I. LES SIX PÉCHÉS CONTHE I.E SAINT ESPRIT
grande multitude, furent remplis d'envie contre les gentils et éprouvèrent une telle jalousie qu'ils contredisaient avec des blasphèmes toutes les paroles de Paul. (Act des Ap. 15, 44, 45.)
Envier à quelqu'un ses biens spirituels, c'est un vice affreux.
Florentius, un prêtre très-indigne de son caractère sacre, ne pouvait souffrir que l'odeur de sainteté qui s'élevait de la demeure deBenoît, se répandait au loin. Il convoitait la gloire d'une conduite irréprochable, mais n'avait ni assez de courage ni assez de qualités pour la mériter. Une foule d'habitants des environs et des lieux éloignés allaient trouver Benoît et se taisaient sur le compte du peu édifiant Florentius. C'est ce qui attisa dans son cœur la ßamme de l'envie, au point que peu à peu elle dessécha en lui tout bien, et lui inspira à la fin la pensée diabolique de tuer avec du pain empoisonné le Saint, qu'il haïssait à la mort. Mais Dieu révéla à son serviteur ce projet criminel, qui échoua, et le Saint, au grand dépit de son ennemi, parut encore gagner en santé et en renommée. Alors, changeant de tactique, il voulut se venger sur les âmes des disciples, puisqu'il ne pouvait tuer le corps du maître. Il se fit séducteur, ayant manqué son but comme empoisonneur. Benoît vit du haut de sa fenêtre les pièges de la séduction. Le prêtre dévergondé se procura sept femmes sans mœurs, qui se glissèrent dans le jardin du Saint, dans le but de séduire ou au moins d'agacer par leurs gestes lubriques, les pieux jeunes gens, qui viendraient se recréer au jardin. Cette méchanceté causa un profond chagrin au saint abbé; il résolut de transporter de suite sa demeure dans un autre endroit, afin de soustraire par une fuite précipitée ses jeunesdisciples, encore inexpérimentés, à celte infâme persécution. Après avoir remis la direction de ses frères à un autre, il. partit à la hâte avec ses disciples. Peu de temps après le mauvais prêtre fut écrasé par l'éboulement d'une partie de sa maison. Benoît versa des larmes amères sur le sort du malheureux. [Vie de S. Benoit.)
(V. page -484 : « Les grands lioimiies oui des envieux. »)
.SOS DE l.A TUANSCRESSION DES COMMANDEMENTS.
l')) Mépriser la pénitence quon doit faire de ses péchés, cesl-à-dire, ne faire aucun cas des ins[)iraliüns divines, que Dieu nous fait parvenir par ses servileuis, soit dans les prédications, soit dans le confessionnal, etc., soit de toute autre manière, par l'intermédiaire de personnes pieuses et bienveillantes, ne pas s'inquiéter des châtiments et des épreuves que Dieu nous envoie pour nous détourner du mal, et par conséquent continuer à vivre dans le péché. Qui ne reconnaît l'énormité de ce péché? Sup|)osez qu'un prince frappe à la porte d'un pauvre mendiant pour entrer et rester chez lui; n'est-ce pas là un grand honneur? Or, si le mendiant n'ouvre pas, lui répond en termes grossiers, est-ce que le prince insulté ne s'éloignera pas de lui à tout jamais? Le même sort est réservé à l'âme qui méprise les inspirations du Saint- Esprit. C'est pour(|uoi Dieu dit {Urem. 7.6.) : « Ils ne m'ont point écouté, et ils n'ont point j)rèté l'oreille; mais ils ont endurci leur tête, voilà pourquoi je les rejetterai et je ne les reconnaîtrai plus pour mon |)euple. »
Exemples tirés de la Bibk.
Noé resta plus de cent ans à construire l'arche, afin de pouvoir entretenips prêcher ia pénitence à ses contemporains; mais ils ne tinrent aucun compte de ses prédications, restèrent endurcis et périrent dans le déluge. — Les Israélites ne tirent aucune attention aux avertissements et aux exhortations des prophètes; c'est pourquoi ils durent bien souvent sentir la verge de Dieu. {Isaïe, dO.) — Pharaon fut fréquemment averti par Moïss ; il fut menacé des plus rudes châtiments; mais il resta endurci, et trouva son tombeau dans les flots de la mer Rouge.
i\'e méprisez pas les avis salutaires.
Lors d'une guerre contre les Syriens, qui, è vrai dire, n'élait pas Irès-urgente, Achab, le roi si tristement célèbre des