I. LES SIX nXIlliS CONTRE LE 3A1NT-ESPI1IT. oOo
(jue par d'autres amis, ({u'il était tein[)s pour lui de suivre une autre voie; mais quelques peines qu'ils se donnassent pour le ramener dans le bon chemin, il méprisait opiniâtrement leurs exhortations amicales, et leur opposait tout au plus son mot favori par lequel, à chaque occasion, il avait coutume de trancher la question. — « Lorsqu'un jour, » disait-il, « mon heure de partir viendra, je n'aurai besoin que de quatre mots pour obtenir le pardon de mes péchés en même temps que le salut. Je n'ai qu'à crier à Dieu, qui est si bon et si miséricordieux: Mon Dien! pardonnez moi! » — Mais on ne vit que trop tôt combien il s'était trompé. Car un jour que, gai et dispos, il passait un pont, son cheval s'étant etfrayé, se cabra et le démonta avec tant de violence qu'il tomba au milieu du fleuve impétueux qui l'enlraina au loin. 3Iais dans sa chute, avant que les flots l'engloutissent, on lui entendit dire: « Que le diable emporte tout. » {March. hort. part.)
(V. (l'autres exemples plus haut p. 112 et 1»'<' Part p. 148 et 149 )
Comparaisons.
Trouvera-t-on un homme qui iravailleassidûment à ruiner sa santé, pour être rétabli après ; ou qui se fasse une blessure mortelle afin d'en être guéri? Non, on ne trouve pas d'homme aussi insensé. Mais on en trouve bien des milliers, oui, une infinité qui pèchent afin de pouvoir s'en confesser et en faire pénitence. » {Cornelius à Lapide.)
« Pécher de propos délibéré et se dire : Je puis en faire pénitence, c'est la même chose que se précipiter étourdiment d'un édifice élevé, dans l'espoir que la fracture du bras ou de la jambe sera de nouveau guérie. » {Lohner. Bibliothèque.)
2) Désespérer de son salut, c'est-à-dire perdre volontairement tout espoir et regarder comme impossible d'obtenir jamais le pardon des péchés et le salut éternel. C'est un horrible péché qui nous ferme l'entrée du ciel; en effet, « de même que l'espérance nous ouvre la porte de la patrie céleste, » dit S. Isidore, « de même le dé-
oOl DE I.A TRANSGRESSION DES <;OMMANDEMENTS.
sespoir nous la ferme. » {Voyez les Ex. tirés de la Bible plus haut p. 110.)
La fin terrible du désespoir.
Un jeune homme vivait dans de coupables habitudes. Bien qu'il fût engagé tantôt par les hommes, tantôt par Dieu, de changer de vie, il continua néanmoins de marcher dans la mauvaise voie. Un jour sa sœur fut frappée de mort subite; en voyant son cadavre, il trembla; mais à peine fut-elle enterrée qu'il l'oublia et retourna à ses excès. Deux mois après la mort de sa sœur, une fièvre lente retendit lui-même sur le lit; alors il fit venir un prêtre et lui fit sa confession. Ua jour il s'écria : « Hélas! je reconnais trop tard la rigueur de la justice divine! » Puis se tournant vers le médecin : « Plus de médecine, d dit-il, « mon mal est incurable; je suis convaincu qu'il me conduira au tombeau. » Là-dessus, il dit à ceux qui l'entouraient : « De même qu'il n'y a plus de remède pour mon corps, ainsi il n'y en a plus pour mon âme : une mort éternelle lui est réservée. Dieu m'a abandonné; je le vois à l'endurcissement de mon cœur. » Ses amis vinrent, des prêtres vinrent; ils voulurent l'encourager à espérer dans la miséricorde divine; mais il ne donnait que celle réponse : « Dieu m'a abandonné! » — L'écrivain qui rapporte cet événement dit que, se trouvant seul avec ce malheureux, il lui parla ainsi : « Prends courage, unis-toi à ton Dieu, reçois 1« saint Viatique! » — « 0 mon ami ! » répondit-il, « ma confession s'est faite sans repentir. Plus de confesseur, plus de sacrements, plus de viatique! je commettrais un horrible sacrilège. » Le prêtre se retira tout découragé; il revint plus tard ; mais les parents lui dirent qu'il était mort dans la nuit — mort sans consolation, sans espérance dans la miséricorde de Dieu. — Voilù, chrétien, la lin terrible du désespoir!
