Î,ES SIX PÉCHÉS CONTnE LE SAINT-ESPRIT
appelés, parce qu'en les commeltant, on résiste tout particulièrement au Saint-Esprit, vu que, de propos délibéré, on méprise sa grâce, on la repousse et on en abuse. Les Juifs, du temps de Jésus-Christ, s'en rendirent coupables, et c'est pourquoi S. Etienne [Act. des Ap. 7, 51) leur adressa les reproches suivants: « Hommes à la tête dure, incirconcis de cœur et d'oreilles, vous résistez toujours au Saint-Esprit; il en est de vous ainsi que de vos pères. »Comme ces péchés prennent leur source dans la pure malice, parce qu'on ferme à dessein le cœur à la grâce divine, le divin Sauveur a dit: « qu'ils ne seront remis ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir. » {Mattli. 12, 32.) C'est-à-dire que presque jamais ils ne sont remis, parce que rarement on en fait pénitence. Si l'on dit d'un malade qu'il a horreur des remèdes qui peuvent le guérir, c'est un signe que son mal est incurarable. De même il y a des péchés dont on n'obtient pas le pardon, parce que ces péchés repoussent la grâce de Dieu qui est le remède du salut. » {Cat. Rom.) Avec quelle horreur ne devons-nous donc pas fuir ces affreux péchés. Voici ces péchés:
1) Présumer de la miséricorde de Dieu sans bonnes œuvres^ c'est-à-dire continuer à pécher et à vivre dans le mal, parce que Dieu est bon et miséricordieux. Quelle impiété! la miséricorde divine qui doit nous engager à la pénitence, le présomptueux l'invoque pourcontinuer à pécher avec plus de hardiesse ! « Et quelle folie! » s'écrîe S. Chrysostôme. « On compte sur la miséricorde de Dieu et l'on se dit: ïl y en a tant qui sont rentrés en grâce avec Dieu. Peut-on imaginer rien de plus insensé! En ce cas, buvez aussi du poison, ou coupez-vous la gorge; car il y en a beaucoup qui, par un miracle, ont échappé à la mort ! Vous ne voulez pas? Vous regardez cela comme un acte de folie? Mais compter sur la miséricorde divine est
t)()-2 DE LA TRANSGRESSION DES COMMANDEMENTS.
encore nue plus grande folie, parce (ju'il y a plus de niüitsquisont revenus à la vie que de présomptueux à la grâce. »Le sage Sirach nous donne de la manière la plus affectueuse les exhortations suivantes (Ecc/. 4, o, suiv.): « N'ajoute pas péché sur péché! ne dis pas: la miséricorde du Seigneur est grande; il aura jiitié de la multitude de mes péchés; car sa miséricorde et sa colère, c'est-à-dire sa justice, s'approchent rapidement et sa colère regarde les pécheurs. Ne tarde pas à te convertir au Seigneur, et ne diffère pas de jour en jour! car sa colère viendra soudain, et au jour de la vengeance, il te perdra. »
Exemples tirés de CEcritureSaintc.
Les Israélites se rendaient coupables de ces pécliés; ils reculaient fréquemment leur conversion et péchaient, en présumant de la miséricorde divine, jusqu'à ce que les châtiments divins vinssent les atteindre. {Jérém. 5.) — L'impie et cruel roi Antiochus différa sa conversion jusque sur son lit de mort; alors il s'écria : « Maintenant je me souviens des maux que j'ai faits à Jérusalem. (1 Mach. 6, 1:2.). Mais c'était trop tard, « l'impie n'obtint plus grâce auprès de Dieu. » — Manassès avait iüngtem[)3 vécu dans le péché: enfin il se tourna vers Dieu et trouva miséricorde, son tiUs Amon imita la conduite du père; il vécut dans le péché, espérant que plus tard il éprouverait la miséricorde et la grâce divine. Mais il se trompa; car, après un règne de deux ans, il futtué par ses propres sujets, et mourut dans ses péchés.
Punition de la présomption.
Le célèbre Thomas Morus, chancelier de l'Angleterre, dans le but de détourner de leur folie ceux qui veulent remettre jusqu'au dernier moment leurs destinées éternelles, racontait souvent riiistoire d'un libertin de son temps. Cet homme, dans lequel il n'y avait rien de remarquable que son caractère insouciant et la rudesse de ses mœurs, fut souvent averti de la manière la plus pressante, tant par Thomas lui-même.