est tout opposée; je vois que tous ces commandements sont méprisés ! » Cette famille ne put nier ses sorts et sentit toute la force du reproche qui lui était adressé. — Combien de personnes ne trouve-t-on pas qui les imitent et méritent par conséquent cette malédiction prononcée par Jésus-Christ: « C'est d'après vos propres paroles que je vous juge, mauvais serviteur ! »
Pratique. « Si quelqu'un se sépare de l'Eglise, » dit de nouveau un grand et saint docteur {S. Augustin), « il se séparera également du nombre des enfants de Dieu. Celui qui ne veut pas avoir l'Eglise pour mère, n'aura pas non plus Dieu pour père. » Remarquez bien ces paroles, chrétien ! et observez toujours humblement et consciencieusement les préceptes de l'Eglise, afin qu'un jour Jésus Christ vous reconnaisse comme un agneau docile de son troupeau, et Dieu, comme un enfant fidèle de son Eglise, afin qu'il vous donne en récompense le bonheur céleste!
Obéissez à l'Eglise comme à votre mère.
Le célèbre et savant cardinal Osius qui ouvrit le concile de Trente au nom de Pie IV, était un fidèle observateur des lois de Dieu et de l'Eglise. Comme il observait la loi du jeûne dans toute sa rigueur, plusieurs de ses amis lui conseillèrent pour la conservation de sa santé et le bien de l'Eglise, de modérer sa vie austère. Mais le pieux cardinal répondit: « Je le fais pour mon propre bien, car j'ai en vue de vivre longtemps; il est écrit, en effet, dans les commandements de Dieu: Honorez votre père et votre mère afin que vous viviez longtemps. Or mon père c'est Dieu dans le ciel, et ma mère l'Eglise sur la terre. Dieu mon père, m'ordonne
déjeuner et l'Eglise ma mère, me prescrit les jours où je dois pratiquer ce jeûne. J'obéis volontiers à l'un comme à l'autre. J'espère qu'à cause de mon obéissance j'obtiendrai le parfait bonheur de la vie éternelle, d
PREMIER COMMANDEMENT DE l'ÉGLISE.
(Gr. Cat. \^- q.) Ce qui nous est ordonné par le premier commandement de rEglise. — Explication. Par le premier commandement de l'Eglise, il nous est ordonné de célébrer, à l'égal du dimanche, les jours de fête institués par l'Eglise en honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ et de ses Saints. — Nous trouvons des jours de fête chez tous les peuples ; nous les trouvons chez les païens , par exemple, chez les Grecs et les Romains; et surtout chez le peuple Israélite qui en avait un nombre considérable enpartie établies j^ar Dieu lui-même, telles que les fêtes des Pains azymes, des Semaines et des Tabernacles; en partie j:?ö?' lasynagoge ou les autorités religieuses, en mémoire de certains bienfaits reçus de Dieu. C'est ainsi que du temps d'Esther et de Alardochée fut instituée la fête du Purim ou des Sorts, pour célébrer le jour oii le peuple juif, par l'intercession d'Esther, échappa aux projets sanguinaires d'Aman. {Esth. 9, 49.) Du temps de Judith (16, 31.) on institua une fête anniversaire en mémoire de la victoire remportée sur Holo- ])herne ; sous Judas Machabée, (2. Mach. 15, 13.) la fête d'actions de grâce pour la victoire remportée sur Nicanor, et en même temps la fête de la dédicace. — Or, si la synagogue des juifs, qui n'était qu'une servante, avait le pouvoir d'instituer des jours de fête, pourquoi donc l'Eglise, cette chaste épouse de Jésus-Christ, n'àurait-elle pas le même pouvoir? C'est, en usant de ce pouvoir, que l'Eglise a ordonné de célébrer à des épo-
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(jiic'sdiiïérentes, certaines fêtes en l'honneur de Jésus, de sa divine Mère et de ses saints, et puistjue, en les instituant, elle est inspirée par le S. Esprit, nous sommes tenus à les célébrer comme si elles avaient été instituées par Dieu lui-même. De plus nous devons les célébrer de la môme manière que le dimanche, et ce qui a été dit à ce sujet s'applifjue également ici.
{Gr. Cal i2'^-o« g.) A quelle fin V Eglise a institué les fêtes de Notre-Seigneur et des Saints. — Explication. Les t'êtes de l'Eglise sont, en |)artie des fêtes de Notre-Seigneur, en \\^vi\Q: des fêtes des Saints. 2i)Les fêtes de Notre-Seigneur sont instituées afin de nous porter à méditer pieusement les mystères de notre rédemption,;! remercier Dieu de ses grâces, à rt'nouveler notre zèle à son service, et ainsi de nous rendre dignes des Traits de la rédemption. « II faut, » écrits. Pierre Chrysologue {Serm, 129.), « que ce qui est arrivé une fois, reste pour tous les temps dans le souvenir des fidèles. » Et S. Vincent Terrier dit : « Il faut que l'on sache que ♦outes lesfêtesde l'année sont instituées en mémoire des laveurs que Dieu a accordées à son Eglise, afin d'en remercier et d'en louer Dieu. Plus les faveurs accordées sont grandes, plus aussi la fête est grande. » b) Les fêtes des Saints sont instituées afin que nous louions le Seigneur des grâces qu'il leur a accordées, ainsi qu'à nous par leur intermédiaire; afin que nous nous mettions devant les yeux l'exemple de leurs vertus comme leur bonheur dans le ciel, que nous prenions la résolution de les imiter, et enfin pour que nous invoquions leur intercession auprès de Dieu pour nous.