3) Attaquer les vérités connues de la foi, c'est-à-dire, reconnaître la vérité de la foi chrétienne et néanmoins ne pas l'accepter, ou quand on l'a acceptée, ne pas la mettre en pratique. Par rapport à ce péché S. Paul écrit
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aux Hébreux : « Si nous péchons volontairement après avoir recula connaissance de la vérité, il n'y a plus désormais de victimes pour les péchés; mais il ne nous reste plus qu'une attente terrible du jugement, et le feu vengeur qui dévorera les ennemis de Dieu. » {Hebr. 10, 26-27.) S. Ephrem, de son côté, écrit : « Celui qui s'oppose à la vérité divine et qui s'en moque, se fait l'esclave du démon ; et comme il obéit à son infâme volonté, il ne trouvera pas la joie qui est préparée aux serviteurs du Seigneur. »
Exemples tirés de la Bible.
Les pharisiens voyaient les miracles du divin Sauveur et de ses apôtres; ils reconnaissaient la vérité et la puissance prodigieuse de cette doctrine divine; ils devaient s'écrier : « Que voulons-nous faire avec cet homme? le miracle est évident, nous ne pouvons pas le nier, etc. » et néanmoins ils s'opposaient à la vérité reconnue et persécutaient Jésus- Christ et ses apôtres à la vie et à la mort. — Les juifs se rendirent également coupables de ce péché. Lorsque S. Etienne leur tint ce discours inspiré, ils grincèrent des dents, fermèrent les oreilles, se jetèrent sur le saint lévite, le chassèrent de la ville et le lapidèrent. - 11 en fut de même du magicien Elymasqui vivait du temps des apôtres, et qui non-seulement avait renié lui-même la vérité, mais encore en avait détourné beaucoup d'autres, l'apôtre S. Paul lui dit: « Homme, plein de ruse et de perfidie, enfant du démon, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites du Seigneur? » (Act. des Ap. 15.)
Résistance opiniâlre à la vérité reconnue.
Un jeune homme avait en perspective un mariage avantageux et un établissement assuré, mais à condition de devenir protestant. Il se décida à faire ce pas dangereux. Ayant donné connaissance de sa résolution à son curé, celui-ci lui donna les plus sages avis et le détourna de sa folle démarche. Après .un entretien prolongé, le curé croyant l'avoir sufti-
CATÉC. l'RAriQUK. T. U. i±
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samment instruit et persuade, lui demanda s'il persistait encore dans sa résolution. Le jeune liomme répondit : « Je reconnais bien la vérité de la doctrine catholique, mais je ne veux pas y croire; en eti'et, après tout, je ne puis pas mettre mon bonheur en jeu! » Voilà comment ce malheureux échangeait contre un prétendu bonheur terrestre, la perdition éternelle; déjà ici-bas son union ne fut qu'une longue discorde, — et quel sort lui aura été réservé dans l'éternité, puisqu'il avait opposé à la vérité reconnue une résistance si opiniâtre!?
4) Envier au prochain Vamour quil porte à Dieu, c'està-dire, lui porter envie à cause du bonheur qu'il a d'aimer Dieu, des grâces d'en haut dont il est favorisé, le haïr et le persécuter pour cela. Or, une telle envie est un sentiment vraiment diabolique; c'est pourquoi il est écrit [Sag. :2, :24.) : « Par l'envie de Satan, la mort est entrée dans l'univers.
Exemples tirés de l'Ecriture- Sainte.
Jadis dans le paradis terrestre ce péché fut commis, et il causa la perte du paradis. Satan, en etiet, porta envie à nos premiers parents, parce qu'ils étaient en grâce avec Dieu, et pour celte raison il chercha à les perdre. — Gain vit que le sacritice de son frère était agréable au Seigneur; cela l'irrita; la grâce que Dieu venait d accorder à Abel alluma dans son cœur une envie qui ne lui permit plus de voir son frère. Le résultat de ce péché fut le meurtre d'Abel. [Genèse 4.) — Lts grand-prétres et les pharisiens virent les miracles de Jésus et les suites heureuses de sa prédication divine. Alors, par l'effet de l'envie, ce qui eût dû les toucher, fut précisément ce qui les irrita, et ils résolurent de se défaire de lui. — Les apôtres n'eurent pas un sort plus heureux que leur maître. Paul et Barnabe étant venus à Antioche en Pisidie, prêchèrent avec beaucoup de zèle et convertirent un grand nombre de gentils. Le sabbat suivant presque toute la ville s'assembla pour écouter la parole de Dieu. Et les juifs voyant celte